NADAR – Longue lettre autographe signée à son fils Paul.

NADAR – Longue lettre autographe signée à son fils Paul.

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Lettre autographe signée à son fils Paul. 

Belle et longue lettre du photographe;

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Description

Félix TOURNACHON, dit NADAR (1820.1910)

Lettre autographe signée à son fils Paul. 

Six pages in-4° sur papier à son chiffre illustré de la devise « Quand même ! »

Arcachon. 7 décembre 1888.

Belle et longue lettre du photographe à son fils.

« Je t’ai écrit hier, mon si bon et cher fils, quelques lignes en trop grand hâte pour te dire tout de suite combien j’avais été ému de ton excellente lettre toute entière. Elle ne m’a fait que regretter davantage d’avoir ajouté à toutes tes préoccupations si graves en effet et si multiples, et je t’ai de plus donné la peine de m’expliquer douloureusement ce que j’aurais dû penser. Il n’était pas possible en effet que tu ne fusses pas plus encore de mon avis que moi-même dans l’appréciation de notre position vis-à-vis de l’homme si parfait en tout dont nous sommes depuis tant d’années et si profondément les obligés. Une âme aussi haute que la sienne n’a pas à être rappelée aux sentiments de justice et de reconnaissance, et la délicatesse que tu as en toutes choses, plus que personne, souffrait assurément autant que la mienne. Comprenant, partageant identiquement un sentiment même, tu voudras bien me pardonner de t’avoir affligé en venant ajuster la peine que j’ai là à celle que tu as pareille (…) D’accord avec toi que la situation ne peut cette fois se prolonger au-delà ; je vais écrire à notre ami une lettre que tu lui remettras. Tu n’auras pas, de cette façon, l’embarras d’une communication qui se trouvera toute faite et quelques mots ajoutés par toi suffiront à cautionner, endosser ma parole pour ta part – à laquelle tu tiens autant que je tien à la mienne (…) Et puis, je t’en prie, au nom de ta mère, de moi, de la brave fille encore qui s’est rendue si digne d’être aimée par toi comme ta sœur, absolument ne nous envoie plus de lettres aussi longues. Tu ne peux t’imaginer l’impression de tristesse que nous apportent ces témoignages d’un excès de labeur après tous tes autres travaux (…) Rends toi compte de notre étouffement devant tes longues pages à penser que c’est pour ton sommeil que tu les as prises (…) C’est bien convenu, cette fois, mon Paul ? (…) Quand tu la verras, tu apprécieras si je t’ai dit vrai en affirmant que depuis l’année de notre mariage, jamais ta mère n’a eu ce qu’on appelle meilleure mine (…) Tu vois, mon cher Paul, que si nous avons été terriblement frappés, et après avoir eu le bonheur inespéré de conjurer par trois ou quatre fois la mort, nous pouvons nous réjouir aujourd’hui de cette amélioration continue (…). Quant aux agences de renseignements qui ont été si coupables à notre égard, tu dois avoir raison de ne pas faire de procès, mais au moins bien leur faire entrevoir quelles conséquences auraient pu déterminer pour elles le grave préjudice causé à une maison qui fait de 3 à 400000fr d’affaires par an – malgré elles. Tu n’as qu’à leur établir que la maison n’a jamais occupé d’autres locaux que rue St Lazare 113 (ancien), Bd des Capucines, rue d’Anjou et que toute autre indication, dans les circonstances, est plus que fausse, calomnieuse (…) Je t’en prie, tiens ferme et autant que tu le peux ; Tiens bien compte de toutes les indications que je te donne. Le tort causé par ces gens est incalculable et pour ainsi dire irréparable. Moi j’aurais fait un procès avec tapage infernal. J’aurais peut-être eu tort. Seulement j’ai toujours vu ceci : un journal injurie, diffame ou calomnie, la personne attaquée a beau faire insérer toutes les réponses possibles, l’injure reste. Combien en effet auront lu l’attaque qui ne verront jamais la riposte. Tout est là (…) Dis-donc : je regarde ces cinq pages que j’ai commencées sans un arrêt ce matin à 9h (…) et sais-tu ce que je me dis devant mon écriture : – c’est qu’en somme tu as un papa qui pour ses soixante-neuf ans n’est pas encore trop manchot, ce vieux-là ! N’est-ce pas mon Paul, et que ça te fait un peu plaisir ? je t’aime bien. »

 

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