ZWEIG Stefan – Lettre d’exil, signée. 1940.

ZWEIG Stefan – Lettre d’exil, signée. 1940.

1 400€

Lettre tapuscrite signée, en anglais, à Mr Ewen.

New York. 30 juillet 1940.

Belle lettre d’exil de Zweig déclinant une invitation à publier dans un magazine n’ayant aucun manuscrit disponible.

Description

Stefan ZWEIG (1881.1942)

Lettre tapuscrite signée, en anglais, à Mr Ewen.

Une page in-12° sur papier bleu. New York. 30 juillet 1940.

Belle lettre d’exil de Zweig déclinant une invitation à publier dans un magazine n’ayant aucun manuscrit disponible.

« Thank you very much for your kind letter and your proposition that I should contribute to your music magazine, which is a great honour for me. For the moment I have unfortunately no manuscript wich would be suitable for your magazine. But I have written down your address, and should I have anything for you one day, I shall certainly let you have it with great pleasure. »

Traduction :

« Merci beaucoup pour votre aimable lettre et votre proposition de contribuer à votre magazine musical, ce qui est un immense honneur pour moi. Pour le moment, malheureusement, je n’ai aucun manuscrit qui pourrait convenir à votre magazine. Mais j’ai bien noté votre adresse et si j’ai quoique ce soit pouvant vous convenir, un jour, je vous le laisserai avec grand plaisir. »

En juillet 1940, date de cette lettre, Zweig est à peine arrivé au Etats-Unis, s’exilant d’une Europe livrée à l’horreur nazie. Très mal accueilli à New York et cédant à un profond désespoir, il rejoint rapidement le Brésil où il se suicidera le 22 février 1942 en compagnie de Lotte, sa deuxième épouse, qui refuse de survivre à son compagnon.

Le 11 juillet 1940, il écrivit à son ami Richard Beer-Hoffmann cette lettre d’une profonde sensibilité:

« Ma petite intelligence m’a fait quitter l’Autriche aussi bien que l’Angleterre, laissant derrière moi tout ce qui était possession, et même le manuscrit d’un livre à moitié achevé depuis des années. Accueilli et chassé aussitôt, j’erre maintenant avec un visa de transit en Amérique du sud pour des tournées de conférences, ce que je n’aime pas. Est-ce que je pourrai revenir ? Y serai-je autorisé, le voudrai-je ? Mais je ne pose plus la question, je me laisse entraîner, animé par la seule pensée de ne pas tomber entre les mains de ces canailles brunes – c’est la seule peur que j’aie encore dans ma vie, les autres ont disparu (…) maintenant il faut continuer à vagabonder, et pour tout travail je me raconte ma vie, celle d’un Européen et d’un juif de cette époque »