LA FAYETTE – Extraordinaire lettre politique sur le procès et la mort de Louis XVI ; la Révolution Française et l’Empire Napoléonien.

LA FAYETTE – Extraordinaire lettre politique sur le procès et la mort de Louis XVI ; la Révolution Française et l’Empire Napoléonien.

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Lettre autographe signée « L.F. » au Marquis de Lally-Tollendal

La Fayette sur le procès et la mort de Louis XVI ; sur la Révolution Française et l’Empire Napoléonien.

« Cinq ans de prison, trois ans de proscription, et quatorze ans de retraite pour n’avoir voulu condescendre ni au 10 août, ni au 18 fructidor, ni au système Bonapartiste, me disculpent du reproche de faiblesse envers les hommes de la Révolution. »

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Description

Gilbert du Motier de La FAYETTE (1757.1834)

Lettre autographe signée « L.F. » au Marquis de Lally-Tollendal

Quatre pages in-4°. Lagrange. 6 novembre 1819.

« Cinq ans de prison, trois ans de proscription, et quatorze ans de retraite pour n’avoir voulu condescendre ni au 10 août, ni au 18 fructidor, ni au système Bonapartiste, me disculpent du reproche de faiblesse envers les hommes de la Révolution. »

Importante et extraordinaire lettre politique de La Fayette sur le procès, la mort de Louis XVI, la Révolution Française et l’Empire Napoléonien.

La Fayette évoque aussi la polémique suscitée par l’élection de l’abbé Grégoire, nouveau député de l’Isère. (Les royalistes souhaitaient l’exclure comme indigne ; l’opposition libérale l’engagea à donner sa démission ; le 6 décembre, la Chambre prononcera l’annulation de l’élection).

« Que vous dirai-je de notre pauvre veuve, mon cher ami ?  La voilà dans son pays où nous avons pensé qu’elle serait mieux. Elle s’y trouve plus mal ; j’accepte de mon cœur votre proposition. Vous savez qu’en les envoyant au grand bureau, les cent francs arriveront en poste. Je vous rembourserai ma moitié à mon retour dans la capitale, beaucoup trop prochain à mon gré. Je vous engage à presser l’affaire de l’orgue pour laquelle je crains d’une part les lenteurs assez excusables dans ce moment-ci, de l’autre les impatiences qui feraient manquer le moyen tout naturel d’ajouter 600f à une pension évidemment insuffisante. Il est très vrai que M. de Cazes, obligeant comme vous le savez, surtout envers ses compatriotes de Libourne, m’a dit qu’il enverrait des gratifications de temps en temps (…) Quant à St Denisqui pourrait assurer et même fixer l’existence du nom veuve d’officier supérieur, tué à la guerre ainsi que des frères, M ; de Cazes m’a dit en avoir parlé au Mal Mc Donald qui n’a pas mal répondu. Il devait en reparler en réciprocité de je ne sais quel service de ce genre demandé par le Maréchal. J’observerai pourtant qu’ayant eu l’occasion de tâter la disposition du Maréchal, je ne l’ai trouvé en mémoire que de votre intérêt et de quelques mauvais rapports contre la bonne tête de notre amie. Mais, en repoussant cette calomnie, je ne me suis point mis sur les rangs du solliciteur attendu qu’auprès de la grande protectrice de la maison. Mon nom jouterait peu de prix aux services de la famille Spiner. Je serais plus touché du vœu de M. de Cazes à propos de la rue por de fer, s’il n’en avait pas dit tout autant l’année dernière à propos de la rue d’Anjou, avec la différence qu’on a fait plus de pamphlets diffamatoires, et encore plus d’usage des répugnances du Roi et de l’intervention étrangère, ce qui rendrait assez inconvenant que je me misse à crier aujourd’hui avec ceux qui criaient alors contre moi.

Je hais bien autant que vous le 21 janvier, et j’aime moins la prêtrise ; mais quelqu’affreux torts qu’ait eu le nouveau député, il est, comme prêtre, plus croyant et plus pieux que la plupart de nos évêques d’autrefois, et dussiez-vous trouver ses paroles pires que le vote de la mort du Roi, ce qui est assez fort, surtout pour les temps de délire et de peur, il n’est pas moins vrai qu’on est pas régicide lorsqu’on a pas voté la mort du Roi et qu’on s’est déclaré non seulement contre le régicide mais contre tout homicide judiciaire.

