REVOLUTION FRANCAISE – Jeanbon St André – Lettre autographe signée – 1793.

REVOLUTION FRANCAISE – Jeanbon St André – Lettre autographe signée – 1793.

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Lettre autographe signée à ses collègues.

Trois pages in-folio. Montauban. 15 mai 1793.

Important lettre révolutionnaire témoignant de sa mission pour la Convention Nationale.

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Description

Révolution française. 

André JEANBON dit Jeanbon SAINT ANDRE (1749.1813)

Lettre autographe signée à ses collègues.

Trois pages in-folio. Montauban. 15 mai 1793.

Important lettre révolutionnaire témoignant de sa mission pour la Convention Nationale.

Depuis que nous sommes dans les départements, Citoyens-Collègues on n’a cessé d’entraver notre marche par toutes sortes de moyens et d’essayer de nous susciter des ennemis par les plus infâmes calomnies. Je vous remets ci-joint des preuves qui constatent cette vérité et qui montrent quelle est la source et le but de toutes ces manœuvres. Je vous prie de les mettre sous les yeux de la convention nationale, car il importe peut-être qu’on sache qu’il y a aussi des provocateurs parmi ceux qui déclament sans cesse contre ce qu’ils appellent l’anarchie. Notre prudence et notre fermeté nous ont sauvé des pièges qu’on nous a tendu, et en dépit des calomniateurs nous avons peut-être fait quelque bien dans nos département et sans porter, comme on nous en accuse, atteinte aux propriétés, et nous avons respecté jusqu’à l’idole la plus chère à la cupidité mercantile, la bienheureuse cassette.

Cependant nous avons lieu d’espérer que les mesures que nous avons prises ne seront pas sans utilité. Vous avez dû être informé de la réunion de quelques uns de nous à Toulouse pour y concerter les moyens à prendre pour opposer des forces respectables aux Espagnols. Les résultats de nos conférences vous sont connus, sans doute la convention nationale les aura honorés de son approbation. Par suite des arrêtés que nous avons pris je concerte en ce moment avec les corps administratifs de cette ville les moyens d’y établir une fonderie de canons. Les aperçus que nous avons déjà nous promettent du succès dans ces établissements. Il faudra à la vérité y consacrer le ci-devant collège, et quoique les maisons d’éducation soient réservées par un décret de la Convention nationale, je ne balancerais pas a autoriser le district à l’approprier à la fonte des canons aussitôt qu’il nous sera démontré qu’elle peut avoir lieu. J’ai encore pris sur moi de rendre la liberté à un ouvrier détenu pour s’être trouvé dans l’émeute relative au recrutement et à l’égard duquel le tribunal criminel avait prononcé qu’il en serait référé à la convention nationale, conformément à l’article 6 de la loi. J’ai été déterminé à cette indulgence parce que cet homme n’ayant pas été jugé digne de mort par le tribunal et m’ayant d’ailleurs manifesté un repenti que j’ai lieu de croire sincère, je n’ai point vu d’inconvénient à son élargissement. Les talents et l’intelligence de cet ouvrier nous sont nécessaire pour notre fonderie et c’est lui qui devra la diriger. Nous avons visité tous les locaux avec un officier de l’état major de l’armée des Pyrénées que j’avais requis de se transporter ici. (…) Ainsi je crois que nous aurons réussi à procurer à l’armée des Pyrénées une ressource précieuse.

Le zèle des citoyens de Figeac les a porté à offrir à la patrie un bataillon au delà de leur contingent. Je n’avais vu d’abord aucun inconvénient à permettre l’organisation de ce corps. Le décret qui fut ensuite rendu à cet égard me fit suspendre toute démarche. Cependant les citoyens qui se proposaient pour le former insistèrent auprès de moi et la République allait perdre ces défenseurs qui avaient résolu de ne marcher qu’ensemble. Votre lettre qui nous abandonne à nos propres ressources, nous a fait penser que nous devions prendre conseil que de nos besoins. En conséquence nous avons arrêté de mettre à profit la bonne volonté des citoyens de Figeac. Le bataillon s’organise, il va être cantonné à Montauban, où il s’exercera, et sera à la disposition des généraux des Pyrénées.

Nous avons pensé que l’affaiblissement de cette armée exigeait qu’on lui attribuât le recrutement du département du Lot, surtout vu que les troubles de la Vendée ont forcé de lui retirer le recrutement de la Dordogne et des deux Charentes pour les porter contre les rebelles. Les volontaires filent successivement sur Pau. Tous ceux qui sont partis jusqu’à présent sont armés et quelques autres le seront aussi. Mais le Département sera entièrement épuisé d’armes et je dois vous observer qu’il est en seconde ligne du côté de l’Espagne. La ville la plus voisine de ce côté est Montauban, sa position la rend importante. Je propose au comité d’ordonner qu’il y sera fait un dépôt de 5 à 6000 fusils. S’il fallait faire marcher de nouveaux renforts contre les Espagnols, les volontaires du Nord du département et des départements voisins trouveraient là une ressource assurée pour s’armer et j’ose vous dire que cette mesure serait très utile. J’ai encouragé la formation de deux compagnies de canonniers composées de ces citoyens énergiques, qui parce qu’ils sont pauvres et laborieux, n’en sont que plus propres à servir la patrie. Aussitôt qu’ils auront quelque artillerie, ils s’exerceront à la manœuvre. Mais des hommes sans fortune, des pères de famille obligés de nourrir leurs enfants du prix de leur travail mériteraient d’obtenir le dédommagement du sacrifice qu’ils feront à la chose publique. Le Comité jugera de ce qu’il doit faire pour ces braves gens.  Outre cela cinquante cavaliers de Montauban partent demain pour se rendre dans le département de l’Ariège. Ces bons citoyens n’étant pas tous montés, j’ai autorisé le district à leur donner quelques chevaux de luxe qui ont paru propres à ce genre de service. L’esprit qui règne dans le département du Lot, le civisme et la fermeté de l’administration du département, l’ardeur des citoyens, et surtout de la classe laborieuse, mettent ce département au niveau de ceux qui ont le mieux mérité de la Patrie. Le Représentant du Peuple délégué par la Convention Nationale aux Départements du lot et de la Dordogne. Jean Bon St André

Devenu l’un des membres actif de la Société des Amis de la Constitution, puis du Club des Jacobins, Jeanbon St André fut député du Lot à la Convention; il siégea d’abord parmi les Girondins, puis sur les bancs de la Montagne. Envoyé en mission dans le Lot et en Dordogne, il fit placer sous séquestre les biens des émigrés et transféra à Bordeaux les prêtres réfractaires frappés de déportation. Elu président de la Convention le 11 juillet 1793, il prononça l’éloge funèbre de Marat par Charlotte Corday. Jeanbon Saint-André fit entrer Robespierre au Comité de salut public le 27 juillet 1793.

L’ancien révolutionnaire servit le Consulat et l’Empire avec dévouement. Napoléon l’en récompensa en le faisant chevalier de la Légion d’honneur et baron d’Empire.

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