René MAGRITTE – Correspondance autographe signée aux collectionneurs Rose et Joseph Capel.

René MAGRITTE – Correspondance autographe signée aux collectionneurs Rose et Joseph Capel.

9 500€

Correspondance autographe signée aux collectionneurs Rose et Joseph Capel.

Passionnante plongée dans l’univers artistique du peintre Belge et dans l’intimité de son relationnel épistolaire avec ses collectionneurs. Magritte évoque tour à tour son opinion sur l’Art, sur la vie, la peinture, ses œuvres L’École Buissonnière et Le Château des Pyrénées, et son amitié pour Paul Colinet.

Description

René MAGRITTE (1898.1967)

Correspondance autographe signée aux collectionneurs Rose et Joseph Capel.

Quatre lettres et deux cartes. Divers formats (in-4°, in-8°, in-12°).

Huit pages manuscrites au total, entre avril 1960 et février 1966.

« L’écriture et la peinture me semblent valoir la peine d’être considérées dans la mesure où elles manifestent un sentiment non familier de la poésie. »

Passionnante plongée dans l’univers artistique du peintre Belge et dans l’intimité de son relationnel épistolaire avec ses collectionneurs. Magritte évoque tour à tour son opinion sur l’Art, sur la vie, la peinture, ses œuvres L’École Buissonnière et Le Château des Pyrénées, et son amitié pour Paul Colinet.

1) Lettre autographe signée à Joseph Capel.

16 avril 1960. Une page in-4° sur papier bleu.

« Cher Monsieur, J’ai bien reçu votre lettre du 7 avril, relative à la question du tableau abîmé. Votre amie peut m’apporter ce tableau et je verrai ce qu’il est possible de faire. Au cas où le temps me manquerait pour faire les réparations nécessaires, je remplacerai, comme vous le proposez, ce tableau par autre chose. Je ne sais d’ailleurs si dans l’état où il se trouve il peut être restauré ? De toute manière, envoyez-moi le tableau afin que je sache ce qui peut être fait.  La mort de notre cousin a été pour nous tous un évènement impossible à comprendre (comme beaucoup d’autres choses). Il nous a bien fallu l’admettre, sans que, pour ma part, je puisse admettre le bien-fondé de la vie et de la mort. Nous vivons vraiment dans un monde incompréhensible ! »

 

2) Lettre autographe signée à Joseph Capel.

29 juin 1960. Deux pages in-8° sur papier bleu. Léger manque sans atteinte au texte.

« Cher Monsieur, Je vous remercie de votre lettre du 20 juin, que je viens de recevoir aujourd’hui. Votre amie est en effet venue m’apporter le tableau, trop détruit pour que je puisse le réparer. Je crois que je referai une variante de ce tableau, car il serait dommage que l’idée demeure si peu sensible, avec cette peinture abîmée qui lui rend la vie difficile. Pour remplacer ce tableau, j’ai donné à votre amie une gouache qui vous plaira, j’espère. J’ai lu votre lettre du 27 mars avec beaucoup d’intérêt, elle ne m’a pas ennuyé comme vous le craignez. Cependant, cette crainte est nécessaire, à mon avis :s’il en était autrement on aurait une assurance – plutôt stupide – à l’égard de ce que l’on a essayé de penser et dont il n’est pas possible de dire quelque chose de définitif. Le pays où vous vivez est très beau, je n’en doute pas. Je vous remercie de votre aimable invitation que « j’honorerais » si c’était possible. Le jour où je pourrais faire un vraiment grand voyage, ce sera pour l’Argentine que je prendrai un coupon de transport. En attendant, je ne vois guère comme expéditions que celles d’aller à Boisfort, à Knokke même ! voire de temps en temps à Paris. »

 

3) Lettre autographe signée à Rose Capel.

18 décembre 1961. Deux pages in-8° sur papier à son en-tête.

