MILLER Henry et son amitié avec Blaise CENDRARS. 1973.

MILLER Henry et son amitié avec Blaise CENDRARS. 1973.

Vendu

Lettre autographe signée à Monique Chefdor.

Deux pages in-4° en anglais, sur papier à son en-tête.

Pacific Palisades. 6 mai 1973. Enveloppe autographe.

 » Cendrars était vraiment un ermite, malgré sa nature grégaire. »

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Description

Henry MILLER (1891.1980)

Lettre autographe signée à Monique Chefdor.

Deux pages in-4° en anglais, sur papier à son en-tête.

Pacific Palisades. 6 mai 1973. Enveloppe autographe.

« Cendrars était vraiment un ermite, malgré sa nature grégaire. Comme Shakespeare, Cendrars écrivait pour tout le monde.»

« Yes, you have my permission to use whatever material you may find useful in the HM collection at UCLA. I did not realize I had written Cendrars that many letters. I must have destroyed a number of them when I left Paris. I burned a lot of valuable material on leaving for Greece, and another burning when I foolishly permitted my then wife to get rid of useless correspondance. I think I wrote another short texte on Cendrars besides the one you mention. It must be in one of my books. Probably one of the New Direction books. When you look over our correspondance please be sure that you eliminate anything I may have written that seems likelow, slanderous or hurtful to anyone still alive. If you have doubts about certain passages please consult me. As you probably have heard, I am against « Thesis ». I no longer help anyone engaged in wrinting a thesis. I think it is a grand waste of time and effort. I detest the manner in which they are usually written. And finally, who reads them ? (…) I hope you see my point. I have tried, in my way, to interest american publishers in Cendrars’ work but to no avail. There is a british publisher in London, Peter Owens, who is bringing out some of Cendrars’ books in translation. He may be of some help to you. (…) forgive me if I say I’d rather you don’t come to visit me about Cendrars. My life now is a perpetual fight to find time to do my own work. I am constantly being invaded and intruded upon – I am sure you understand. Besides, I did not see as much of Cendrars as people imagine. I did not share his thousand and one adventures. Cendrars was really a « loner » as we say, despite his gregarious nature. I hope you have been in touch with his daughter, Myriam, who has been busy for several years putting order into the many things he left behind. I hope your thesis will arouse interest in his work, but I doubt it. Cendrars, like Shakespeare, wrote for tout le monde. The professors will kill him, make him a « rara avis », delectable only to intellectuals whom Cendrars detested !!! »

En traduction :

« Oui, vous avez ma permission pour utiliser tout ce qui vous semblera intéressant dans la collection HM de UCLA. Je n’avais pas réalisé que j’avais écrit tant de lettres à Cendrars. J’ai du en détruire bon nombre lorsque j’ai quitté Paris. J’ai brulé beaucoup de choses de valeur quand je suis parti pour la Grèce (…) Je crois avoir écrit un autre texte sur Cendrars que celui que vous mentionnez. Cela doit être dans un de mes livres. Quand vous étudierez notre correspondance, veuillez vous assurer, s’il vous plait, d’éliminer tout ce que j’ai écrit pouvant paraître inamical, calomnieux ou blessant envers quiconque encore vivant. Si vous n’êtes pas certaines de quelques passages, consultez moi. Comme vous l’avez probablement entendu, je suis opposé aux thèses. Je n’aide jamais personne en train de travailler à une thèse. Je pense d’ailleurs que c’est une grande perte de temps et d’effort. Et je déteste la manière dont cela est rédigé. Et finalement, qui lit cela ? (…) J’espère que vous comprenez mon point de vue. J’ai essayé, de mon côté, d’intéresser les éditeurs américains à l’œuvre de Cendrars (…) Pardonnez moi si je refuse votre visite pour parler de Cendrars. Désormais, ma vie est une lutte permanente pour trouver du temps pour mon propre travail. Je suis constamment envahi. Je suis certain que vous comprendrez. De plus, je n’ai pas vu Cendrars aussi souvent que les gens imaginent. Je n’ai pas partagé ses mille et une aventures. Cendrars était vraiment un ermite, malgré sa nature grégaire (…) Cendrars, comme Shakespeare, écrivait pour tout le monde. Les universitaires le tueront, en le faisant un « rara avis » appréciable uniquement par les intellectuels que Cendrars détestait !!! »

Blaise Cendrars et Henry Miller se rencontrent, à Paris, le 14 décembre 1934.

Cendrars, déjà auréolé d’une belle notoriété de poète, d’écrivain révolutionnaire et d’aventurier, vient de lire le Tropique du Cancer, le premier roman d’Henry Miller. Il est enthousiaste : « Livre royal, atroce, exactement le genre de livres que j’aime le plus… ». En une soirée, en une nuit de discussion et d’échanges, le ton est donné. Jamais ils ne se départiront l’un de l’autre, même si leur relation connaîtra quelques éclipses durables.

Miller, après la mort de Cendrars en 1961: « J’ai vécu avec lui en esprit, avec dévotion, comme fait un disciple avec son maître. Maintenant qu’il est mort, je ne peux me résoudre à débiter une oraison funèbre ».

Monique Chefdor fut la fondatrice de l’association Blaise Cendrars aux USA en 1978

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