Jean COCTEAU – Ensemble de neuf lettres autographes signées. 1918-56

« Pour les gens l’art est un mensonge. En réalité, l’art c’est le plus vrai que le vrai. »

1.900

Jean COCTEAU (1889.1963)

Ensemble de 9 lettres autographes signées à Hélène et Philippe Berthelot.

Huit pages in-4° et deux pages in-8°

Entre 1918 et 1956.

Cachet de collection sur chacune des lettres.

 

« Pour les gens l’art est un mensonge. En réalité, l’art c’est le plus vrai que le vrai. »

Remarquable ensemble de lettres témoignant de la longue et sincère amitié ayant lié Jean Cocteau au couple Berthelot.

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[1918]. Chère Madame, Hélas j’ai de stupides et soudaines obligations militaires qui m’obligent à « manger vite ». Ce qui me console c’est Claudel dont le ? intimide mon futur. Mais si vous me permettez de venir vous voir n’importe quel jour après 5 heures je serais bien ravi. Je compte sur un signe et je m’excuse d’une impolitesse de somnambule-Piton.

*

J’ai été mis en retard venant du bois de Boulogne. Quel dommage. C’était un si grand plaisir de vous embrasser au moment que Philippe est comme nous seul poète au milieu des mufles. Je téléphonerai ce soir. Pour les gens l’art est un mensonge. En réalité, l’art c’est le plus vrai que le vrai. La lettre de Philippe me touche comme l’œuvre d’art la plus émouvante. Dites le lui.

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30 décembre 1921. Mon très cher Philippe, Vous voilà comme nous : le poète. Recevoir des pierres est encore la meilleur façon d’avoir son buste. Je commençais à trouver drôle qu’on vous supporte. Ce qu’ils cherchent à travers vous, ce qui les blesse en vous, c’est ce mystérieux principe, cette élégance profonde qui fait que vous êtes notre ami, que vous êtes des nôtres.

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Juin 1929. Mon cher Philippe, Je devine que vous avez de la peine. La peine des cœurs durs et tendres me bouleverse. Je fais mal l’amitié comme les personnes trop éprises font mal l’amour, mais je vous demande surtout de ne pas prendre mes silences de malade pour de la paresse. Votre ami Jean.

*

Mon cher Philippe, Inutile de vous dire, n’est-ce pas, que je vous suis de toute la grande force du cœur dans vos luttes profondes. Ce sont choses dont on ne parle pas à table. Dont on ne parle jamais du reste – mais qui enrichissent l’amitié.

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3 juillet 1939. Ma très chère Hélène, Je me croyais loin de vos yeux et une amie me fait beaucoup de plaisir en me rapportant que vous pensez à moi. Puis-je aller vous voir ? Ce film me bouscule et je ne connais jamais d’avance mes heures libres. Mais je trouverai toujours une minute pour courir vous embrasser et parler de nos merveilleux fantômes.

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Mars 1947. Ma chère Hélène, Bien sûr – mais sous quelle forme ? Voulez-vous être l’ange que vous avez été toujours. Mon secrétaire Paul Morihien habite (sa librairie) 11 bis rue du Beaujolais (à côté de Colette). Faites-lui dire ce que je dois faire. Je le ferai.

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Ma très chère Hélène, J’ai dit à Paul Morihien d’envoyer mille fées à Gallimard. […] Tendresses aux Claudel.

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Novembre 1956. Hélène ! Je pense à vous toute la journée – à vous et à Philippe qui avait le cœur à même dans ce front merveilleux ! […] La vie est morte. C’est peu croyable. Je vous aime et je vous embrasse du fond de l’âme. Philippe disparu représente la déroute complète de notre mémoire, de nos certitudes. Quel dommage de rester un peu plus que certains amis.

 

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