Joséphin PELADAN (1858.1918)
Lettre autographe signée à un confrère.
Une page in-4° sur un rare papier à en-tête rosicrucien.
Sans lieu ni date. [Avril 1892]
« Quant aux scandales de mon ordre, ils sont causés par cet inconscient qui a nom Antoine De Larochefoucauld… »
Joséphin Péladan se désole de la tournure prise par son premier Salon de la Rose-Croix et ne manque pas de critiquer sévèrement son mécène, Antoine de La Rochefoucauld et l’influence néfaste de sa maîtresse Eugénie Dubois.
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« Honoré Confrère, Je vous envoie le programme que vous voulez bien me demander. Quant aux scandales de mon ordre, ils sont causés par cet inconscient qui a nom Antoine De Larochefoucauld, que mène une maîtresse, laquelle est elle-même menée par les esprits. Tout cet absurde a encor trois jours d’existence. L’an prochain, je ferai vraiment bien, je ferai seul & surtout sans noblesse. C’est du reste le blason maintenant. Bien votre. Péladan »
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En 1892, financé Antoine de La Rochefoucauld, Joséphin Péladan organise le premier Salon de la Rose-Croix dans les locaux de la célèbre galerie parisienne Durand-Ruel. Soixante artistes français et étrangers y exposent leurs œuvres que 22 000 visiteurs viennent admirer au son du prélude de Parsifal. Péladan se passionne en effet pour la musique de Richard Wagner qui constitue, à ses yeux, « une thérapeutique pour désintoxiquer la France de son matérialisme ».
Ce premier salon marquera le point de rupture entre « le Sâr » et son mécène : le conflit opposant ces deux ego, d’abord d’ordre sensible – le comte supportant mal l’autoritarisme du « Sâr » – devient rapidement idéologique lorsque La Rochefoucauld se tourne vers le spiritisme sous l’influence de sa compagne Eugénie Dubois. Jugeant ces pratiques hérétiques, Péladan exclut son principal soutien financier et choisit de continuer seul, privant son mouvement d’une aide matérielle majeure.