« Chère Madame, Je viens de recevoir votre lettre du 29 novembre et je vous en remercie. Je vous ai écrit pour répondre à une lettre que vous m’avez envoyée il y a un ou deux ans ? Ma réponse s’est égarée ainsi que vous le supposez. Je regrette que la poste soit mal faite parfois, aussi je ferai recommander cette lettre. J’apprends avec plaisir que « L’École Buissonnière » n’a pas perdu à la longue de son intérêt pour vous et qu’il vous est toujours agréable de la regarder. Il est vaguement question de reproduire « Le Château des Pyrénées ». Cela prendra un certain temps, mais dès que ce sera possible je vous en ferai parvenir une reproduction. Le tableau fort abîmé que votre ami m’a apporté a été restauré ici à Bruxelles. Je ne croyais pas que c’était possible et j’ai été étonné du résultat très satisfaisant que l’on a obtenu. Au sujet des textes et dessins de Paul (Colinet) que vous avez, il me semble qu’ils ne devraient pas demeurer dans l’ombre. Il faudrait les publier, ou en publier tout au moins une partie, que je souhaite la plus grande. Voudriez-vous y penser et m’envoyer une copie des écrits de Paul et une photocopie de quelques-uns de ces dessins ? Je pourrais les faire publier dans une revue qui parait ici et dont je vous envoie ci-joint un exemplaire. Je ne vois vraiment pas pour quelle raison valable ce qu’il a écrit ou dessiné devrait demeurer ignoré de ses amis et du public ? J’espère que vous pourrez vous décider dans ce sens, en y réfléchissant.

4) Lettre autographe signée à Rose Capel.

24 janvier 1962. Une page in-8° sur papier bleu ciel.

« Chère Madame, Je vous remercie de votre lettre du 18 de ce mois. J’apprends avec plaisir qu’il vous sera peut-être possible de faire un voyage à Bruxelles et que vous apporteriez des écrits et des dessins de Paul Colinet en vue d’une publication. Je regrette de devoir vous dire que le tableau qui était fort abîmé a été restauré lorsque je l’avais donné à un ami : il ne m’appartient plus – abîmé ni restauré – et je ne pourrai vous le rendre. Mais j’espère que l’œuvre qui le remplace le remplace plutôt bien que mal. Ici l’hiver n’a pas été très dur, mais il ne vaut certainement l’hiver ensoleillé qui vous est donné en Argentine. »

5) Carte postale autographe signée à Rose Capel.

30 avril 1963. Une page in-12° au verso d’une reproduction de son tableau Anne-Marie. Enveloppe autographe.

« Chère Madame, Vous m’apprenez n’avoir pas reçu de réponse à votre précédente lettre. Je vous ai pourtant écrit à son sujet. Il reste à croire que ma réponse s’est perdue ne sais-je où et j’espère qu’il n’en sera pas de même avec la présente. Au sujet de la peinture soi-disant religieuse dont vous me parliez, je ne puis que redire que son succès populaire témoigne bien qu’elle appartient à ce genre de produit qui conviennent à satisfaire –  voire à susciter – un goût plus que douteux. Je n’en suis pas fâché comme vous paraissez le regretter. Il en est ainsi et je n’ai pas le sentiment que l’on puisse y rien changer, ni que cela doive changer. Car il est innocent de penser que l’on puisse apporter des changements tels que le mal serait remplacé par le bien – et c’est cela qui importerait essentiellement et non ce qui équivaudrait à changer seulement les choses de places. J’ai reçu de vos nouvelles avec plaisir ; j’aimerais voir l’Argentine mais je crains que cela pose trop de problèmes faciles pour beaucoup mais insolubles pour moi. »

6) Carte postale autographe signée à Rose Capel.

2 février 1966. Une page in-12° au verso d’une reproduction de son tableau Le Tombeau des Lutteurs. Enveloppe autographe.

 « Chère Madame, Merci de m’avoir envoyé de vos nouvelles. Je regrette que le tableau que vous aviez ne soit pas reproduit en couleurs, cela viendra peut-être un jour ? Au sujet des collages de votre amie, je manque sans doute d’imagination pour y trouver des figures – d’ailleurs peu surprenantes. S’il y a du mystère, il est nécessairement inconnaissable – ou alors, il s’agit de mystère de Polichinelle. Pour ma part, je ne cherche jamais dans un ouvrage d’autres intentions que celles de son auteur. L’écriture et la peinture me semblent valoir la peine d’être considérées dans la mesure où elles manifestent un sentiment non familier de la poésie. Elles le manifestent en évoquant le mystère inconnaissable des choses familières. »

Le poète surréaliste belge Paul Colinet, ami proche de Magritte, collabora en tant que rédacteur en chef à la revue Le Ciel Bleu dirigée par Rose Bauwens Capel.

Peinte par Magritte en 1946, L’École buissonnière fut donnée par l’artiste à Rose et Joseph Capel en 1960. L’œuvre fut vendue chez Sotheby’s lors de la vente d’Art surréaliste, le 28 février 2018 (lot 37).

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