Paul GAUGUIN – Lettre autographe signée à Camille Pissarro à propos des Impressionnistes.

Paul GAUGUIN – Lettre autographe signée à Camille Pissarro à propos des Impressionnistes.

Vendu

Lettre autographe signée à Camille Pissarro.

Quatre pages in-8°. Paris. 2 août 1882.

Rare et importante lettre de Gauguin à son ami Pissarro, évoquant les impressionnistes, Degas, Monet et donnant son avis éclairé sur la peinture.

« Je comprends ai-je ajouté qu’il soit difficile de trouver sa personnalité à côté d’hommes comme Degas, Pissarro, Monet. »

Rupture de stock

Description

Paul GAUGUIN (1848-1903)

Lettre autographe signée à Camille Pissarro.

Quatre pages in-8°. Paris. 2 août 1882.

Correspondance Paul Gauguin. V. Melhès, n°27, p33.

« Je comprends ai-je ajouté qu’il soit difficile de trouver sa personnalité à côté d’hommes comme Degas, Pissarro, Monet. »

Rare et importante lettre de Gauguin à son ami Pissarro, évoquant les impressionnistes, Degas, Monet et donnant son avis éclairé sur la peinture.

 

« Mon cher Pissarro, Je vous remercie de l’envoi du cadre, vous avez bien fait de le porter chez Madame Latouche, cela me donnera la facilité d’y mettre une glace. Je comprends que Vignon (le peintre Victor Vignon) vous tienne rancune de vos conseils ; avez-vous rencontré beaucoup de peintres (surtout les médiocres) qui acceptent une observation, tous hommes de génie ! J’ai été comme vous le savez lundi chez Lami ; naturellement Zandomeneghi n’est venu au rendez-vous qu’une heure après. Vous comprenez comme c’était agréable pour moi de rester chez un inconnu sans aucune présentation. Pendant cette heure de conversation j’ai cru deviner que Lami était assez découragé d’être refusé au Salon, que nos expositions lui iraient assez, mais que les disputes ne lui allaient pas. Aucun ne veut obéir, l’exposition des impressionnistes doit être un refugium peccatorum où n’importe quel peintre avec n’importe quelle peinture puisse faire son important. Le tableau que j’avais à examiner était un tableau d’environ 5 mètres refusé au Salon, le tout pour représenter dans une salle de la mairie des gens nus venant passer la révision du major. Vous connaissez de lui un tableau de vieille femme fait avec patience et soin sans aucun art, ce grand tableau est fait ou plutôt vu avec le même œil ; du premier abord cela ressemblerait à une immense image d’Epinal. Chaque personnage est dessiné avec une ignorance complète de l’ensemble et des grandes lignes, mais comme c’est excessivement recherché en détail, Zandomeneghi trouvait que c’était une volonté de bronze qui avait fait cela. Il trouvait en outre que c’était très personnel parce que ce n’était pas de l’impressionnisme. Vous voyez au fond comme on veut nous faire la guerre et qui mon Dieu ceux qui étaient à certain moment les plus souples à notre égard. Degas pour s’amuser, a dit que c’était très intéressant (parce qu’il y a au premier plan des hommes laids, sales qui enlèvent leurs chaussettes sales) alors Zandomeneghi enfourche son dada. Du reste tel que vous me connaissez j’ai dit franchement mon opinion au sieur Lami ; je lui ai dit que son tableau était épouvantable, que dans cette voie il n’y avait rien de bon pour l’avenir et qu’en outre c’était très vieux, entendons-nous un art de « vieillard » ramolli. J’ai ajouté en outre que c’était une fumisterie de venir me chercher, moi, que l’on savait très convaincu pour me démontrer que le dessin étroit, les fautes d’harmonie constituaient un art personnel. ( Mais si je vois comme cela eh bien Monsieur, tant pis pour vous – Je comprends ai-je ajouté qu’il soit difficile de trouver sa personnalité à côté d’hommes comme Degas, Pissarro, Monet, mais c’est justement ce qui devrait vous donner de l’émulation. Vous voyez que je ne laisse pas attaquer sans réponse les impressionnistes. Il semble qu’il n’y ait d’intéressant que ce qui est en dehors de nous. M. Zandomeneghi et son nouvel ami ne sont pas tout à fait contents. A bientôt, P. Gauguin. J’ai vu Guillaumin lundi soir. Zandomeneghi viendra probablement Dimanche prochain, vous me feriez plaisir si vous étiez là. »

 

 

Au milieu des années 1870, Gauguin se lie d’amitié avec Camille Pissarro qui devient son guide artistique, son maitre en peinture. Rencontre qui s’avèrera déterminante pour l’évolution de son art. En 1879, Gauguin qui n’est encore qu’un artiste amateur rejoint Pissarro à Pontoise. Au côté de son « cher professeur », comme il le nomme dans ses lettres, il se révèle à lui même. Pissarro, maitre et ami de quasiment tous les impressionnistes, aura deux élèves favoris : Paul Cézanne et Paul Gauguin. Tous deux reconnurent, jusqu’à la fin de leur vie, l’importance qu’avait eu pour leur art la formation de Pissarro. En 1879, invité par Pissarro et Degas, Gauguin expose ses tableaux à la quatrième exposition impressionniste. L’année suivante, Monet, Renoir, Sisley et Cézanne refusent de prendre part à la cinquième exposition. L’exposition de mars 1882 (l’avant dernière du groupe) limitée à Caillebotte, Guillaumin, Monet, Morisot, Pissarro, Renoir, Sisley, et Vignon, voit Gauguin y exposer douze toiles et un buste.

 

Avis

Il n’y pas encore d’avis.

Be the first to review “Paul GAUGUIN – Lettre autographe signée à Camille Pissarro à propos des Impressionnistes.”