Alfred SISLEY désenchanté par son exposition chez Georges Petit en 1897.

« … de toutes les personnes qui m’ont prêtées leurs tableaux vous êtes celle qui s’est mise le plus entièrement et le plus aimablement à ma disposition. »

2.500

Alfred SISLEY (1839- 1899)

Lettre autographe signée à Georges Charpentier [?].

Trois pages in-12°.

Moret sur Loing. 17 février 1897.

 

« … de toutes les personnes qui m’ont prêtées leurs tableaux vous êtes celle qui s’est mise le plus entièrement et le plus aimablement à ma disposition. »

Remarquable lettre du peintre impressionniste, navré : Sisley s’excuse auprès d’un collectionneur ayant prêté des toiles pour son exposition chez Georges Petit qu’il n’ait pas reçu d’invitation.

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« Cher Monsieur, Je suis désolé de ce qui est arrivé. [Georges] Petit devait se charger d’envoyer les invitations et les cartes aux exposants et à vous tout particulièrement aussitôt que l’imprimerie, qui est chez lui, les lui aurait livrées. Je dis à vous tout particulièrement parce que de toutes les personnes qui m’ont prêtées [sic] leurs tableaux vous êtes celle qui s’est mise le plus entièrement et le plus aimablement à ma disposition ; qui aie eu le plus de dérangements et à laquelle cette exposition aura occasionné le plus de frais.

Je vous prie donc, cher Monsieur, de ne pas me rendre responsable de tous ces désagréments qui n’auraient sans doute pas eu lieu si l’ouverture de l’exposition n’avait pas souffert du voisinage de vente Vever. Croyez cher Monsieur à tous mes regrets et à l’expression de mes sentiments bien cordiaux. A. Sisley. PS. C’est par mon ami M. [Georges] Viau que j’ai été mis au courant.

 

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En 1896, par suite d’un différend entre Sisley et Durand-Ruel, Georges Petit devint le marchand attitré du peintre. C’est en sa galerie, sise rue de Sèze, qu’une exposition-rétrospective fut consacrée à l’artiste britannique, du 5 au 28 février 1897. Petit était très optimiste quant à sa réussite ; Sisley contacta plusieurs collectionneurs de ses œuvres afin qu’ils lui prêtent ses meilleures toiles.

L’exposition ouvrit ses portes le 1er février pour une durée d’un mois ; 146 toiles et 6 pastels furent présentés et, bien que l’exposition portât essentiellement sur le travail des années 1880 et 1890, on trouvait dans le catalogue quelques toiles des débuts.

L’occasion semblait propice pour évaluer l’apport de Sisley à l’impressionnisme, et, comme Petit l’a surement pensé, pour acquérir ses œuvres.

Les espoirs que nourrissait Sisley avaient été renforcés par les récents succès de ses amis. De nombreuses rétrospectives et expositions particulières, les années précédentes, avaient consolidé la position des impressionnistes. Les rétrospectives de Renoir et Pissarro, en 1892, furent en effet des succès, y compris sur le plan financier, notamment pour Renoir ; les toiles de la cathédrale de Rouen de Monet en 1895 furent accueillies très favorablement, et Berthe Morisot, qui exposa chez Boussod et Valadon, fut surprise par le nombre de ventes et une presse élogieuse.

À l’issue de l’exposition, Sisley dut malheureusement se résoudre à un constat amer et douloureux : l’exposition fut un fiasco ; aucune toile n’avait été vendue !

 

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