Rare lettre d’Horace SEBASTIANI sur la France de 1830 et sur la prise d’Alger.

« Je ne pense pas que la jalousie anglaise aille jusqu’à nous déclarer la guerre. »

Vendu

Horace SEBASTIANI (1772.1851)

Lettre autographe signée à son ami corse Lafon-Blaniac.

Trois pages in-4°. Adresse autographe et oblitérations postales.

Léger manque dû à l’ouverture du cachet. Trace d’onglet.

Sans lieu. 18 juillet [1830].

« Je ne pense pas que la jalousie anglaise aille jusqu’à nous déclarer la guerre. »

Remarquable lettre sur la situation politique française quelques jours avant le basculement des Trois Glorieuses et sur la prise d’Alger par les forces françaises.

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« Mon cher Général, Votre réélection m’a fait d’autant plus plaisir qu’en ramenant près de moi un ami que je chéris, elle assure à la monarchie constitutionnelle un défenseur aussi ferme que sage et éclairé. Je sais qu’il vous est pénible de vous déplacer ; votre dévouement à l’intérêt public alors même qu’il blesse vos intérêts privés n’en est que plus méritoire. Votre caractère a toujours été noble et généreux. Notre situation politique est difficile, je ne crois pas cependant aux coups d’état ; ils traineroient à leur suite trop de dangers. La chambre sera d’autant plus modérée que notre majorité est imposante. Les projets sinistres de quelques brouillons qui voudroient troubler la tranquillité de la France pour assouvir leur cupidité ne se réaliseront pas. Le roi rendra justice à une chambre qui ne désire que le bonheur et la consolidation d’une dynastie qui nous a donné des institutions dont la ruine entraineroit celle du pays qu’il gouverne.

La prise d’Alger a été brillante parce qu’elle offroit de sérieuses difficultés du côté de la mer et même à l’armée de terre. Nous pourrions trouver dans cette portion de l’Afrique les avantages que nous avons perdus dans les Antilles. Les vallées de l’Atlas sont fertiles, saines et le climat y est propre à la culture du caffé, de la canne à sucre, de l’indigo : celle du coton y prospère depuis longtems. Une population nombreuse et qui peut s’accroître dans une administration régulière, nous offre des colons libres et laborieux : il sera facile en protégeant la race agricole de réprimer et maintenir les populations nomades. Je ne pense pas que la jalousie anglaise aille jusqu’à nous déclarer la guerre pour empêcher de conserver une conquête utile à l’Europe entière qui pourra désormais sillonner la mer Méditerranée sans craindre les corsaires barbaresques.

Venez vers le début de nos opérations pour pouvoir vous en retourner à l’époque des vendanges qui doit exiger plus particulièrement votre présence chez vous. Adieu mon cher ami, je vous embrasse de tout mon cœur. Ce 18 juillet. Horace Sebastiani. »

 

 

 

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