(STALINE) – Svetlana ALLILOUÏEVA – Lettre autographe signée sur son père.

(STALINE) – Svetlana ALLILOUÏEVA – Lettre autographe signée sur son père.

1 200€

Lettre autographe signée à deux journalistes du Figaro.

Très intéressante lettre de la fille de Staline, préparant une autobiographie, et livrant ses pensées sur son père, les Américains et les Russes.

« En aucun cas nous ne devons nous engager dans une autre biographie de Joseph Staline. Tout cela est pour les Académies et les historiens. »

 

Description

(STALINE) – Svetlana ALLILOUÏEVA (1926-2011)

Fille de Joseph Staline

Lettre autographe signée à deux journalistes du Figaro.

Six pages in-4° en anglais sur papier bleu. Enveloppe autographe.

Londres. 4 avril 1993

« En aucun cas nous ne devons nous engager dans une autre biographie de Joseph Staline. Tout cela est pour les Académies et les historiens. »

Très intéressante lettre de la fille de Staline, préparant une autobiographie, et livrant ses pensées sur son père, les Américains et les Russes.

« Cher Monsieur Dalinval, pardonnez-moi de vous écrire à tous deux à votre adresse personnelle. Il semble que les lettres adressées à la rédaction du Figaro arrivent très lentement. Je sais que Stéphane devra traduire ma lettre pour vous, c’est pourquoi je l’ai adressé aux deux noms et il me répondra ! Cependant si quelqu’un d’autre pouvait traduire cette lettre pour vous, à la maison, ce serait pareil. Le sujet en question est la progression d’un « livre de conversation » et je sens que j’ai quelque chose d’important à dire maintenant. Le plus tôt sera le mieux. J’espère que tout ce qui suit pourra aider toute personne concernée. – I/ En aucun cas nous ne devons (ni celui qui pose les questions, ni moi-même) nous engager dans une autre biographie de Joseph Staline. Tout cela est pour les Académies et les historiens. Les intimes des grands de ce monde sont seuls habilités à produire les détails de la vie, indisponible pour les autres (à la place ceux là inventent ou fantasment). Ceci, évidemment, je n’ai jamais refusé de le faire … mais pas pour encourager de fausses allégations de qui que ce soit sur la vie de mon père. – II/ J’aimerais que mon interviewer soit une personne qui connait bien le genre de bouquins qui intéresserait le public en France (et peut être plus tard dans d’autres pays également). Il ou elle devra faire preuve d’une grande objectivité dans la collecte d’information (unique dans ce cas) mais ne pas être « scolaire » : ceci pourrait m’entraîner à adhérer à sa propre doctrine. On a déjà rencontré cela aux USA et j’aimerais éviter une triste répétition. Mes 4 livres (non publiés à ce jour) regroupés sous un seul et même titre « Pèlerinage enchanté » me servent d’autobiographie personnelle. J’ai horreur que l’on me dise, comme l’ont fait les Américains, ce qu’il faut écrire et comment l’écrire, parce qu’en définitive c’est moi l’auteur qui doit décider. Donc, je ne souhaite pas m’investir dans un livre de conversation pour ne pas amoindrir de quelque façon que ce soit ma propre narration autobiographique qui trouvera son public, j’espère, après ma mort. Beaucoup de livres surgissent seulement après la mort de leur auteur. _ Il est étonnant de voir combien la narration créative révèle si bien les auteurs … ; et si peu dans les livres de conversation. _ en ce qui nous concerne, je dois être guidée par la personne qui pose les questions : il sait ce qu’il veut, ce que l’éditeur veut et ce que le public veut maintenant (pendant sue je suis toujours en vie) je suivrai parce que dans ce cas je le dois. – III/ Cependant je dois vous avertir de quelques points qui me préoccupent avant qu’il ne soit trop tard. Nous n’avons pas besoin d’une autre biographie de Staline et nous n’avons pas besoin non plus de faire de lui le centre de tout un livre. J’ai vécu une grande vie d’observation et d’apprentissage en URSS, en Inde, aux USA et maintenant en Grande Bretagne, donc je suis dans une situation unique pour faire des comparaisons. Par nature, je suis toujours d’une grande ouverture d’esprit. Je suis ouverte aux nouveautés et je n’essaie jamais d’imposer mon tempérament et ma nostalgie russe face aux cultures parce que je suis née cosmopolite. Pour moi, parmi toutes les autres cultures que j’ai été amenée à rencontrer, la culture indienne reste la plus grande de toute. C’est l’Inde qui m’a ouvert les portes et qui m’a appris à vivre facilement à l’étranger. Que mon interlocuteur soit homme ou femme m’est égal … mais s’il vous plaît … qu’il ne soit pas « contaminé » ni par la nostalgie russe, ni par le concept américain du « super man ». J’y ai résisté ! Le concept de la supériorité américaine dans le monde est pour moi un point de vue plutôt ridicule. Parce que je suis née en Russie et parce que j’ai vécu 20 ans le style de vie américain, vous pourriez être tenté de me présenter comme celle qui, parmi d’autres, connaît le mieux ces deux pays. C’est de notoriété publique bien sur, mais j’ai été profondément contrariée par la façon américaine d’interpréter mes pensées et par les colères sentimentales des russes à propos de leur mère-patrie. Je ne les partage pas. J’ai été élevé dans la culture russe, bien sur, pour laquelle j’ai un profond respect mais je n’ai pas de lien, pas de racine. A partir de cette situation les médias Soviétiques, comme américains, ont cherché à me présenter comme une femme au foyer névrosée ne sachant rien sur rien. En réalité mon éducation m’a placée au milieu des meilleurs cercles intellectuels russes et en plus j’ai toujours appris tout ce que j’ai vu à l’étranger. Vivre à Londres depuis 3  ans me donne l’opportunité d’être au « sommet du monde » au moins pour ce qui concerne l’information et je suis profondément intéressée par les affaires du globe. Par ailleurs j’ai étudié les religions comparées par moi-même et j’ai un regard plutôt œcuménique qui paraît choquer mes amis catholiques ; Mais je ne veux pas les choquer (ils sont bien) et je regrette profondément notre paragraphes sur le Pape qui a été quelque peu brouillé dans une double traduction (Anglais, Français, Anglais). Je ne veux plus de telles mésaventures et je serai très vigilante à l’avenir. Finalement, je veux que ce livre soit vivant, plein d’esprit et actualisé afin de ne pas repasser trop (Russie, Staline). Je vis dans le monde d’aujourd’hui et je ne veux pas être le rétroviseur d’une époque qui est passée. Vous risquez d’avoir quelques difficultés pour trouver quelqu’un intéressé pour faire un tel livre avec moi. Mais la proposition vient de vous. Donc il vous revient la tache de le trouver. Je ne peux que souscrire à cette idée que j’ai toujours aimée. »

 

 

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