Salvador DALÍ – Superbe lettre ornée d’un dessin surréaliste sur l’avenir de la Catalogne et Franco

Salvador DALÍ – Superbe lettre ornée d’un dessin surréaliste sur l’avenir de la Catalogne et Franco

18 000€

Lettre autographe signée à Jaume Miravittles.

Superbe lettre sur l’avenir de la Catalogne au lendemain de la guerre, ornée d’un dessin surréaliste et d’une spectaculaire signature parfaitement dalinienne.

« Très optimiste pour l’avenir de notre pays. Mais l’essentiel c’est ce qui ce sera fait dans les 20 ans à venir. »

Description

Salvador DALÍ (1904.1989)

Lettre autographe signée à Jaume Miravittles.

Trois pages in-8°, en catalan, sur papier à en-tête de l’hôtel Del Monte Lodge.

Pebble Beach. Californie. 1946.

« Très optimiste pour l’avenir de notre pays. Mais l’essentiel c’est ce qui ce sera fait dans les 20 ans à venir. »

Superbe lettre sur l’avenir de la Catalogne au lendemain de la guerre, ornée d’un dessin surréaliste et d’une spectaculaire signature parfaitement dalinienne.

Dalí évoque à l’intention d’un compagnon de jeunesse des souvenirs et des amis communs. Il se remémore d’abord un après-midi théâtral chez Xarau au cours duquel son « intuition irrationnelle » lui a permis de voir le véritable visage de la tragédie en regardant jouer leur ami Joan (Xirau i Palau), ce qui lui donne l’occasion d’un jeu de mots sur les noms « Xarau / Xauxa / Pagau« , etc. en évoquant le Front et la « paix » populaires. Il ironise sur le fait que Joan Rebull (1899-1981) soit considéré comme le meilleur sculpteur du monde depuis qu’il a exposé à Barcelone.

Sur la situation politique au lendemain de la guerre, mêlant catalan et français approximatif, Dalí promet un « avenir politique ébluissant »  à celui qui se mettrait à écrire, en cette période où Franco semble s’en sortir : « Sembla que Franco esta desencallant ; i seria el moment de que algun gran home (escriu !) home del nostra pais, en Met, per exemple, es posses de cara a la feina — Il i a devan celui qui osere ajurdui, bien si posible un avenir politique ebluisant — mai il faut tout de suite rompre avec ceux qui de “fet”, seront juges dans un cart d’heure comme des antipatriotes« .

« Il semble que Franco soit en train de s’en sortir. Ce serait le moment que quelque grand homme (écris !), un homme de notre pays qui serait là par exemple, se mettre au travail – Il y a devant celui qui oserait le faire, bien si possible, un avenir politique éblouissant – mais il faut tout de suite rompre avec ceux qui en fait seront jugés dans le quart d’heure comme des antipatriotes.

Pourquoi ne traduirais-tu pas, à tes moments perdus, Le Prophète de Port-Lligat, en anglais. Ce serait immédiatement publié. J’aimerais bien écrire davantage aux auteurs, mais j’ai perdu les coordonnées de la revue. Donne-les-moi.
Salutations et une embrassade à Peña et toute notre affection pour ton épouse. Gala vous salue et je te charge d’une accolade pour tous. Dalí. Très optimiste pour l’avenir de notre pays. Mais l’essentiel c’est ce qui ce sera fait dans les 20 ans à venir. »

 

En pleine page, Dali dessine une curieuse et surréaliste carte géographique reliant Perpignan et son Castellet aux côtes africaines, en passant par Figueras (« Per Figueras si a de paser per força« ). Y sont indiqués les mers bordant l’Espagne, avec une allusion à l’écrivain catalan Maragall, l’une « morveuse » et l’autre « des ruines » ; on distingue la silhouette d’un pêcheur à la ligne, et, en Afrique, celle d’un Maure filiforme, surmonté du croissant de l’Islam.

El Profeta de Port Lligat, évoqué ici par Dali, est un article de Joan Sales consacré à au peintre et à la lumière catalane qui parut le 17 décembre 1945 dans la revue des intellectuels catalans en exil : Quaderns de l’exili.

Jaume Miravitlles (1906.1988), indépendantiste catalan de gauche, exilé en France en 1939 puis à New York, seconda Dalí dans la publication de son Dalí News. Portraituré par le peintre à plusieurs reprises, il figure dans la distribution d’Un Chien andalou et de L’Âge d’or. Il fit partie, notamment avec Xirau i Palau et Fages de Climent, de la revue estudiantine Studium où Dali aiguisa ses premières armes de critique en 1919.

Provenance : José Santiago Irarrázaval Donoso (1926-2008), peintre et écrivain chilien, que Dalí fréquenta à Paris, en Espagne puis aux États-Unis, notamment en Californie.

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