Joris-Karl HUYSMANS – Lettre autographe signée à une amie oblate de Ligugé.

Joris-Karl HUYSMANS – Lettre autographe signée à une amie oblate de Ligugé.

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Lettre autographe signée à une jeune amie oblate de Ligugé.

Quatre pages in-12°. Paris. 23 novembre 1901.

Huysmans, chez les Bénédictines, délivre l’intimité et la force de sa foi chrétienne.

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Description

Joris-Karl HUYSMANS (1848.1907)

Lettre autographe signée à une jeune amie oblate de Ligugé.

Quatre pages in-12°. Paris. 23 novembre 1901.

Huysmans, chez les Bénédictines, délivre l’intimité et la force de sa foi chrétienne.

« Chère Madame et Sœur, voilà bien de vos coups ! un silence, puis une explosion de choses exquises, de reliques ! et si vous saviez comme ça arrive à point. Ce matin, le Père Besse arrive dans un brouhaha de tapissiers ; il manque à la belle place le long de la cheminée, un objet – et aussitôt, la relique prend place ! et la juste, et la bonne. Un coup clair de lumière dans un coin un peu sombre. J’ai pensé à vous le jour de la Sainte Gertrude qui fut vraiment très charmant ici. C’était pour les novices du sexe féminin la Ste Claude des novices – c’est à dire que l’office a été fait par deux voix d’enfants toutes jeunes. Un peu tremblante de peur, il est vrai. Mais la brave prieure, en m’invitant à dîner, ce jour là, m’avait prévenu (…) vous auriez été contente de les entendre ce jour là. Et nous avons diné avec le Père Du Bourg dans la parloir avec la Mère Raphael, la Prieure, derrière la grille. C’était intéressant et intime. On y parlait beaucoup d’oblature car les deux sont très emballés sur ce point, ce qui nous change de Ligugé – de celui du temps des moines. La vérité est que la Prieure est très intelligente et d’une largeur d’esprit rare car j’ai eu des conversations littéraires avec elle dont je suis sorti un peu stupéfié. Elle comprend tout, sauf la routine et le déjà fait. Je crois que nous ferons vraiment une paire de bons amis, ensemble. En dehors de cette Ste Gertrude, rien de neuf. La vie s’écoule pareille. Je descends à l’église à 7 heures pour mes petites affaires du matin, puis à 9 heures à la grand’ messe et quand je ne suis pas dehors ou harcelé de visites impossibles à écarter, aux vêpres (…) ma chambre à coucher longe la chapelle. Si l’on était malade et couché, l’on ne serait pas très loin, vous le voyez, de l’office ; on l’entendrait, en partie, de son lit. Un événement ! ah oui ! La jeune princesse de Siam (le chat adopté par la Mère Guillemot) est tombée malade. J’ai craint que la mère Guillemot n’en perde la raison. Mais admirez les cloitres, la sœur infirmière a préparé des potions telles qu’elle a remis la petite bête sur pattes, en quelques heures. Dieu en soit loué ! par pour moi, ni même pour la jeune siamoise, mais pour la mère Guillemot qui en aurait fait une maladie – et si, pour moi tout de même, car ce qu’elle m’aurait abreuvé de geigneries et de pleurs, la mère au chat. Ne dites pas cela à Eugénie car elle aime assez les oiseaux pour comprendre la folie des chats et elle affirmerait que la mère guillemot a raison, et, ce affirmant, elle n’aurait peut-être pas tout à fait tort. Jouare, Ste Croix !! ces deux noms d’oblages séculaires me reviennent et la provenance rend encore plus chères les reliques, en dehors même de l’amicale oblate qui les donne. Voilà bien de bons Saints à invoquer pour les autres et pour soi (…) Je ne puis pas ne point vous plaindre pour le manque d’offices. Enfin, j’espère que vous viendrez un peu à Paris et que vous compenserez tant d’abstinence en venant à la rue Monsieur. Ah qu’on est loin de Paris là ! C’est le silence à dix minutes de l’existence d’une grande ville qui reprend dès que l’on gagne d’autres rues. On y a Paris et la province, au choix. C’est l’affaire d’un tournant d’avenue. A bientôt, n’est-ce-pas ? »

 

Après s’être retiré dans plusieurs monastères, Huysmans quitte Paris en 1899 pour s’installer définitivement, auprès des Pères Bénédictins, dans le petit village de Ligugé. Partageant la vie quotidienne des moines, il se prépare à devenir oblat. Cependant, en 1901, la loi sur les associations vient dissoudre la communauté bénédictine, poussant les moines à l’exil en Belgique et obligeant Huysmans à rejoindre Paris, chez les Bénédictines de la rue Monsieur. Huysmans racontera son expérience de la vie monastique, en 1903, dans L’Oblat.

 

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