Les compositions hétéroclites de Serge GAINSBOURG. « Chatterton ». 1967.

« J’en ai plein l’dos / j’en ai marre d’être avec un si gros lard / un gros  lard plein  d’dollars »

4.500€

Serge GAINSBOURG (1928.1991)

Manuscrit autographe.

Une page in-4° légèrement froissée en tête.

Tache brune (café ?) en marge.

[Paris. Printemps 1967]

 

Cocasse manuscrit de travail, embryonnaire de plusieurs travaux de composition de l’artiste : les notes hétéroclites de Gainsbourg constituent en effet des prémices à trois titres en devenir : « Hip hip hip hurrah » pour Claude François, « Les Millionnaires » pour Zizi Jeanmaire et « Chatterton » chanté par lui en 1967.

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J’en ai plein l’dos

j’en ai marre

d’être avec un

si gros lard

un gros  lard

plein  d’dollars

 

oui tu n’es qu’un  gros  lard plein  d’dollars

 

un gros plein d’sous

un gros plein d’soupe

un  gros  lard plein  d’dollars

  

tous les génies sont des fous

 

je pratique

la politique

de la femme brûlée

derrière moi

il n’doit rien pousser

 

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En bas de page, Serge Gainsbourg rédige (puis biffe) le vers d’ouverture de la chanson « Hip hip hip hurrah » écrite pour Claude François en 1967 : « Je pratique la politique de la femme brûlée ».

La phrase « Tous les génies sont des fous » semble être le premier jet de ce qui deviendra « Chatterton » (publiée en juillet 1967) et sa fameuse liste de génies suicidés. À noter que la musique de « Chatterton » (très clairement empruntée au groupe américain Booker T. and the M.G’s sans que celui-ci soit crédité) est presque l’identique de « Hip hip hip hurrah ».

La phrase « Un gros lard plein de dollars » (que l’on peut chanter sur le début du refrain de « Bloody Jack » ou
de « Teenie Weenie Boppie » qui ont deux musiques interchangeables) paraît être un essai de remplacement du texte de « Bloody Jack » refusé par France Gall qui chantera finalement « Teenie Weenie Boppie » en juillet 1967. Ce même vers sera finalement recyclé par Gainsbourg en 1972 dans la chanson « Les millionnaires » écrite pour Zizi Jeanmaire, où l’artiste décline le dédain misandre d’une femme à la recherche d’un millionnaire, « d’un gros lard plein de dollars ».

 

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