À la montagne, Marie LAURENCIN se remet d’une dépression nerveuse.

« Je ne pouvais plus rien faire tellement j’avais peur de ce que je faisais. »

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Marie LAURENCIN (1883.1956)

Lettre autographe signée à une amie.

Deux pages in-8° sur papier à en-tête d’un hôtel haut-savoyard.

Sans date – 22 août

 

« Je ne pouvais plus rien faire tellement j’avais peur de ce que je faisais. »

Marie Laurencin se remet, à la montagne, d’une dépression nerveuse.

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« Ma chère amie, Tourmentée par votre lettre. Bien sûr il faut pouvoir tout tout quitter pour se reposer vraiment. C’est ce que j’ai fait. Avant de partir il m’était impossible de voir un ami et surtout de regarder mon travail. Je pouvais me passer de manger ! Heureusement Monsieur Hautecoeur [Louis Hautecoeur] (nommé par les Suisses conservateur du musée de Genève) et de passage à Paris m’a rappelé les Guichardaz mes anciens marchands de couleurs et tout de suite j’ai écrit.

Vrai vrai repos. Déjà transformée, je marche dans la montagne à travers le soleil, la pluie, l’orage. Je fais trois kilomètres pour chercher une bibliothèque de prêt ! Suzanne [sa fille adoptive] est avec moi, ce qui m’évite de faire des frais, de parler. Nous revenons le 4 septembre. Je connais cette sorte de dépression nerveuse parisienne. Si je pense au retour, j’ai un peu peur. Nous irons vous voir à l’hôtel Massa vous montrer nos mines si elles sont encore bonnes. Si cela peut vous tranquilliser, Suzanne vous dira comment je ne pouvais plus rien faire tellement j’avais peur de ce que je faisais. D’ailleurs, je ne sais pas encore comment ce sera au retour ! Bien affectueusement. Votre Marie Laurencin. »

 

 

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