Moïse KISLING et son déchirant exil – 55 lettres autographes signées.

Moïse KISLING et son déchirant exil – 55 lettres autographes signées.

Vendu

Correspondance autographe signée.

Exceptionnelle réunion de 55 lettres inédites retraçant l’exil du peintre au Portugal, puis au Etats-Unis.

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Description

Moïse KISLING (1891.1953)

Correspondance autographe signée.

Paris, Amsterdam, Lyon, Marseille, Lisbonne, Nazaré et New York.  Octobre 1931 à juillet 1946.

Environ 150 pages manuscrites, divers formats : in-12°, in-8° et in-4°.

Correspondance inédite.

EXCEPTIONNELLE RÉUNION DE 55 LETTRES ET CARTES AUTOGRAPHES SIGNÉES DE MOÏSE KISLING ÉCRITES POUR LA PLUPART DURANT SON EXIL AU PORTUGAL ET AUX ÉTATS-UNIS 

Rendu à la vie civile après l’armistice de juin 1940, Kisling rejoint le Sud de la France. Mais, condamné à mort par le Troisième Reich dès 1938 pour ses activités antinazies et risquant sa vie à cause de ses origines juives, Moïse Kisling décide peu après de quitter la France et s’embarque à Marseille en septembre 1940 pour rejoindre le Portugal. Il y séjournera six mois, chez son beau-frère le peintre Adriano de Sousa Lopes à Lisbonne et à Nazaré. Puis, au début de l’année 1941, il gagne les États-Unis où il résidera, principalement à New York, jusqu’à son retour en France en octobre 1946.

Une lettre tragique écrite à Renée, depuis Marseille, deux heures avant l’embarquement pour Lisbonne, donne toute sa mesure au drame intérieur que vit alors l’artiste : « Dans deux heures, je quitte Marseille et arriverai demain matin à 9h à Cerbère. Je te télégraphierai sitôt arrivé au Portugal…Dans ce moment troublant, tout peut arriver ; que tout d’un coup je sois isolé, à ne pas pouvoir donner des nouvelles….J’ai le cafard de foutre le camp, mais que faire ? Je crois que c’est une chance que j’ai en ce moment et que je fais bien de foutre le camp… ».

Les lettres suivantes constituent le cœur de cette correspondance d’exil inédite. Leur lecture permet d’appréhender les joies et les peines de Moïse Kisling durant cette période à la fois tragique et exaltante, de connaître ses conditions de vie, de découvrir les artistes et intellectuels qu’il rencontre ou avec lesquels il correspond, et surtout de suivre les activités artistiques du peintre, dans son travail d’atelier quotidien et au fil de ses expositions aux États-Unis.

«Évidemment ça aurait été mieux que j’emploie ce temps que je passe à l’hôpital à faire des belles petites gueules portugaises qu’on rencontre à chaque coin de la rue. Le paysage est beau aussi et il y a beaucoup à faire. C’est un pays qui me répond picturalement mais chaque fois que je regarde un coin de ciel d’ici ça me rappelle le ciel de France et ça fait mal.» 

«Je vois pas mal de copains français, les uns vont en Amérique, les autres reviennent – Jean Renoir – Saint Exupéry – Jean Murat – Léger – Jean de Boton etc.» (Lisbonne, 9 décembre 1940). «Il faut aussi que tu trouve un ami ou une personne qui va à Paris et retourne et qui veut bien se charger de reprendre mes quatre tableaux que j’ai déposé à la galerie Georges Wildenstein, rue Fg St Honoré. J’ai eu des nouvelles de lui-même à qui j’ai demandé de me dire si je peux reprendre mes toiles. Il m’a répondu que oui, qu’il y a quelqu’un là-bas chez lui (les Allemands ont pris ses tableaux de grande valeurs mais nos petites croûtes ils ont laissés) et que je peux envoyer les chercher. […] Je préfère voir mes toiles n’importe où que dans la galerie et si je le savais à la maison ça me ferait grand plaisir.» (Lisbonne, 18 janvier 1941).

«New York est une ville magnifique – la vie est belle. On sent partout un sang nouveau et je décidé en débarquant que j’ai 19 ans juste l’âge quand j’ai débarqué à Montparnasse.» (New York, 13 février 1941).

«Et pour le moment c’est encore assez dur avec mes affaires ici malgré la réussite immédiate. Je suis et je serai empoisonné jusqu’au moment de l’ouverture d’une exposition qui est la pierre de touche de la bonne continuation de mes affaires. Et pour ça il faut avoir des toiles. Malgré un travail énorme je ne crois pas de pouvoir la faire bientôt. Pour que mon exposition comme je la vois porte, il faut que je montre des bonnes toiles,  des très bonnes toiles ! Réunir une exposition de bonnes toiles ça ne se fait pas en quelques mois. Surtout que j’en vends et les gens achètent les meilleures. Je ne veux pas faire une exposition avec des toiles prêtées.»(New York, 14 mai 1941).

«Qu’ont ils donc ces sacrés journaux de me tuer tous les trois mois ? Mais cette fois l’alerte était plus grave d’après la lettre de maman où je vois qu’elle a marché et je suis sûr qu’elle est tombée malade ! D’après les journaux qu’elle m’a envoyés, je vois que je suis bien aimé et qu’on m’a vu mourir avec chagrin – c’est déjà quelque chose de voir ce qu’on dit de vous après la mort.»(New York, 30 juin 1941).

«Je me lève tous les jours avant 7 heures du matin et à 8 heures je suis déjà dehors loin de chez moi où je me suis installé chez des amis, sur le balcon du 29me étage pour faire une vue sur New York. C’est beaucoup de travail parce que je fais des gratte-ciel dans tous leurs détails.» (New York, 7 septembre 1941).

«Un ami d’ici arrivera vers la fin du mois de mars en France et il t’apportera quatre petites toiles dont une représente le portrait de Michèle Morgan que j’ai faite à Hollywood. Il paraît que mes toiles se vendent assez bien – donc tu pourras faire des sous avec.»(New York, 29 janvier 1945).

La dernière lettre que nous présentons date de la veille du départ de Moïse Kisling pour la France : «Ouf ! Enfin ! Mon bateau part demain pour la Martinique …et nous filerons vers Marseille…Tu vois, tout arrive ! Même mon retour et je te prie de croire qu’il est meilleur (touchons du bois) que mon départ… » (New York, 17 juillet 1946).

On joint un ensemble de lettres incomplètes de Moïse Kisling à son épouse datant de la même période (environ 35 pages)

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