La captivité du Capitaine DREYFUS à l’Ile du Diable.

« Je suis aux Iles du Salut en train de garder le fameux Dreyfus. »

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La captivité du Capitaine Dreyfus à l’Ile du Diable.

 

Un témoignage direct du quotidien de Dreyfus à l’île du Diable, conté par l’un de ses gardiens.

 

« Je suis aux Iles du Salut en train de garder le fameux Dreyfus. »

 

Extraordinaire et poignant ensemble de deux lettres autographes signées relatives à l’emprisonnement du Capitaine Alfred Dreyfus déporté au bagne de Guyane.

L’avocat Henri Rollet fait parvenir à son confrère Fernand Labori – avocat de la famille Dreyfus – une lettre que lui a adressée de Cayenne le 1er mars 1898 une de ses anciens pupilles, devenu soldat d’infanterie et gardien du bagne où Dreyfus est captif.

Rollet propose à Labori de transmettre à Mme Dreyfus « des nouvelles toutes fraîches, quoiqu’indirectes, de son malheureux mari ».

Nous joignons cette précieuse lettre du gardien, dans laquelle est détaillé le vaste système de garde qui entoure le prisonnier et la situation des bagnards.

 

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Henri ROLLET (1860-1934)

Lettre autographe signée à Fernand Labori.

Une page ½ in-8° sur papier à en-tête de la Maison de Travail pour Jeunes Gens.

Enveloppe autographe avec timbre et marques postales.

Paris, 24 mars 1898.

 

« Mon cher ami, Je vous communique une lettre que je viens de recevoir d’un de mes anciens pupilles, soldat d’infanterie de marine, actuellement aux Iles du Salut. Si vous croyez qu’il puisse être agréable à MmeDreyfus d’avoir des nouvelles toutes fraîches quoique indirectes de son malheureux mari, je vous autorise à lui en faire part. Vous voudrez bien seulement me retourner cette lettre quand vous n’en aurez plus besoin. Votre bien dévoué. »

 

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A.BLOR

Lettre autographe signée à Henri Rollet.

Deux pages in-8° (léger manque et restaurations).

Ile Royale, sans date [note manuscrite en tête : le timbre de Cayenne sur l’enveloppe était du 1er mars].

 

« Monsieur, Je vous écris cette petite lettre pour vous faire savoir que je suis en bonne santé et je pense que vous êtes de même.

J’ai changé de domicile, je suis aux Iles du Salut en train de garder le fameux Dreyfus. Je vous promets qu’il est bien gardé, il n’est pas perdu de vue une seule minute ; en plus on vient d’établir un nouveau poste de 24 heures, que nous prenons ; nous montons 3 à 4 heures de faction pendant la nuit, et nous sommes de garde tous les 2 jours. Il y a 8 jours, un petit voillier [sic] s’étant approché trop prêt [sic] de l’Ile du Diable, on a tiré dessus, le bateau est parti et n’avait pas de pavillon.

A l’Ile du Diable, il y a 14 surveillants qui le gardent ; tous les jours il y a un surveillant qui le surveille et qui est enfermé avec lui. Tous les jours, le commandant du pénitencier et le médecin major vont le voir. Nous nous embêtons pas mal car il n’y a pas d’amusement, c’est ce qui s’appelle le vrai bagne, les incorrigibles ont la chaine ; leur travail est de faire sauter des roches ; c’est triste de voir ça. Il y en a qui n’ont que la peau sur les os.

Monsieur, je finis ma lettre, car j’en aurais de trop à vous raconter sur la vie des bagnards, et en plus je sens ma gamelle arriver. Je finis le temps de ma colonie, le 3 9re et j’espère être en France à la fin de 9re, et je n’oublierai pas de vous rendre visite. En attendant de vous voir, je voue serre une bonne poignie [sic]de mains. Tous mes souhaits à madame Rollet. Embrassez pour moi votre petit garçon. Votre très dévoué serviteur. A. Blor. »

 

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Dreyfus a été déporté à l’île du Diable – dépendance du bagne de Cayenne – en mars 1895 pour effectuer une peine qui le condamne à vie. Il n’en repartira que le 9 juin 1899.

Henri Rollet (1860-1934) s’était spécialisé dans la juridiction pour mineurs et fut l’artisan de la loi sur les tribunaux pour enfants votée en 1912. Fondateur d’œuvres de patronage, il créa en 1894 la Maison de Travail, sous la présidence d’honneur de François Coppée.

 

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