Louis XV – La santé de la Reine et le Discours de la Flagellation. 1766

Louis XV – La santé de la Reine et le Discours de la Flagellation. 1766

6 500€

Lettre autographe signée à son petit-fils, Ferdinand Ier de Parme.

Importante lettre du Roi relative à la santé de son épouse la Reine Marie Leszczynska, puis aux conséquences parlementaires de son célèbre Discours de la Flagellation.

 » La Reine n’était pas hors d’affaires comme je l’espérais « 

Description

Louis XV (1710.1774)

Lettre autographe signée à son petit-fils, Ferdinand Ier de Parme.

Une page in-4°. Adresse sur le quatrième feuillet. Cachet de cire.

Versailles. 7 avril 1766.

Importante lettre du Roi relative à la santé de son épouse la Reine Marie Leszczynska, puis aux conséquences parlementaires de son célèbre discours de la Flagellation.

« Mon cher petit-fils, nous apprîmes avant-hier une singulière nouvelle de Madrid, et qui me fait une véritable peine pour le Roi mon cousin, vous le saurez avant ma lettre ainsi je ne vous en fais point de détail ni d’autres réflexions. La Reine n’était pas hors d’affaires comme je l’espérais, ce que vous aurez vu dans mes lettres postérieures à celles dont vous me parlez, mais aujourd’hui j’ai les plus grandes espérances, quoi qu’elles ne soit pas encore sans fièvre ni sans cracher du pus, mais à moins que d’un nouvel accident que je ne prévois pas je compte qu’à la fin du mois je vous manderai sa parfaite guérison. M. le Dauphin a aussi un peu de rhume avec très peu de fièvre, mais celle-là ce ne sera rien du tout. Je vous pardonne très aisément ce que vous me mandez de mon parlement ; ce sont des enfants gâtés, qui heureusement dans cette occasion n’ont pas le public pour eux. Je vous embrasse mon cher petit fils de bien bon cœur. Louis »

 

Le Roi évoque en début de lettre « une singulière nouvelle de Madrid. » Il s’agit les émeutes d’Espagne survenues au fil du mois de mars 1766. La révolte populaire poussa le Roi Charles III à quitter Madrid pour se réfugier à Aranguez, laissant la ville aux mains des insurgés.

 

 

La séance de la Flagellation.

Le 3 mars 1766, Louis XV rappelle de façon solennelle, au parlement de Paris, les grands principes de la Monarchie et notamment le droit de remontrance.

Depuis l’affaire des Billets de confession, les parlements mènent contre l’autorité royale une lutte qu’aggrave leur prétention à agir comme les « classes » d’une seule cour, siégeant en plusieurs villes. L’un exprime des remontrances au Roi, qui sont reprises par les autres, les juges se posant ainsi en représentants de la nation. Quand, le 11 novembre 1765, Louis XV fait arrêter le procureur du Roi au parlement de Rennes, La Chalotais, les parlements de Paris et de Rouen protestent aussitôt, ce dernier allant jusqu’à rappeler au souverain « le serment fait à la nation » lors du sacre.

Excédé, Louis XV fait préparer par les conseillers d’État Joly de Fleury et Gilbert de Voisins un discours qui rappelle les fondements de la monarchie de droit divin et la subordination de la justice. Le texte, lu en présence du Roi devant les ducs et pairs et tous les parlementaires, insiste sur le fait que c’est en la personne du Roi que « réside la puissance souveraine, dont le caractère propre est l’esprit de conseil, de justice et de raison » et que « les intérêts de la nation, dont on ose faire un corps séparé du monarque », se confondent avec les siens.

« C’est en ma personne seule que réside l’autorité souveraine, dont le caractère propre est l’esprit de conseil, de justice et de raison. C’est à moi seul qu’appartient le pouvoir législatif sans dépendance et sans partage. L’ordre public tout entier émane de moi […] Les remontrances seront toujours reçues favorablement quand elles ne respireront que cette modération qui fait le caractère du magistrat et de la vérité. […] Si, après que j’ai examiné ces remontrances et qu’en connaissance de cause j’ai persisté dans mes volontés, mes cours persévéraient dans le refus de s’y soumettre […] ; si enfin, lorsque mon autorité a été forcée de se déployer dans toute son étendue, elles osaient encore lutter en quelque sorte contre elle, par des arrêts de défense, par des oppositions suspensives ou par des voies irrégulières de cessation de service ou de démissions, la confusion et l’anarchie prendraient la place de l’ordre légitime, et le spectacle scandaleux d’une contradiction rivale de ma puissance souveraine me réduirait à la triste nécessité d’employer tout le pouvoir que j’ai reçu de Dieu pour préserver mes peuples des suites funestes de ces entreprises… »

 

Pour une lecture plus aisée, nous avons ici francisé l’orthographe du Roi.

Ferdinand Ier de Parme (1751-1802), duc de parme et de Plaisance, était le fils de Philippe Ier de Parme et d’Elizabeth de France (fille de Louis XV).

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