Bertrand CANTAT, condamné pour homicide, cite Éluard depuis sa geôle.

« Il y a toute cette souffrance que je suis malheureusement bien placé pour sentir, même si comme vous le dites, ça ne se mesure pas, parce que c’est hors-mesure. »

Vendu

Bertrand CANTAT (1964-)

Lettre autographe signée.

Une page grand in-8° (20,80 x 14,80). Enveloppe.

Prison de Vilnius. 4 mai 2004.

Rare lettre de l’artiste français, incarcéré à la prison de Vilnius, après son homicide sur Marie Trintignant le 23 juillet 2003. Cantat, malgré sa situation, réconforte une jeune femme pétrie de souffrances qui vient de perdre son mari et recopie à son attention un poème d’espérance de Paul Éluard, La Nuit n’est jamais complète.

________________________________________________

 

Nathalie, J’ai bien reçu votre lettre, il y a toute cette souffrance que je suis malheureusement bien placé pour sentir, même si comme vous le dites, ça ne se mesure pas, parce que c’est hors-mesure. Je vous souhaite de retrouver toute la lumière et la joie de vivre malgré tout, malgré ce que nous savons perdu à jamais, malgré l’intensité de la brûlure.

Je vous rajoute ce petit poème d’Eluard que quelqu’un m’a envoyé, que la force de résister circule malgré tout, pour les enfants et au-delà. À vous. Bertrand CANTAT.

La nuit n’est jamais complète.

Il y a toujours puisque je le dis,

Puisque je l’affirme,

Au bout du chagrin, une fenêtre ouverte,

une fenêtre éclairée.

Il y a toujours un rêve qui veille,

désir à combler, faim à satisfaire,

Un cœur généreux,

Une main tendue, une main ouverte,

des yeux attentifs,

Une vie : la vie à se partager.

Eluard.

 

________________________________________________

 

Bertrand Cantat fut jugé du 16 au 29 mars 2004, à Vilnius, et condamné pour meurtre à huit ans d’emprisonnement. Transféré au centre de détention de Muret (en Haute-Garonne) en septembre 2004, il bénéficia d’une libération conditionnelle en octobre 2007 et fut libéré 16 octobre 2007 après trois ans et demi de détention.

À noter que la lettre a été postée de Bordeaux, certainement par Krisztina Rady, l’épouse de Cantat, après une visite à Vilnius.

 

 

Formulaire de contact

Nouveautés