Louis-Ferdinand CELINE et son départ à la guerre en 1914.

Louis-Ferdinand CELINE et son départ à la guerre en 1914.

3 300€

Lettre autographe signée à son oncle, Charles Destouches.

« Dans le train » Slnd [2 août 1914].

Le départ à la guerre du jeune Destouches et le premier pas vers le Voyage au bout de la Nuit.

« Deux mots pour te dire que nous sommes partis à destination de la frontière. J’espère que l’on en reviendra. »

 

Description

Louis-Ferdinand CELINE (1894.1961)

Lettre autographe signée à son oncle, Charles Destouches.

Deux pages in-12° au crayon. « Dans le train » Slnd [une mention manuscrite au crayon bleu, dans la marge, précise : 2 août 1914]. Quelques plis et pâles piqûres.

« Deux mots pour te dire que nous sommes partis à destination de la frontière. J’espère que l’on en reviendra. »

Le départ à la guerre du jeune Destouches et le premier pas vers le Voyage au bout de la Nuit.

« Dans le train. Cher Oncle, Deux mots pour te dire que nous sommes partis à destination de la frontière. J’espère que l’on en reviendra.Toutefois comme on ne peut jurer de rien et comme les communications sont laborieuses je te présente mes respects et t’embrasse ainsi que Lolotte en espérant que ce ne sera pas la dernière fois. Destouches »

En septembre 1912, Céline, tout juste majeur, s’engagea pour trois ans dans l’Armée de Terre. Il devint maréchal des Logis deux ans plus tard, et fut réquisitionné pour partir sous ce nouveau grade de Sous-officier, se battre en Flandre-Occidentale. Il quitta donc la France par train, au début du mois d’août 1914, en direction du front.

C’est ce jeune Céline, âgé d’à peine 20 ans, qui écrivit à bord du train le menant au front, à son oncle, ses espoirs de le revoir, ignorant pour encore quelques jours les violences de la guerre. Immédiatement précipité dans les horreurs des combats, il sera blessé par balle au bras, trois mois à peine après son arrivée. Déclaré invalide, il quitta définitivement les combats et partit dans un service administratif du consulat français, à Londres.

Dans une lettre datée du 5 octobre 1914, adressée à l’oncle Charles, Fernand Destouches, père de Céline, explique les circonstances de la blessure de son fils : «… Il a été frappé sous Ypres au moment où sur la ligne de feu il transmettait des ordres de la division à un colonel d’infanterie. La balle qui l’a atteint par ricochet était déformée et aplatie par un premier choc ; elle présentait des bavures de plomb et des aspérités qui ont occasionné une plaie assez large, l’os du bras droit a été fracturé. Cette balle a été extraite la veille du jour où nous avons pu parvenir jusqu’à son chevet ; il n’a pas voulu qu’on l’endorme et a supporté l’extraction douloureuse avec beaucoup de courage…il faudra de longs soins pour reprendre au bras sa vie normale a moins de complication que le médecin ne prévoit pas en raison de la robuste constitution de Louis et de la netteté de son sang. Nous l’avons trouvé assez déprimé moralement sous le coup de la réaction des fatigues continuelles et excessives de ces 3 derniers mois et surtout de tout ce qu’il a vu sous ses yeux ; la mort de plusieurs bons camarades l’a particulièrement affecté […] la vision de toutes les horreurs dont il a été le témoin traverse constamment son cerveau. L’action était tellement chaude, le nombre de morts et de blessés tellement grand que le premier échelon des ambulances ne put le panser, les tentes étaient remplies de morts et de mourants. »

Cette expérience marquera Céline à jamais. Il en tirera, quelques années plus tard, la matière première pour l’écriture de son Voyage au bout de la nuit, paru en 1932. Il y écrira : « La guerre en somme c’était tout ce qu’on ne comprenait pas », un « abattoir international en folie », « une formidable erreur » commise par des hommes « dupés jusqu’au sang par une horde de fous vicieux devenus incapables soudain d’autre chose, autant qu’ils étaient, que de tuer et d’être étripés sans savoir pourquoi ».

 

 

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