Madame de SADE se démène pour faire libérer son mari.

Madame de SADE se démène pour faire libérer son mari.

Vendu

Lettre autographe à son mari le Comte Jean Baptiste de SADE

Mention manuscrite de la main du Marquis de Sade ayant conservé cette relique maternelle :« Lettre de ma Mère. »

Rarissime trace manuscrite de la mère du Marquis, dame d’honneur de la Princesse de Condé, personnage fort pieux et méconnu et qui restera dans l’ombre de son mari. La présente lettre narre les démarches entreprises par la Comtesse pour faire libérer son époux tout en l’informant de la vie de la Cour.

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Description

Marquis de SADE – Marie Éléonore de MailléMadame de SADE (1712.1777)

Mère du Marquis de Sade

Lettre autographe à son mari le Comte Jean Baptiste de SADE

Quatre pages in-8°. 24 septembre 1745

En haut à gauche, mention manuscrite de la main du Marquis de Sade ayant conservé cette relique maternelle :« Lettre de ma Mère. »

Rarissime trace manuscrite de la mère du Marquis, dame d’honneur de la Princesse de Condé, personnage fort pieux et méconnu et qui restera dans l’ombre de son mari. La présente lettre narre les démarches entreprises par la Comtesse pour faire libérer son époux tout en l’informant de la vie de la Cour.

