Charles GOUNOD est enthousiasmé par la reprise de « Sapho » à l’opéra.

« On va reprendre à l’opéra notre Sapho. […] le retour à ma première et à l’une de mes plus chères productions me flatte. »

750€

Charles GOUNOD (1818.1893).

Lettre autographe signée à l’écrivain Émile Augier.

Trois pages in-8° sur papier à en-tête de la Ville de Paris.

Adresse autographe et marques postales.

Paris. 26 mars 1858.

 

« On va reprendre à l’opéra notre Sapho. »

Enthousiasmé par la reprise envisagée par l’opéra de Paris de sa première œuvre lyrique, Sapho, Charles Gounod sollicite, avec exaltation, son ami librettiste Émile Augier pour la refonte de leur pièce initialement créée en 1851.

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« Mon cher Emile, On va reprendre à l’opéra notre Sapho. Lancé comme tu l’es, à fond de train, dans les honneurs d’une jeunesse éternelle, je ne sais si tu attacheras à cette reprise la même importance que moi : ce n’est pas probable – mais le retour à ma première et à l’une de mes plus chères productions me flatte en quelque sorte plus que l’occasion d’écrire un nouvel ouvrage : c’est une marque d’estime rétrospective, une exhumation inattendue et inespérée qui, je le crois, peut donner à cet ouvrage une place qu’il n’a pas eu le temps de prendre dans l’opinion du public.  

Mais, comme on doit donner avec notre pièce le nouveau ballet de Th. Gautier et de [Ernest]Reyer, il est indispensable que, par quelques suppressions, nous ramenions la pièce à des proportions nouvelles et plus restreintes : c.à.d que des deux derniers actes nous ne fassions un seul qui aura 2 tableaux : le 1er tableau consistera dans ce que nous conserverons du 2e acte, et notre ancien troisième acte ferait le 2e tableau.  

L’opéra ne devra pas durer plus de 2 heures. Veux-tu donc que nous nous voyions, soit chez toi soit chez moi pour causer ensemble de ce remaniement ? Réponds moi un mot le plus vite possible. Tout à toi. Ch. Gounod.

Ce serait Mlle [Désirée] Artôt qui prendrait le rôle de Sapho – c’est une élève de Mme Viardot, c’est tout dire. »

 

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Sapho est le premier opéra de Charles Gounod, sur un livret d’Émile Augier, créé à l’Opéra de Paris le 16 avril 1851. Pauline Viardot en tient le rôle-titre.

Malgré les espoirs du compositeur, l’œuvre connaît une très brève carrière et se voit interrompue après seulement neuf représentations.

En 1858, la situation particulière : Gounod connaît encore une période difficile à l’Opéra. Faust vient d’être ajourné et ses autres projets n’aboutissent pas. La direction de l’Opéra lui propose donc de reprendre Sapho. Gounod accueille cette proposition avec un véritable enchantement. Néanmoins, l’œuvre est à remanier pour laisser la place au nouveau ballet prévu pour les mêmes soirées, Sacountala d’Ernest Reyer sur un livret de Théophile Gautier.

Emile Augier et Gounod entreprennent ces remaniements et la deuxième version de Sapho, en deux actes, est finalement créée le 26 juillet 1858 avec la jeune mezzo-soprano belge Désirée Artôt (1835.1907) en Sapho. Comme sa version première, cette Sapho de 1858 est un échec et ne compte qu’une dizaine de représentations.

Le compositeur Ernest Reyer en fit une critique sévère : « À mon retour de Dijon j’ai assisté à la reprise de Sapho, opéra en trois actes, qui n’en a plus que deux aujourd’hui. Il a fallu réduire cette belle partition de manière à ce qu’elle put servir de lever de rideau au nouveau ballet, et des ciseaux intelligents se sont promenés à travers les plus belles pages de l’œuvre. Il s’agit de savoir s’il vaut mieux laisser une partition dans l’oubli que de l’en faire sortir mutilée et méconnaissable. Être joué ou n’être pas joué, voilà la question. »

En 1884 : Gounod entreprend une nouvelle refonte considérable, cette fois en 4 actes, créée au Palais Garnier, avec Gabrielle Krauss dans le rôle de Sapho. Gounod dirige lui-même la première représentation. Cette ultime version de 1884 est donnée 29 fois jusqu’au 29 décembre 1884.

 

 

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