Abbé de SAINT CYRAN – Lettre autographe signée à RICHELIEU – Jansénisme. 1615.

Abbé de SAINT CYRAN – Lettre autographe signée à RICHELIEU – Jansénisme. 1615.

Vendu

Fondateur du Jansénisme français.

Lettre autographe signée à RICHELIEU.

Deux pages in-folio. Adresse autographe. Poitiers. 14 août 1615.

Très rare, longue et amicale lettre à Richelieu à propos du voyage du Roi Louis XIII.

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Description

Jean DUVERGIER DE HAURANNE, Abbé de SAINT-CYRAN (1581.1643)

Fondateur du Jansénisme français.

Lettre autographe signée à RICHELIEU.

Deux pages in-folio. Adresse autographe. Poitiers. 14 août 1615.

Très rare, longue et amicale lettre à Richelieu à propos du voyage du Roi Louis XIII. Saint-Cyran annonce sa visite dévouée et reconnaissante à Luçon auprès de ce même Richelieu qui le fera emprisonner 23 ans plus tard.

« Monsieur, Si vous ne m’eussiez expressément commandé de vous écrire des nouvelles, je n’eusse pas pris la hardiesse de vous en écrire  tant il y a de l’incertitude en tout ce qu’on raconte. Mardi passé un courrier qu’on nomme Mons. de Pontac de Bordeaux, qui par sa qualité obligea Monsieur le Maire de croire que le voyage était retardé jusqu’à lundi prochain, à cause d’un gentilhomme que Monsieur le Prince avait envoyé vers le Roy, à ce qu’il disait, qui faisait espérer à tout le monde qu’il ferait le voyage. Hier matin qui était le jeudi, passa avant l’ouverture des Portes le long des murailles un autre courrier assez reconnu et marqué qu’on nomme La Claverie ; il assura et ensuite après lui d’autres, que le Roy était parti mardi et qu’il devait coucher à Tours le jeudi. Mais quelques heures après Monsieur le maire, arrivant en un lieu où j’étais, dit tout haut qu’il venait de parler au courrier de Flandres qui était parti le mercredi, qui assurait que le Roy n’était pas parti ce jour là ; mais que sans faute sur le soir il devait sortir de Paris pour enfourner son chemin vers ce pays. Je n’ai pas eu l’honneur de voir Monsieur de Poitiers depuis à cause d’un banquet où contre mon consentement j’ai passé en compagnie de M. de la Vacherie une partie de la nuit. Outre que je crois qu’il en est pas de plus grandes assurances : car il n’arriva des champs que sur le tard. Tout se résout à ce point que le Roy sera sans faute ici vers la fin du mois : et selon que les dernières lettres qu’on écrivoit au dit Sieur de Paris, qu’il ne s’arrêteroit nulle part qu’à Poitiers où il passera 10 ou 12 jours. Je suis toujours attendant qu’il s’approche d’ici pour m’acheminer vers Fontainé où on m’attend, et delà, Monsieur, pour aller recevoir vos commandements à Luçon : puisque vous y devez être. Et quoi qu’il me soit arrivé quelques petites affaires par la mort d’un chanoine auquel j’ai succédé nonobstant la concurrence de l’indultaire et du gradué dont l’un a usé de faveur et l’autre de connivence pour me laisser remplir : J’espère néanmoins les avoir parachevées avant 6 jours. J’ai reçu à la fin une lettre de la part du Seigneur que vous nommez fort à propos avantageuse, qui semblerait m’obliger à l’attendre au passage, tant elle est courtoisie ; mais, Monsieur je ne saurai pas si tôt que vous avez délogé pour vous rendre à votre diocèse que je croirai en être dispensé. Et puisque que je suis aux termes de recevoir aux occasions de pareilles faveurs de vous : permettez-moi de vous dire avec plus de vérité que de bienséance que n’ayant jamais eu l’honneur de vous rendre le moindre service, je me persuade toutefois que parce que je dépends de votre jugement qui penche les dispositions du cœur mieux que beaucoup d’yeux ne voyent des couleurs, je suis à votre avis aussi bien que si j’avais mérité cette qualité en m’acquittant fidèlement de mes devoirs. Monsieur votre très humble et très obéissant serviteur. »

 

Engagé dans l’Eglise pour y faire carrière, Jean Duvergier de Hauranne fait sa théologie chez les Jésuites de Louvain où il fréquente Jansénius. Mais ce n’est qu’après son ordination à la prêtrise en 1618 et sa rencontre avec le Cardinal de Bérulle que le jeune abbé de Saint-Cyran renonça à ses ambitions mondaines.

Renommé pour ses connaissances théologiques et son austérité morale, lié aux chefs de l’opposition parlementaire à Richelieu, en mauvais termes avec les jésuites, Saint-Cyran, dont l’emprise sur les esprits devenait considérable, fut finalement emprisonné à Vincennes en 1638. Il y fut maintenu pendant cinq ans  sans procès ni condamnation. En 1643, la mort de Richelieu lui rendit la liberté mais il s’éteignit cinq mois plus tard.

Saint-Cyran a contribué à créer ce qui allait devenir le Jansénisme, exigeant de ceux dont il prenait en main la direction spirituelle un renouvellement du cœur et une défiance à l’égard de l’homme naturel. Sa nostalgie des premiers siècles de l’Eglise, la sévérité des jugements qu’il portait sur son temps l’opposant absolument aux partisans d’une religion accordée au monde et à ses faiblesses.

Toute sa rhétorique, fondée sur St Augustin et Philon d’Alexandrie, fait de la méditation et du silence intérieur, le fondement de toute parole de Vérité.

 

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