VIAN Boris – Lettre autographe signée sur la Chanson française.

VIAN Boris – Lettre autographe signée sur la Chanson française.

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Lettre autographe signée.

Quatre pages in-4°. (Paris. 5 avril 1958)

Ce que l’on me demande, c’est de fabriquer une marchandise sur mesure, et non pas des chansons qui me plaisent à moi …

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Description

Boris VIAN (1920.1959)

Lettre autographe signée.

Quatre pages in-4°. (Paris. 5 avril 1958)

Enveloppe autographe, timbrée et oblitérée.

« Ce que l’on me demande, c’est de fabriquer une marchandise sur mesure, et non pas des chansons qui me plaisent à moi (…) Mais il arrive que je sois obligé de remercier des gens dont j’ai horreur, parce qu’ils interprètent mes trucs.

Avec franchise et avec un cynisme non feint quant au monde la chanson française, Boris Vian tempère les velléités littéraires d’une jeune demoiselle.

« A lire ou entendre certains poèmes, livres, ou chansons qui ont du succès, vous vous dites que les vôtres ne sont pas plus mal qu’eux et que c’est une raison pour penser à les éditer ? C’est évidemment la preuve que vous êtes persuadée d’un certain rapport entre le succès et la valeur de l’objet de ce succès … mais sans vouloir vous décourager, si vous saviez ce que succès coûte cher à certains de ceux qui en ont. La seule raison qui puisse motiver la prise en charge par vous-même de l’édition de ce que vous faites, c’est d’être sûre que c’est mieux, non pas que le plus mal de ce qui sort, mais que le meilleur – sinon c’est vanité pure ; ou sans ça, dites vous bien que si toutes les filles qui sont plus jolies que B.B. devaient arriver à être vedettes, il y aurait beaucoup de vedettes. Moi qui suis, effectivement, « dans le bain », je peux donc vous dire de première main que ce que l’on me demande, c’est de fabriquer une marchandise sur mesure, et non pas des chansons qui me plaisent à moi. Quant à la question ficelles du métier ? Hum … il y en a trop, ou pas assez. Personnellement, je ne les tire pas trop. Mais il arrive que je sois obligé de remercier des gens dont j’ai horreur, parce qu’ils interprètent mes trucs. Si vous avez envie de tirer des cordons de sonnette, de vous faire poser des lapins, d’être humiliée, rebutée, etc … ne vous gênez pas : proposez vos chansons ou vos poèmes à des interprètes … mais si ce n’est pas chez vous une passion dévorante, Dieu ! ne vous mêlez pas à tout ça. Quant aux tarifs de maisons d’édition, l’idée même de payer pour faire paraître un de mes machins me semble si saugrenue que je m’excuse de ne pouvoir vous les indiquer : ils sauront bien, en tout cas, vous pigeonner à cœur joie. Etes-vous capable d’adapter en dix minutes une chanson sur un air qui vous embête, en n’utilisant qu’un vocabulaire inepte ? Ou d’en fabriquer comme ça trente par mois ? Ou de relancer les gens sans relâche pour les persuader de votre talent ? Allez-y, vous y gagnerez peut-être votre vie… Mais éditer des poèmes ? pour toucher qui ? et les toucher pourquoi ? Je vous pose toutes ces questions parce que le calme et la sagesse du style de vos poèmes me font vraiment trouver cette idée surprenante. Je crains qu’un message explosif ne soit le seul qui puisse être perçu par les gens… Ou alors quels sont ceux que vous voulez toucher ? Votre toujours trop franc, Boris Vian.»

 

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