LISZT Franz – Lettre autographe signée sur BERLIOZ et CHOPIN.

LISZT Franz – Lettre autographe signée sur BERLIOZ et CHOPIN.

Vendu

Lettre autographe signée au Comte Gustave Neipperg.

Exceptionnelle lettre relative à ses concerts, à Berlioz et Chopin.

« Chopin est toujours à Paris, malade de corps et d’âme, ce qui ne l’empêche pas de publier d’admirables choses de temps à autre. Connaissez vous ses Préludes ? »

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Description

Franz LISZT (1811.1886)

Lettre autographe signée au Comte Gustave Neipperg.

Trois pages in-4° sur papier à décor gravé d’une vue maritime de Portsmouth.

Portsmouth. 8 septembre 1840. Adresse autographe et oblitérations postales.

« Chopin est toujours à Paris, malade de corps et d’âme, ce qui ne l’empêche pas de publier d’admirables choses de temps à autre. Connaissez vous ses Préludes ? »

Précieuse et passionnante lettre du compositeur hongrois, au fil de son épopée européenne. Liszt y évoque ses voyages, son travail de composition, Berlioz, Meyerbeer, son ennemi Thalberg, et les préludes de Frédéric Chopin.

«  Je suis fatigué, excédé, assommé. L’ennui me tient à la gorge. Ma pensée se reporte naturellement vers des jours meilleurs ; alors que je rêvais et travaillais selon ma pensée et mon cœur, sans grand souci du monde, sans préoccupation d’intérêt ou de position, alors que je n’avais pris ma carrière d’artiste qu’au sérieux et non encore au positif. Elle se reporte ainsi doucement vers vous, mon noble et excellent ami, vers vous qui m’avez été si bon et si honorable. Au milieu de ma captivité de Babylone, je resonge à ces excellentes matinées que nous passions ensemble ; je vois encore cette magnifique rangée de pipes (que par parenthèse vous me reprochiez de ne pas savoir fumer !) l’indigeste entassement de musique sur le piano et dans un coin de la chambre, pendus au mur, les armes que le fils de Napoléon vous a léguées, et qui sont bien là, dans votre chambre à vous qui portez si dignement, avec tant de chevalerie, un illustre nom. La dernière fois que je vous ai écrit c’était à Oedenburg. La sympathie enthousiaste, l’acclamation populaire que j’ai trouvé en Hongrie m’avaient fortement remué. Je crois vous l’avoir dit alors : la manière dont les miens m’ont reçu m’oblige à quelque chose d’élevé, de grand même s’il est possible. (…) Toujours est il que je n’ai rien oublié et que je tâche d’apprendre davantage. Toute cette année et les deux tiers de 41 seront encore livrées au métier. Au commencement d’octobre j’irai à ­­Hambourg et probablement à Berlin. Vers la fin de novembre, je suis encore vendu corps et âme au même entrepreneur qui m’exploite dans ce moment-ci et j’irai avec lui en Irlande et en Ecosse. A la mi février, après quelques jours de repos à Paris, je partirai pour St. Petersburg d’où je reviendrai par le bateau à vapeur à Londres du 10 au 15 mai. En automne enfin, j’espère pouvoir retourner en Italie où je passerai probablement l’hiver. Je suis très tenté d’y écrire une ou deux symphonies, et peut être même un opéra. Il faudra enfin que je me détermine à sauter le fossé. Si on me siffle tant pis. Berlioz fait un nouvel ouvrage (Pierre-l’Hermite) avec Frédéric Soulié. Meyerbeer donnera le Pinto opéra comique dont Weber a fait le premier acte seulement, pour l’ouverture du théâtre de Dresde dans le courant de l’hiver. Thalberg et Döhler passeront leur hiver à Paris et dans les provinces de France. Chopin est toujours à Paris, malade de corps et d’âme, ce qui ne l’empêche pas de publier d’admirables choses de temps à autre. Connaissez vous ses Préludes ? Il y a des pages profondément belles. Vous a t-on dit combien sa Majesté l’Impératrice de Russie avez été bienveillante pour moi à Ems ? Pendant les deux soirées que j’ai eu l’honneur de paraître devant elle, elle m’a fait jouer plus de 10 morceaux chaque fois. »

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