Pierre Joseph PROUDHON demande à changer de prison.

Pierre Joseph PROUDHON demande à changer de prison.

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Lettre autographe signée à Pierre Carlier, chef de la police municipale.

Une page in-4°. Conciergerie. 23 août 1849. Adresse autographe.

« Je commence à comprendre qu’un prisonnier n’est jamais satisfait qu’il ne soit libre. »

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Description

Pierre Joseph PROUDHON (1809.1865)

Lettre autographe signée à Pierre Carlier, chef de la police municipale.

Une page in-4°. Conciergerie. 23 août 1849. Adresse autographe.

« Je commence à comprendre qu’un prisonnier n’est jamais satisfait qu’il ne soit libre. »

« Monsieur, Je suis le plus impitoyable des créanciers. Il y a quelques semaines lorsque vous vîntes en compagnie de Monsieur Roër, représentant du peuple, me visiter à la Conciergerie, vous voulûtes bien me promettre de vous intéresser à la demande que je me proposais d’adresser plus tard à l’administration, d’être transféré à la prison de Sainte Pélagie, dans la chambre actuellement occupée par M. Pinel-Grandchamp, lorsque cette chambre serait vacante. J’ai donc l’honneur de vous informer, monsieur, que le 12 du mois prochain, la peine de M. Pinel expire, et qu’il ne tient qu’à vous de me faire jouir de l’une de ces faveurs, si précieuses pour un prisonnier. Quand je songe à la gravité de ma peine et à la médiocrité de mon délit, je ne puis m’empêcher de croire que le but de la Cour, interprète du désir de l’autorité, a été bien plus de s’assurer de moi que de sévir contre ma personne ; et je crois, sauf vanité, qu’en acquiesçant à ma demande vous ne ferez qu’entrer dans les vues de mes juges. Permettez donc, monsieur, que je vous rappelle en ce moment la promesse que vous avez bien voulu me faire. Je n’ose pas vous dire que ce sera la dernière requête que j’aurai l’honneur de vous adresser ; je commence à comprendre qu’un prisonnier n’est jamais satisfait qu’il ne soit libre. Mais ce dont j’ose répondre, c’est d’user toujours de la plus grande discrétion, et de faire tous mes efforts pour ne donner jamais, à aucun de ceux que la justice des hommes a commis à ma garde, le plus petit sujet de mécontentement. »»

Proudhon fut condamné, en mars 1849, à trois ans de prison et à 3 000 francs d’amende pour un de ses pamphlets publié dans le journal Le Peuple et qualifié par le tribunal d’incitation à la haine du gouvernement, de provocation à la guerre civile et d’attaque à la Constitution et à la propriété. Il quittera Ste Pélagie le 4 juin 1852.

 

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