Le Marquis de SADE s’inquiète de ses manuscrits depuis sa geôle de Vincennes.

Le Marquis de SADE s’inquiète de ses manuscrits depuis sa geôle de Vincennes.

9 000€

Lettre autographe à son épouse, Renée-Pélagie de Montreuil.

Longue lettre du Marquis exigeant tout d’abord de son épouse les biens que sa condition de geôlier réclame, puis lui confiant les manuscrits de la comédie et du roman qu’il vient de rédiger.

« Je suis donc d’une très jolie figure et j’ai beaucoup d’esprit. »

 

Description

Donatien Alphonse François de Sade (1740.1814). Marquis de SADE.

Lettre autographe à son épouse, Renée-Pélagie de Montreuil.

Quatre pages in-12°. Adresse autographe. (Donjon de Vincennes) 18 mai 1783.

 

« Je suis donc d’une très jolie figure et j’ai beaucoup d’esprit. »

Longue lettre du Marquis exigeant tout d’abord de son épouse les biens que sa condition de geôlier réclame, puis lui confiant les manuscrits de la comédie et du roman qu’il vient de rédiger.

 

« La jatte est bien pour la couleur et l’espèce mais il la faut beaucoup plus grande et de taille à contenir une pinte et demie. Il vient d’être spécialement défendu à l’homme qui me sert de prendre davantage de biscuits, ainsi quand vous en enverrez encore, ce seront les domestiques de M. de Rougemont qui vous en remercieront car ce seront leurs profits. Je n’en veux absolument plus sous quelques formes, et de telle espèce que vous puissiez les envoyer.

Deux douzaines de meringues et deux douzaines de biscuits au citron du Palais royal. Le plan de la nouvelle salle des Italiens et leurs pièces de début. Deux éponges fines. Six livres de bougies et des grandes veilleuses (…) Ce qu’on appelle un marabou ou brô. C’est un petit pot de faïence brune luisant, très propre et dont l’usage est de chauffer et faire bouillir du lait ou du café. Il faut qu’il tienne un peu plus d’une pinte, près de la pinte et demie de chocolat. Et un petit chien tout jeune, afin que j’aie le plaisir de l’élever …………que les bêtes sont détenues ici … on a trop d’esprit dans ce siècle-ci pour tenir encore à un privilège de cette balourdise là. Et si l’on s’obstine, et que l’on vous dise : non Madame, un de Sade ne doit point absolument voir de bête ; vous répondrez : et bien Monsieur, donnez moi donc sa liberté. Je suis tout aise des vastes progrès de messieurs vos enfants ; c’est quelque chose de bien beau que le talent, et ça mène bien loin. Je vous prie de m’accuser la réception de mon manuscrit le plus tôt que vous pourrez, quoique j’aie déjà aperçu beaucoup de fautes depuis qu’il est parti, telles que des répétitions trop fréquentes de mots et de rimes. Vous ayant promis de vous débarrasser de l’ennui de taille de correction, je ne vous en enverrai point, et la jeunesse peut toujours copier. Ca l’occupera et le grattoir fera l’affaire. Cependant, comme voici une distraction essentielle, je la répare afin qu’il ne fasse pas griffonner la feuille de titre à laquelle il s’appliquera sans doute. Comme je mettais à la fois au net deux ouvrages, je me suis trompé d’épigraphe et j’ai mis au roman l’épigraphe de la comédie, et à la comédie celle du roman. C’est une faute qui formerait un contre sens.

Voici ce qu’il faut dans la comédie envoyée : « ils devaient régler les mœurs publiques et ils les corrompent ; ils étaient donnés pour être les protecteurs de la vertu et ils deviennent les appuis et les modèles du vice » m.p.c pages 231 et 232. Je vous prie de faire exécuter ce léger changement. Les oculistes ont envoyé une poudre de perlimpinpin qui va faire des effets miraculeux ; il faut se souffler ça dans l’œil ; moyen en quoi cela fait de la poudre aux yeux. Vous me faites bien de l’honneur assurément ; si vous continuez comme cela, vous allez me donner de l’orgueil. Je ne m’étais cru ni assez aimable, ni assez séduisant pour avoir jamais jeté de la poudre aux yeux de personne ; apparemment que je me trompais – pas assez d’amour propre ! sur le champ j’ai pris mon miroir et j’ai fait une énigme, et j’ai dit : oh, ils ont raison, je suis donc d’une très jolie figure et j’ai beaucoup d’esprit, je ne suis plus étonné si j’ai jeté de la poudre aux yeux. Oh les pauvres yeux, oh les yeux lourds que ceux que j’ai aveuglés. Je vous salue Marie. Ce 18 mai 1783. Il y a un volume de la bibliothèque de campagne, mais je ne puis vous dire lequel, qui est terminé par une petite nouvelle toute courte, dont le titre est je crois aventure extraordinaire ou singulière, quelque chose comme cela. J’ai un besoin infini de ce volume-là. Faites moi chercher cela par la jeunesse et envoyez le moi tout de suite je vous prie…. »

 

 

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