Louis JOUVET – « Je ne veux être qu’un bon ouvrier du Théâtre. »

Louis JOUVET – « Je ne veux être qu’un bon ouvrier du Théâtre. »

950€

Lettre autographe signée.

Très belle lettre de Jouvet laissant deviner l’ensemble de ses doutes et incertitudes dans l’exercice de son métier d’homme de théâtre.

« Je ferai mon métier de tout mon cœur et ne veux être qu’un bon ouvrier du Théâtre. »

Description

Louis JOUVET (1887.1951)

Lettre autographe signée.

Quatre pages in-8°. Pardigon. 12 avril 1924.

« Je ferai mon métier de tout mon cœur et ne veux être qu’un bon ouvrier du Théâtre. »

Très belle lettre de Jouvet laissant deviner l’ensemble de ses doutes et incertitudes dans l’exercice de son métier d’homme de théâtre.

« Mon cher ami, Ta lettre m’a fait un grand plaisir– presqu’aussi grand que celui qu’éprouvera Serge à entendre les phrases qui le concernent et que je viens de lui envoyer en extrait. L’amitié, mon cher ami, est au dessus de toutes ces contingences. Il faut que tu saches l’affection profonde dont tu es l’objet de leur part, – et tu aurais vu Achard les larmes aux yeux, comme je l’ai vu, je suis sûr que tu aurais peut-être douté de tes meilleures raisons. Encore une fois, je suis en dehors de cette querelle et j’en ignorais même les raisons. Je suis bien sûr qu’il faudra que je pardonne à Achard quelque chose un jour ou l’autre. Et mon amitié est déjà résolue là-dessus. J’ai trop souffert moi-même de cette sévérité et de ces représailles dans l’amitié pour ne pas les réprouver. Et mon sentiment intérieur me dit qu’il n’y a rien à attendre de ces procédés – et que le fin du fin et le bon du bon est de se laisser aller tout simplement à ses sentiments, sans rien chicaner ou analyser. Il faut se laisser aimer et aimer soi-même jusqu’à l’ingratitude y compris – ou la sottise. Excuse-moi, ta lettre m’a rejoint à Pardigon où je suis venu me reposer huit jours avec ma femme et mes gosses. J’en attends un troisième ! avant cette saison qui me rend anxieux et perplexe, en dépit de tous les espoirs que tu me donnes. Le bateau est dans une latitude très improbable – je gouvernerai de mon avenir, mais encore une fois j’ai besoin d’aide. Je ferai mon métier de tout mon cœur et ne veux être qu’un bon ouvrier du Théâtre – sans autres prétentions, persuadé que ce sera encore le meilleur moyen de participer au bon combat. Mais j’ai besoin de lumières. Il faut que je puisse compter sur tes conseils. Il faut que je puisse te demander au besoin une lecture qui estampillera la valeur littéraire d’une œuvre que je voudrais monter. Si j’ai autour de moi quatre ou cinq hommes qui veulent bien me tenir au courant de la valeur des échanges en littérature, j’ai pleine confiance pour travailler. Je compte sur toi. Je ne t’ai jamais remercié comme je l’aurais dû de l’aide que tu m’as accordée jusqu’ici, si généreusement et fidèlement. (…) Que le Dieu de l’amitié te protège et te fasse un pourpoint de taffetas changeant, car ton âme est couleur d’opale. Je te souhaite clair et joyeux, comme on t’aime, indulgent et tendre pour l’entourage, féroce et véhément pour les autres et muni de cette précieuse santé sans quoi il n’y a rien de bon dans le royaume des cieux. Je t’embrasse et te remercie. Louis Jouvet. »

 

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