Emprisonné à Vincennes, le Marquis de SADE hurle sa haine de Dieu.

Emprisonné à Vincennes, le Marquis de SADE hurle sa haine de Dieu.

9 500€

Lettre autographe signée d’un paraphe, à son épouse René Pélagie de Montreuil.

Extraordinaire lettre de prison du divin Marquis où se mêlent son anticléricalisme forcené, son travail de littérature, sa haine envers Mme de Montreuil et sa soif de vengeance et d’évasion.

« Oh non non, non sur tout ce que j’ai de plus sacré jamais je ne croirai aux leçons des sectateurs d’un Dieu qui se croient permis d’outrager la créature pour honorer le créateur. »

Description

Donatien Alphonse François de Sade (1740.1814). Marquis de SADE.

Lettre autographe signée d’un paraphe, à son épouse René Pélagie de Montreuil.

Quatre pages in-8°. Adresse autographe sur le quatrième feuillet. Slnd (Prison de Vincennes. Septembre 1783)

« Oh non non, non sur tout ce que j’ai de plus sacré jamais je ne croirai aux leçons des sectateurs d’un Dieu qui se croient permis d’outrager la créature pour honorer le créateur. »

Extraordinaire lettre de prison du divin Marquis où se mêlent son anticléricalisme forcené, son travail de littérature, sa haine envers Mme de Montreuil et sa soif de vengeance et d’évasion.

« Je vous prie de m’écrire. Je suis inquiet de votre santé, vous n’avez jamais été si longtemps sans me donner de vos nouvelles. Essayer d’anéantir l’intérêt qu’un mari prend de sa femme est une des plus sublimes politiques qui ait jamais existé. Il y a à cela un esprit d’ange, une merveilleuse conduite, comme aux grandes choses on reconnait les grands hommes. Je suis persuadé que celui qui écrit sur l’état de mes supplices, et sa femme restera huit ou dix mois sans lui écrire. Oh, oui je suis persuadé que le coquin qui trouve cela se croit plus grand qu’Alexandre et plus profond que Licurgue (sic). Il en est de cela comme de la chapelle dont on me fend la tête tous les jours. On écrivit : et pour n’avoir pas ajouté foi aux redoutables mystères de la religion du Christ on lui fendra tous les jours pendant 6 mois la tête avec une chapelle, et vous verrez comme ça lui fera croire que Dieu et du pain sont la même chose. C’est à peu près ainsi que l’on convertissait les anti papistes dans les Cévennes. Comme il n’y a pas encore 80 ans chacun doit se rappeler comme ça réussit. Oh non non, non sur tout ce que j’ai de plus sacré jamais je ne croirai aux leçons des sectateurs d’un Dieu qui se croient permis d’outrager la créature pour honorer le créateur. Bâtissez vos chapelles impies ; adorez vos idoles détestables païens. Mais tant que vous enfreindrez pour tout cela les plus saintes lois de la nature, souvenez-vous que ne me forcerez qu’à vous haïr et vous mépriser.

Quoi qu’il en soit, donnez-moi de vos nouvelles je vous supplie. S’il est dans vos forces de ne pas écrire, envoyez aux officiers de la maison un petit mot comme vous avez fait une fois ; ils me le communiqueront et cette semi preuve de votre existence et de votre bonne santé me rassureront au moins un peu. Vous avez un prétexte, je vous l’ai fourni exprès depuis deux mois, j’ai un gros paquet tout emballé à vous faire passer, envoyez le prendre avec un mot de vous. Ce paquet contient 6 pièces d’estomac à blanchir et dont je vais avoir besoin dans deux mois. Comment vais-je faire si vous ne me les faites pas accommoder comme vous avez coutume de faire tous les ans. Je vais être fort embarrassé. Elles enveloppent mon dernier ouvrage que j’ai fort à cœur également de vous faire passer et pour que La Jeunesse le mette au net et pour pouvoir me caser à autre chose, ce qu’il m’est impossible de faire tant que l’ancien ouvrage est encore dans mes mains. Or je voudrais travailler. J’ai un plan qui me trotte dans la cervelle et qu’il faut absolument accomplir. Il faut réparer le temps perdu. On m’éveille tous les jours à cinq heures du matin, je ne puis jouir un peu de mes yeux que jusqu’à quatre heures du soir ; il faut donc profiter de cet intervalle. Si vous preniez quelque intérêt à moi je vous dirais que depuis quatre heures jusqu’à minuit ces malheureux yeux continuent à me faire horriblement souffrir, mais en quoi peut importer ce détail à la fille de celle qui s’est permis l’atrocité de me priver du sens qui pouvait m’être le plus cher. Mais patience, si les hommes me refusent leur justice, il me restera toujours des moyens de me la faire. Elle a aussi des yeux – et j’aurai aussi de la poudre, il ne faut que de l’argent pour trouver des coquins, elle me le prouve et j’en userai. »

 

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