Jean MOULIN – Rare lettre, à l’aube de son activité dans la Résistance.

Jean MOULIN – Rare lettre, à l’aube de son activité dans la Résistance.

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Lettre autographe signée à sa sœur Laure Moulin, ici prénommée Lucie.

Longue et rare lettre de Jean Moulin, au début de son activité dans la Résistance, signée de son pseudonyme Joseph (Mercier), sous le nom duquel il retrouvera le Général De Gaulle à Londres, en octobre 1941.

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Description

Jean MOULIN (1899.1943)

Lettre autographe signée à sa sœur Laure Moulin, ici prénommée Lucie.

Quatre pages in-8°. Cagnes, Vendredi 10 janvier 1941.

Longue et rare lettre de Jean Moulin, au début de son activité dans la Résistance, signée de son pseudonyme Joseph (Mercier), sous le nom duquel il retrouvera le Général De Gaulle à Londres, en octobre 1941.

« Chère Lucie, J’ai bien reçu tes deux lettres, la première mardi soir en arrivant ici, et la seconde ce matin. Je suis très heureux de mon séjour dans ce pays qui est exquis. Le lendemain de mon arrivée la température s’est radoucie et hier nous avons eu une journée de grand soleil ce qui est appréciable après les journées froides et enneigées que nous avons connues. J’ai une chambre dans une petite pension arrangée très simplement mais avec goût, avec une grande baie donnant au premier plan sur la vallée parsemée de cyprès et d’oliviers et au fond sur la mer. Au-dessous de ma fenêtre, un jardin rempli d’orangers couverts de fruits. Avec cela, le chauffage central, réduit mais suffisant. Mes amis Manhès sont extrêmement gentils et ne veulent pas que je prenne un seul repas au restaurant. Je suis donc installé chez eux à demeure. Aujourd’hui nous sommes allés déjeuner à St Paul de Vence qui se trouve à 6 kilomètres environ de Cagnes ce qui nous a procuré une excellente promenade à pied à travers les sentiers de montagne. J’espère que tout va bien de votre côté et que maman est maintenant complètement rétablie de son aventure ferroviaire. Qu’elle prenne des précautions. Avant mon départ, je suis allé voir Bouër qui est employé municipal et que j’ai trouvé à son bureau. Nous sommes allés ensuite prendre l’apéritif ensemble. Il ne semble pas opposé à première vue à cette vente. Il s’est montré un peu surpris simplement. Je lui ai fait l’offre en question et lui ai demandé d’écrire à maman s’il se décidait. Il m’a déclaré qu’il voulait d’abord se rendre sur place pour diverses questions et qu’il se renseignerait, après quoi il prendrait sa décision. Je pense que cela peut très bien marcher. C’est à surveiller. As-tu des nouvelles du notaire ? Si tu étais en possession des renseignements que nous attendons je resterais ici. Sinon j’ai l’intention de te donner rendez-vous à Avignon jeudi à 11 heures et demie comme tu me le proposes. Je passerais chez Marcel dans la matinée et je te rejoindrais ensuite à 11 h ½ au Palais de la Bière en face de la poste. S’il faisait trop mauvais je n’arriverais qu’à l’autobus. Dans ce cas nous nous verrions Place Pie, à l’arrivée. En résumé, rendez-vous ferme pour jeudi sauf contre ordre de ta part par télégramme (au cas où tu aurais déjà une lettre de Marcel) ou de la mienne. Mes bonnes amitiés à Léontine et à tous les siens et bons baisers affectueux à toutes deux. Joseph. Veux-tu me rappeler mon numéro de compte au Crédit Lyonnais. Tu le trouveras sur un de mes chéquiers. Merci. »

 

 

Jean Moulin fut démis de ses fonctions de Préfet début novembre 1940. Dès lors, il développe son activité résistante. A Cagnes-sur-Mer, il retrouve le commandant Henri Manhès (1889.1959)  qu’il avait connu au cabinet de Pierre Cot, ministre du Front Populaire. C’est grâce à l’intervention de celui-ci auprès du commissaire de police de Cagnes-sur-Mer, auquel il affirme que Joseph Mercier avait perdu tous sespapiers à Dunkerque, que Jean Moulin obtient, en février 1941 un “vrai-faux passeport” qui lui permettra de gagner Lisbonne, puis de rejoindre Londres et le Général de Gaulle.

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