« Mr d’Argenson m’avait dit que je pouvais parler à Mr de Stainville pour tacher qu’il obtint votre liberté.Je l’ai ouïe aujourd’hui. Il m’a dit qu’il ferait tout ce qui dépendait de lui mais qu’il croyait pouvoir m’assurer que si Mr d’Argenson voulait bien lui dire que ça ferait plaisir au roi qu’il vous redemanda à l’Empereur qu’il était bien persuadé que ça ne ferait pas le plus petit pli. J’ai écrit cela à Mr d’Argenson et Mr de Stainville m’a dit qu’il en ferait toutes les avances et qu’il en parlerait lui-même à Mr d’Argenson mardi. Nous verrons ce que ça produira. C’est assurément bien son affaire de faire toutes les démarches qui sont nécessaires pour vous revoir. Celle que j’ai faite auprès de Mr de Stainville les mettra au pied du mur et j’ai voulu rien faire sans son avis et je n’ai dit à Mr de Stainville que ce qu’il aurait dû lui dire il y a longtemps. Je suis fort inquiète de ce que vous me mandez de vos yeux. Ça vient peut-être aussi du sang qui vous porte à la tête et qui vous cause des éblouissements. J’ai été connu ça et est vrai que ça ne me dura pas longtemps. On me conseilla de me faire soigner. Plus j’y pense et plusje suis fâchée que vous ayez accepté de partir sans passeport quand vous vous en êtes allé là-bas. Vous deviez bien songer à ce qui en arriverait et qu’étant pris on ne ferait pas pour vous tout ce qu’on a fait pour Mr de Belle-Isle. Il faut bien se mettre dans la tête que cet homme quelque chose qu’il puisse jamais faire trouve toujours le moyen d’être regardé. Dans ce pays est connu un homme dont on a besoin. J’ai trouvé l’autre jour chez lui tous les ministres à laréserve de Mr de Maurepas. Il fut enfermé quatre heures avec Mr d’Argenson. Des affaires étrangères. On parle d’un congrès et tout le monde dit que le Belle-Isle ira plénipotentiaire. Vous perdez là votre temps à Anvers et il était question de quelque négociation. Vous pourriez l’employer plus utilement mais ne pourriez-vous pas aussi de votre côté faire quelques démarches qui peut vous procurer votre liberté. Mr de Belle-Isle a travaillé à la sienne plus que personne. Ça me désole moi de vous voir là pardi.Dès que voilà l’Empereur je ne vois pas ce qu’il aurait à craindre. On ne peut plus vous envoyer nulle part pour empêcher le bailli de Froulayqui est à Bruxelles doit porter fortement à Mr de Kaunitz. J’ai écrit au bailli. Je n’ai point de réponse. Je devrais cependant l’avoir reçue. Je m’imagine qu’il veut avoir quelque chose à me demander. Voilà pourquoi il ne m’écrit point. Croyez-vous que je n’aie pas mander à Mr de Kaunitz que votre prison était la cause de la perte de mon procès.Je lui ai mandé cinq ou six fois que vos affaires souffrait beaucoup de votre prison.Le fait de tout cela, je l’ai trouvé, vous seriez rendu si on voulait faire des démarches ici et il me parait tout simple que la reine d’Hongrie veuille qu’on se donne la peine de lui redemander les prisonniers qu’on nous a pris. Je ne sais pas ce qu’il y a. A tout cela Mr d’Argenson aurait pris la chose d’abord avec beaucoup de vivacité et puis ça s’est ralenti tout d’un coup. Je veux qu’il m’en dise la réponse et causer encore avec lui une conversation, pour cela ça m’impatiente. Vous pouvez compter que quelque fois quand je sors d’avec lui je suis furieuse. Vos dentelles sont à Lisle en sureté chez un nommé Mr du Arbois qui est le premier commis du bureau. Il a mandé à la salle qu’il avait la boîte qu’il avait craint qu’elle ne fût confisquée parce que c’est des dentelles neuves. Il ne parle pas des deux aigrettes apparemment quoi qu’il n’a pas ouvert la boîte que St Paul lui aura dit ce qui était dedans et ne lui a peut-être pas parlé des aigrettes. Mr du Arbois mande qu’il attend une occasion pour faire partir cette boîte qu’il adressera à Melle de La Roche sur Yon mais ça m’inquiète. Cependant je m’en vais encore écrire à cet homme à nouveau que deux font un avec les cornettes et une autre en lettre de vous que le suisse m’a remis[…] » Elle demande ensuite au marquis de lui écrire plus souvent et s’enquiert de sa condition en prison « vous me direz que n’ayant point d’autre chose qui vous dissipe et d’autre ressource que la lecture et l’écriture c’est bien triste mais j’espère qu’ils vous ont donné un peu plus de liberté. Le Ctede St Germain m’a bien promis qu’il allait y travailler.Tous les officiers de l’armée de Flandres qui avait leurs congés pour revenir ont eu contre ordre. Cela fait croire qu’il pourrait bien se passer quelque chose si on faisait le siège d’Anvers vous seriez délivré tout de suite. Je l’avais bien espéré pendant quelques temps. Le Roy a été un peu incommodé à Choisy. Il a eu deux accès de fièvre qui n’ont pas eu de suite. Il est revenu aujourd’hui à Versailles et y a vu des dames à Choisy, Mesdames de Loraguais, de Bellefond, de St Germain et Mde de Pompadour. La reine y a été diner.Mr et Mde la Dauphine et Mesdames pendant que le roi a été malade. Je crois que nous allons rappeler au conseil de notre procès. Cette maudite affaire me coute bien de l’argent et Mr de Nicolaÿ est un terrible homme quand on a affaire contre lui. Bonsoir Mr le Comte, mandé moi de vos nouvelles je vous en prie. »

 

 

Après les campagnes comme aide de camps du Maréchal de Villars, le Comte de Sade, sept mois après la naissance de Donatien, fut nommé en janvier 1741, ministre plénipotentiaire auprès de l’électeur de Cologne, l’archevêque Clément-Auguste. Une brouille avec l’électeur le fit rentrer en France en 1744, mais il se garda bien alors de mentionner au Roi et à d’Argenson, le véritable motif de son retour, continuant de percevoir indument ses appointements. Ignorant ces démêlés, le Roi le renverra vers Clément-Auguste en janvier 1745 « dans le village de Sinzing, entre Andernach et Bonn, le comte de Sade se trouva pris dans une embuscade par les troupes de Marie-Thérèse et conduit prisonnier à la citadelle d’Anvers. Naturellement, Clément-Auguste refusa de le réclamer. De son côté, la Cour de France, qui venait d’apprendre la conduite frauduleuse de son envoyé, ne semblait guère pressé de le faire libérer ». Le Comte Jean Baptiste de SADE restera ainsi emprisonné durant dix mois.

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