GUITTON Jean – Sa vision de la mort – 1986.

GUITTON Jean – Sa vision de la mort – 1986.

Vendu

Jean GUITTON (1901.1999)

Lettre autographe signée au journaliste Paul Giannoli.

Quatre pages in-8° sur papier à en-tête de l’Académie française. 24 août 1986.

« Le silence ne sépare pas ceux qui s’aiment (…)  Je sais ce qu’est la mort d’une épouse. »

Description

Jean GUITTON (1901.1999)

Lettre autographe signée au journaliste Paul Giannoli.

Quatre pages in-8° sur papier à en-tête de l’Académie française. 24 août 1986.

Légère déchirure en marge sans atteinte au texte.

Superbe et touchante lettre de Guitton à Paul Giannoli suite au décès de sa mère.

« Mon cher ami, comme je passais à Paris, j’ai trouvé votre lettre qui m’a beaucoup ému. Vous savez comme silencieusement et dans le souvenir de ma femme, je suis attaché à Nicolas et à votre foyer. Et le silence ne sépare pas ceux qui s’aiment. Au contraire, dans le silence d’une absence apparente, on peut se téléphoner sans attendre de réponse : ce que je fais avec Nic. Je sais ce qu’est la mort d’une épouse. Mais il me semble que la mort d’une mère est plus dure encore pour le cœur ; car une mère nous a porté, nous a éduqué, nous a enveloppé et nous sommes liés à elle par le sang. Il m’arrivait de me demander si je n’étais pas né le même jour que ma mère en 1876 et en 1976 j’ai eu l’impression d’avoir cent ans. Illusion étrange : les évènements entre 1876 et 1901 date de ma naissance, comme l’assassinat de Carnot, il me semble que j’en ai été le témoin. Je m’en souviens. C’est une curieuse illusion mais qui correspond à ce que je pense des liens intimes d’une mère et d’un fils. Je ne vous connais pas beaucoup ; mais, lorsque vous m’avez parfois interrogé, il me semblait trouver en vous je ne sais quoi de tendre, de doux, d’intuitif – que vous devez tenir de votre mère. Mais vous allez éprouver ce que j’éprouve pour ma mère : sa présence en vous sous une autre forme ; par le conseil intérieur dans les embarras, par les secours, les rencontres, par de petits miracles de la vie quotidienne, par le souvenir d’elle transmis à Nicolas et Xavier qui ont aimé leur grand-mère et qui seront comme des témoins vivants. Mais, pendant ce mois d’août qui s’achève, vous panserez cette cicatrice (…) Recevez toutes mes condoléances. J’ai passé le 18 août, trois jours après la mort de votre mère, le seuil des 85 ans – et je suis fatigué. »