Jacques MESRINE – Lettre autographe signée avec dessin original. 1977.

Jacques MESRINE – Lettre autographe signée avec dessin original. 1977.

Vendu

Lettre autographe signée à sa maîtresse Jocelyne Deraiche.

Cinq pages grand in-4°. Prison de Fresnes, 7 mai 1977.

Dessin original de Mesrine représentant une fleur sur le premier feuillet.

« Tu vois je suis en plein procès, je saurai exactement où j’en suis le 20 mai … après je te parlerai d’avenir »

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Description

Jacques MESRINE (1936.1979)

Lettre autographe signée à sa maîtresse Jocelyne Deraiche.

Cinq pages grand in-4°. Prison de Fresnes, 7 mai 1977.

Dessin original de Mesrine représentant une fleur sur le premier feuillet.

« Tu vois je suis en plein procès, je saurai exactement où j’en suis le 20 mai … après je te parlerai d’avenir »

« « Joyce … mon amour, qu’il est doux à mon cœur de pouvoir te dire « mon amour ». Oui petite canac bien malgré moi … je ne t’ai jamais oubliée. J’ai voulu le faire … J’ai triché avec moi-mêmeJ’ai triché sur mon livre en parlant de nous … Je n’ai pas voulu gueuler que je t’aimais plus que « ma vie » pour ne pas vexer Janou … mais au moment où au pied du mur, elle m’a demandé « quand je l’épouserai » je n’ai pas pu tricher. Je lui ai répondu « JAMAIS ». Car c’est toi que j’aime depuis quatre ans. Je m’en défends – mais je n’ai pas cessé de penser à toi. Je t’ai haï … par trop d’amour. Il m’a fallu quatre ans pour soigner la blessure d’orgueil … pour relaisser parler mon cœur. Oui Joyce chérie je t’ai adorée et le temps n’a rien changé de tout cela. Aucun corps n’a été plus agréable au mien que le tien. Nous nous sommes séparés par bêtises, par stupidité. C’est en écrivant mon livre que je l’ai compris … J’ai tout revécu … sans vouloir l’écrire pour autant. Quand j’ai écrit à ta mère … j’espérais qu’il te restait de l’amour pour moi. Je veux revivre notre amour … tout en te laissant ta liberté sexuelle jusqu’à ce que tu me retrouves … car tu me retrouveras, je t’en donne ma parole. On s’est tellement « mal quitté » quelle erreur nous avons faite ce jour là. Quelle blessure nous nous étions faits pour qu’il faille quatre longues années pour la cicatriser. Tu vois « mon amour » très souvent je repensais à ton corps qui s’endormait après l’amour … à ta chaleur … à ton parfum … naturel de femme. Oui Joyce je t’ai réellement aimée. J’ai confondu avec Janou le mot « affection » et « amour » … je ne voulais peut-être pas la faire souffrir … et puis je t’en voulais d’avoir accepté le départ … mais quatre ans ça éclaire le cœur. Tu es si loin de moi … je cachais tes photos pour oublier, j’avais détruit les bandes magnétiques. Je n’ai plus pensé à toi pendant presque deux ans … et puis le cœur guéri de sa blessure se remet à battre pour celle qu’il a adoré. Oui, c’est mon livre qui a tout redéclenché car j’y ai caché ce qui avait « été nous ». En le lisant tu vas souffrir … mais quand j’écrivais en parlant de solé … je pensais à toi pour ressentir de « l’amour » et bien écrire l’amour. En parlant de Janou … je faisais de même … C’est là que j’ai découvert que je trichais et t’aimais toujours. Alors j’ai réfléchi longuement et je t’ai faite cette première lettre. J’ai dit à Janou que je rompais avec elle. Le soir même elle tentait de se suicider et était sauvée de justesse, mais je n’en pouvais plus de ne plus écrire l’amour ..  car mes lettres pour elle étaient froides. En prison je n’aurais pas osé lui faire cela … car elle avait besoin de moi. Mais libre je ne peux tricher. Parfois il m’arrivait d’écrire l’amour à des correspondantes amoureuses de moi … mais ces mots d’amour mon cœur te les destinait … mais je mettais leur adresse. Car je ne pouvais plus te les faire parvenir « l’orgueil » ou le « refus » de t’aimer. Tu sais Joyce j’ai réellement souffert de notre séparation au début … car j’ai douté de toi .. ; à la finale c’est moi qui ai eu tort … car tu n’étais qu’une enfant que j’ai faite femme « trop rapidement » … et oui ma belle canac. J’étais trop homme pour la petite fille que tu étais à l’époque … mais aucune ne m’a donné autant d’amour … et cela tu le sais. J’ai la photo de New-York sous les yeux … Tu me tiens la main … et cette main je te la redonne … car elle te cherche depuis quatre ans. Quand tu as fait ton geste pour Jean Paul … j’ai voulu que tu fasses ta détention dans la souffrance … seule … sans mon secours moral et pourtant combien de fois j’ai eu envie de t’écrire que je t’aimais … mais je crois qu’il n’était pas l’heure de le faire. Il fallait que je devienne un autre pour ne garder que ce qui a été, notre vrai bonheur. Tu vois je suis en plein procès, je saurai exactement où j’en suis le 20 mai … après je te parlerai d’avenir. Une chose « petite fille » je ne me marierai jamais … si un jour je dois le faire ce sera avec toi ou personne d’autre. Souviens toi … j’avais annoncé mon mariage avec Janou … mais en trois ans … je n’ai pas pu le faire … car là je ne pouvais pas tricher avec moi-même pour le simple plaisir de te faire mal. Oui mon aimée je crois que je t’ai moi aussi faite souffrir … pourquoi ? mais parce que je t’aimais tellement … que j’ai voulu te détruire à une certaine époque et pourtant aujourd’hui je te revois comme au premier jour de notre vrai bonheur. Sabrina me parle très souvent de toi, je te fais parvenir sa photo … elle est devenue adulte maintenant … tu sais Joyce cette môme t’adore … même si elle n’écrit pas. Que vas-tu ressentir de cette lettre ? … elle te sortira de cette souffrance qui t’habite le cœur comme un malaise constant. Tu me reverras « petite canac » tu en as ma parole. Que tu aies une vie sexuelle je m’en fous. C’est moi qui t’ai appris l’amour et le plaisir … j’ai eu le meilleur de ton corps … puisque je t’ai découverte. Et je sais que si l’on se retrouve un jour on oubliera le reste. Restons réalistes. Voilà mon ange ! tu voulais savoir … tu sais maintenant. Mes procès sont très durs et le combat est constant … mais tu connais « ton fauve » … c’est un combat total. Mes lèvres se posent sur les tiennes en une douce caresse d’amour. Un jour Joyce … sois en certaine… je suis physiquement le même. Tu embrasses la famille. Bruno. PS : Tes lettres en EXPRÈS vont plus vite si tu les postes à la poste. »

Mesrine rencontra Jocelyne Deraiche, une jeune Canadienne de vingt ans, durant l’une de ses cavales au Canada. Jocelyne Deraiche, était caissière de supermarché lorsqu’elle fit la connaissance de Mesrine en 1972. C’est elle aussi qui était au côté du gangster dans sa planque de Boulogne quand, le 8 mars 1973, Mesrine offre le champagne au commissaire Broussard, le patron de l’antigang venu l’arrêter.

 

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