Je ne parle plus de Fouché ; mais les ministres du Roi ont-ils demandé à Talleyrand compte de ses fêtes du 21 janvier et de son avis sur le Duc d’Enghien ; à Pasquier de ses engagements solennels et de ses menées secrètes ; à M. Ferrand de l’écrit le plus sanguinaire qu’on ait vu. Et si vous ôtiez de la Chambre des pairs ceux de vos collègues qui ont fêté le 10 août, le 21 janvier, juré haine à la Royauté, signé sans réserve l’acte d’exclusion des Bourbons, sollicité pour un titre l’engagement personnel de défendre contre eux toute autre dynastie, qui ont exécuté les ordres sanguinaires et incendiaires du terrorisme de 93, qui ont écrit currente calamo, des ordres impériaux qui ne valaient guère mieux, ou qui dans l’autre parti ont organisé de vilaines choses aussi, vous vous trouveriez assis plus à l’aise.

Nous avions pensé avoir à notre chambre Canuel (Général Simon Canuel) qui réunissait, moins en nouvelles déclamations qu’en actions positives, les crimes de 93 et ceux de 1815 ; et ce n’est pas lui seul qui a inventé, provoqué les conspirations, et qui a menacé de l’échafaud et tenu au secret de pauvres diables pour faire dénoncer d’anciens amis.

C’est à l’Assemblée Constituante et au Champ de Mars que j’ai répondu aux opinions de 91, exhumées aujourd’hui. C’est à Sedan que j’ai répondu à celles du 10 août (…) Il n’y a pas un français qui ait plus d’horreur que moi du jugement du malheureux Roi et de sa famille. Il y a beaucoup de Royalistes qui en ont mieux pris leur parti. Mais quelques soient ces phrases, ou vraies, ou supposées, ou non démenties, j’espère être assez connu de vous pour n’être pas soupçonné d’indulgence à leur égard, parce que je ne pense pas avec vous qu’il y ait eu de l’hypocrisie à défendre au péril de sa vie le caractère de prêtre, et d’autres opinions religieuses, à voter contre l’Empire et contre la guerre d’Espagne, à imprimer dans l’apogée du pouvoir impérial que les conquérants étaient des fléaux indignes d’estime, et à refuser de premier son adhésion à l’acte additionnel, sans compter ce qu’il a fait pour les prêtre déportés et tant d’autres malheureux.

Après trente ans de Révolution, il n’y a point de raison pour ne pas remonter à travers la réaction de 1815, les Cent-jours, l’Empire, le Directoire et la Terreur, jusqu’à l’insurrection du 14 juillet et aux actes et discours qui l’ont préparée et sanctionnée (…) Je me laisse bavarder avec vous ; peut-être ai-je tort. Car lorsque les partis se sont échauffés ensemble, la modération isolée n’est pas de mise ; aussi ne parlé-je qu’entre nous. J’ai acquis chèrement le droit, et vous aussi, d’avoir un avis sans qu’on puisse se méprendre du moins à ses motifs. Cinq ans de prison, trois ans de proscription, et quatorze ans de retraite pour n’avoir voulu condescendre ni au 10 août, ni au 18 fructidor, ni au système Bonapartiste, me disculpent du reproche de faiblesse envers les hommes de la Révolution. Quant aux hommes de la Contre-Révolution, on ne m’accuse pas de trop de dévouement envers eux. Mon opinion sur le procès du Roi fut énoncée dès l’époque où des hommes (..) s’étonnaient que les seuls français patriotes qu’ils eussent vus fussent les premiers à leur en parler décemment. Elle a depuis été publiée avec mon consentement (…) J’avais autrefois une immense popularité. Je l’ai jouée et sacrifiée de bonne grâce. Il m’en est revenu beaucoup. Je pourrais bien la perdre encore, et je ne lui ferai aucune concession. Mais aussi, je me crois le droit, lorsque j’en aurai le devoir, de dire mon avis en toute franchise de Député, et lorsque mes plus chers amis trouveront que je me trompe, ils rendront justice à mes intentions comme à mes sentiments pour eux…

Il m’arrive à l’instant une bibliothèque historique où j’ai eu à peine le temps de parcourir une lettre assez curieuse de Bonaparte à Fouché sur des demandes de places à sa Cour. A propos de ce temps-là et de cette pénible défaite du moment, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire au souvenir de ce que je vous ai dit de M. de Cazes sur le changement de quartier lorsque j’ai su qu’il en avait changé à propos de la grande colère de Bonaparte contre Grégoire qui avait mal parlé d’Alexandre et César…. »

 

 

Provenance : Succession Lally Tollendal.Vente Le Brech. 18 décembre 2012. (Lot 148)

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