Jean JAURES – Manuscrit autographe signé sur la crise du Journal l’Humanité.

Jean JAURES – Manuscrit autographe signé sur la crise du Journal l’Humanité.

Vendu

Manuscrit autographe signé. Notre crise  

Important manuscrit de Jaurès, à propos des difficultés financières du journal L’Humanité.

« Ce journal s’est associé aux grandes luttes d’émancipation laïque. Il a travaillé à l’œuvre si féconde de l’unité socialiste. »

Rupture de stock

Description

Jean JAURES (1859.1914)

Manuscrit autographe signé. Notre crise  

12 pages in-folio (5 octobre 1906)

« Ce journal s’est associé aux grandes luttes d’émancipation laïque. Il a travaillé à l’œuvre si féconde de l’unité socialiste. »

Important manuscrit de Jaurès, à propos des difficultés financières du journal L’Humanité, fondé en 1904, proche de sa disparition. Cet appel désespéré aura pour conséquence une prise de conscience qui donnera une deuxième vie au journal.

« Voilà bien des mois que je lutte contre les difficultés les plus graves pour soutenir ce journal. J’ai pu y réussir jusqu’ici, grâce au concours admirable d’amis désintéressés et au dévouement infatigable de tous nos camarades de l’Humanité. Maintenant, nos forces sont à bout, et si nous ne recevons pas une aide immédiate, nous succomberons au fardeau. Certes, ce journal représente déjà une force politique considérable, et qui irait grandissant à mesure que grandit le Parti socialiste. Il représenterait aussi une valeur commerciale sérieuse si nous avions du temps devant nous. Le journal, en ce moment même qui est une période de morte-saison pour les journaux politiques, vend tous les jours trente mille exemplaires, dix mille à Paris (sans compter la banlieue), dix-sept mille en banlieue et province, et il a trois mille six cents abonnés. C’est un chiffre bien faible à côté des tirages énormes de la grande presse d’information. Mais quand on songe aux difficultés inévitables que rencontre pour son développement un journal purement politique, qui n’est qu’à quatre pages et qui n’est pas outillé par de vastes capitaux, il faut reconnaître que c’est un résultat important. Malheureusement, un déficit d’environ treize mille francs par mois pèse encore sur nous, et en s’accumulant nous écrase. (…) Les charges présentes nous accablent, et nous sommes dans l’impossibilité matérielle et morale de continuer. (…) Il vaut mieux que nous disparaissions, si la vie est à ce prix, et que nous préparions la liquidation du journal dans des conditions honorables pour lui et pour nous. C’est pour moi et mes collaborateurs une douleur profonde de voir avorter l’effort de travail et d’intégrité que nous avons fait ici depuis deux ans et demi. Ce journal s’est associé aux grandes luttes d’émancipation laïque. Il a travaillé à l’œuvre si féconde de l’unité socialiste. Dans la grande bataille de mai, il a su concilier l’énergique affirmation socialiste et prolétarienne et le devoir républicain. Toujours il a dénoncé les manœuvres ou les entraînements qui pouvaient compromettre la paix ; il s’est associé à tous les efforts de libération des peuples opprimés et du prolétariat exploité. (…) Nous sommes à bout de ressources. Pour moi, qui ai mené depuis plus d’un an, sous le fouet d’incessants soucis, une vie terriblement dure, je puis me rendre ce témoignage que je cède, non par lassitude ou lâcheté, mais à la dernière extrémité. Avant tout, nous devons sauvegarder notre intégrité politique, et morale (…) Je prie cependant les ouvriers, les socialistes qui nous ont soutenus jusqu’ici de ne pas nous abandonner en cette crise suprême et de redoubler en chacun leur effort de propagande. Il faut que chacun fasse son devoir jusqu’au bout. C’est parfois de l’extrémité des peines que vient le salut.»

 

À peine plus d’un an après sa première édition, l’Humanité connaît, à l’été 1905, ses premières difficultés. Tombé à 12 000 exemplaires vendus, l’existence du journal est déjà en question. La banque Rothschild fait même une proposition d’achat, rejetée par Jaurès.

En octobre 1906, Jaurès rédige ce texte Notre crise. « La brutalité de l’annonce suscite une importante émotion. On se mobilise en faveur du journal. Un nouveau regard est porté sur le quotidien», raconte l’historien Alexandre Courban.

La mobilisation permet une seconde naissance : le 22 décembre 1906, la Société nouvelle du journal l’Humanité, qui édite encore le journal aujourd’hui, voit le jour. En janvier 1907, la première souscription individuelle est lancée pour ouvrir l’Humanité à « toutes les tendances, à toutes les idées, à toutes les forces du socialisme et du prolétariat organisé ». Les souscriptions des ouvriers, syndicats et coopératives sauvent le journal du naufrage. L’évolution du contenu éditorial avec davantage d’informations et d’actualité sociale lui permet d’élargir son public. De 40 000 exemplaires en janvier 1907, il passe à 88 000 exemplaires en décembre.

Avis

Il n’y pas encore d’avis.

Be the first to review “Jean JAURES – Manuscrit autographe signé sur la crise du Journal l’Humanité.”