Jean JAURES – Manuscrit autographe signé – Tout le socialisme

Jean JAURES – Manuscrit autographe signé – Tout le socialisme

3 500€

Manuscrit autographe signé – Tout le socialisme

« Le jour viendra par exemple où la réduction légale de la journée de travail à huit heures apparaitra comme une nécessité vitale »

Remarquable manuscrit de Jaurès plaidant les valeurs du Socialisme et de la réduction du temps de travail.

Description

Jean JAURES (1859.1914)

Manuscrit autographe signé – Tout le socialisme

Treize pages in-folio. 28 avril 1905

« Le jour viendra par exemple où la réduction légale de la journée de travail à huit heures apparaitra comme une nécessité vitale, non seulement pour les prolétaires mais pour l’ensemble de la nation. »

Remarquable manuscrit de Jaurès plaidant les valeurs du Socialisme et de la réduction du temps de travail.

«Tout le socialisme. M. Bourdeau, dans le journal des Débats, qualifie de socialisme hybride, l’organisation socialiste qui vient d’être constituée par le Congrès d’unité. D’une part, explique-t-il, le socialisme recourant à l’action électorale et parlementaire est obligé de faire appel à toute la démocratie et d’utiliser pour l’œuvre immédiate de réforme toutes les combinaisons de forces ; d’autre part, il est tenu par la croissance même et par l’organisation économique du prolétariat, d’exercer une action de classe concentrée. Mais pourquoi M. Bourdeau voit-il là un caractère ambigu et hybride ? Ce qu’il dénonce comme une équivoque est la loi même d’un organisme supérieur qui va se compliquant à mesure même qu’il se développe et qu’il se perfectionne. De plus en plus le parti socialiste devient un parti de classe : d’abord parce que l’extension de l’industrie, et de la grande industrie, élargit le prolétariat ouvrier dont la conception nettement communiste s’oppose à tout le système de propriété capitaliste individuelle ; en second lieu, parce que les ouvriers, par la coopérative prolétarienne, le syndicat, la baisse du travail, la confédération du travail, développent leur organisation économique, et que cette organisation où l’élément ouvrier est exclusif de tout autre, réagit naturellement sur l’action politique socialiste et la marque d’un caractère toujours plus net.

Mais le parti socialiste, en même temps qu’il devient toujours plus clairement et plus fortement un parti de classe, est mis nécessairement en contact par sa croissance même, avec le milieu démocratique agité, compliqué et mouvant. Entre lui et la démocratie deux ordres de rapport s’établissent et s’étendent. Le prolétariat, devenu une force politique, utilise et défend les moyens d’action que la démocratie lui offre, les libertés d’abord incomplètes qui favorisent son effort social. Il est en second lieu, quand le prolétariat, par son action propre a revendiqué fortement une réforme, quand il a conduit cette réforme à être ressentie comme un besoin organique profond par toute la classe ouvrière, la non satisfaction de ce besoin devient une souffrance et un malaise non seulement pour le prolétariat lui-même mais pour la démocratie presque toute entière. Le jour viendra par exemple où la réduction légale de la journée de travail à huit heures apparaitra comme une nécessité vitale, non seulement pour les prolétaires mais pour l’ensemble de la nation.Ce jour-là, la réforme sera accomplie par une ensemble de forces démocratiques dont le prolétariat organisé sera le moteur et le centre mais qui dépasseront ses limites de classe. Voilà comment dans la vie de l’organisme socialiste, c’est à dire de la classe ouvrière constituée à l’état de parti, il y a nécessairement une double force de concentration et d’expansion, un double rythme de contraction et de détente analogue à la systole et à la diastole du cœur, c’est à dire une double politique d’exclusivisme de classe et d’action démocratique. Mais celle-ci est dominée toujours par la vigueur interne de la pensée communiste. Politique complète à coup sûr, politique difficile et vaste qui exige du prolétariat non pas un sec automatisme de pensée, mais une grande richesse de facultés diverses et harmonieuses : politique une au fond et qui n’est ni équivoque ni hybride. Quand le tout récent congrès du Parti ouvrier belge, dont Albert Thomas a résumé hier les travaux, décide tout à la fois d’accroitre la force syndicale, de propager l’idéal collectiviste et de contracter des alliances électorales avec les libéraux bourgeois pour renverser le gouvernement de cléricalisme capitaliste odieux à la pensée libre comme à la classe ouvrière, il institue une action triple et une complète et convergente ; une action vraiment organique dont l’unité profonde se manifeste par des mouvements variés. C’est le même problème d’actions non pas mécanique et abstrait, mais organique et vivant qu’aura à résoudre, en France, le parti socialiste unifié.

Et son unité même lui permettra, comme au parti ouvrier belge une action libre et souple parce que, grâce à cette unité, tous ses mouvements, tous ses actes procéderont d’un centre de vie communiste et prolétarienne, indéfectible et incorruptible, et que la pulsation très nette de cette vie révolutionnaire se fera sentir jusqu’aux extrémités de l’action démocratique. Ainsi le prochain congrès du parti qui se tiendra sans doute en janvier 1906 aura tout ensemble à régler les conditions de la lutte électorale du mois d’avril prochain et à déterminer le mode selon lequel l’action politique du socialisme pourra seconder l’action économique de la classe ouvrière organisée par la conquête de la grande réforme de lajournée de huit heures. Ce congrès s’appliquera donc à toute l’étendue de l’action socialiste depuis sa périphérie électorale jusqu’à son centre exclusivement ouvrier. M. Bourdeau comprend bien mal la vie socialiste si cette nécessaire complexité organique lui apparaît comme je ne sais quoi d’hybride et d’équivoque. Jean Jaurès »

 

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