Odilon REDON et son ami Stéphane Mallarmé.

Odilon REDON et son ami Stéphane Mallarmé.

1 900€

Lettre autographe signée à l’artiste Jeanne Jacquemin, épouse d’Auguste Lauzet.

Superbe lettre du peintre symboliste évoquant son ami Stéphane Mallarmé.

« Mallarmé se préparait à aller à Valvins, en heureux qu’il est. »

 

Description

Odilon REDON (1840.1916)

Lettre autographe signée à l’artiste Jeanne Jacquemin, épouse d’Auguste Lauzet.

Trois pages in-12° à l’encre violette. Paris. 13 avril 1898.

« Mallarmé se préparait à aller à Valvins, en heureux qu’il est. »

Superbe lettre du peintre symboliste évoquant son ami Stéphane Mallarmé.

« Chère Madame, C’est enfin moi ! Je ne voulais point vous écrire avant que Madame Redon ait vu Monsieur Piazza. Bien des obstacles, et aussi son indisposition, l’ont empêchée d’aller plus tôt le voir. Mais elle en revient en ce moment toute contente du bon accueil qu’on lui a fait, sur votre bien aimable recommandation. Je ne sais trop si nous traiterons quelqu’affaire pour la revue, cette combinaison reste réservée, mais il lui a promis la prochaine visite d’un collectionneur tout prêt à être tenté d’acquérir quelqu’ouvrage. C’était là le meilleur final pour nous, n’est-ce pas, et dont d’avance je vous remercie chère madame, outre le plaisir que j’aurai à entrer en relation avec M. Piazza. Je vous prie de remercier Lauzet de sa bien aimable lettre. Il m’est doux de ne me pas savoir oublié de lui ; et puis les solitaires comme je le suis aiment aussi à s’entendre louer ; et de lui, tout ce qu’il me dit est agréable. Je fais des vœux pour qu’il se rétablisse, et qu’il puisse enfin travailler à sa guise ; car enfin, c’est dans le travail et dans la production expansive que tout vient, en nous comme du dehors. Reviendrez-vous cette année nous voir ? Hier, Madame Redon que vous avez conquise et qui est votre amie, alla chez M. Mallarmé où l’on parla de vous. Mallarmé se préparait à aller à Valvins, déjà si tôt, en heureux qu’il est. Nous, nous ne savons guère ce que nous deviendrons cet été, et nous ne rêvons pas encore villégiature (…) Un ami me voudrait dans les Pyrénées ; moi j’incline à retourner, tant bien que mal, dans ce pays laid et bête où l’on a dérangé diablement mes pantoufles. Je ne sais trop ce que je ferai, mais ce clair soleil de la Gironde et les brumes de son fleuve, me paraissent ma vraie et reposante retraite. »

Mallarmé admira l’œuvre de Redon dès 1882, mais ne le rencontrera que trois ans plus tard, par l’intermédiaire de J.K Huysmans. « La rencontre de Mallarmé et de Redon est un des faits essentiels de l’histoire du symbolisme » écrit Roseline Bacou. Il existe en effet de nombreuses affinités esthétiques entre les deux hommes, rapprochés par Huysmans dans A rebours, et qui nouèrent une fidèle amitié. Les deux hommes projetèrent de collaborer à l’édition d ’Un Coup de dés jamais n’abolira le hasard, mais Mallarmé mourut avant que le projet ait vu le jour. Le poète possédait au moins deux pastels du peintre : L’Enfant, 1894, maintenant conservé au Musée des Beaux-Arts de Dijon, et un bouquet de fleurs.

Auguste Lauzet (1863.1898), connu pour son activité de graveur, réalisa aussi plusieurs estampes d’après Vincent Van Gogh dont il était très proche. Emile Bernard raconte dans une lettre que Lauzet fut l’un des rares artistes qui assista aux funérailles de Vincent à Auvers. Compagnon de l’artiste symboliste Jeanne Jacquemin (destinataire de cette lettre de Redon)  ils vivaient ensemble à Sèvres. De santé fragile pour se soigner, il partit à Aubagne avec Jeanne, où il mourut de la tuberculose à l’âge de trente-cinq ans.

Jeanne Jacquemin (1863.1938) est une artiste peintre du mouvement symboliste. Rare figure féminine de ce monde artistique de la fin du XIXe, son travail symbolique fut loué par tous les acteurs du monde des arts.

 

 

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