George SAND s’inquiète pour la santé de Frédéric CHOPIN.

George SAND s’inquiète pour la santé de Frédéric CHOPIN.

Vendu

Lettre autographe à son fils Maurice Dudevant

Longue et précieuse lettre de Sand à son fils, s’inquiétant de la santé de Frédéric Chopin, resté à Paris avec Maurice. Bloquée à Nohant pour résoudre ses affaires, Sand s’inquiète également de l’avenir de sa fille Solange, puis finit cette lettre en s’impatientant de pouvoir protéger et soigner Chopin.

« J’ai peur pour Chop. de cette homéopathie et de ces poisons qui guérissent un mal par un autre. Ah ! qu’il me tarde d’être là ! »

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Description

George SAND (1804.1876)

Lettre autographe à son fils Maurice Dudevant

Quatre pages in-8° à son chiffre. (Nohant, 19 novembre 1843)

Correspondance Sand par G. Lubin (Garnier, 1964), tome VI, p. 289.

 

« J’ai peur pour Chop. de cette homéopathie et de ces poisons qui guérissent un mal par un autre. Ah ! qu’il me tarde d’être là ! »

Longue et précieuse lettre de Sand à son fils, s’inquiétant de la santé de Frédéric Chopin, resté à Paris avec Maurice. Bloquée à Nohant pour résoudre ses affaires, Sand s’inquiète également de l’avenir de sa fille Solange, puis finit cette lettre en s’impatientant de pouvoir protéger et soigner Chopin.

 


« J’étais bien sûre que Chopin était malade ; je l’avais si bien deviné que j’étais au moment d’aller à Paris, en profitant de l’occasion du retour de François, sauf à revenir ici pour faire mon bail.

Les lettres de Mme Marliani m’avaient rassurée, et sans me rendre tranquille pourtant. Ainsi voilà mon pauvre petit toussant, crachant, dormant mal, ou ne dormant pas, et tout cela sans que je sois là pour le consoler ou le dorelotter, je vois bien que nos amis le soignent mais ce n’est pas la même chose. Mes soins le soulagent, ceux des autres l’impatientent.

Et toi aussi, pauvre Bouli, tu es malade, enrhumé, fiévrotteux ? Me voilà plus triste et plus inquiète que je ne l’étais ces jours-ci. Mais comment hâter mon départ ? On ne sort pas d’ici comme on y arrive. Il faut six jours pour avoir la certitude de trouver des places convenables pour des femmes dans les diligences de Limoges. On part maintenant de Châteauroux à 10h du soir. On peut tomber au milieu des commis-voyageurs sortant de souper, et passer toute cette première et longue nuit d’hiver sur la défensive, craignant pour Solange ; ce n’est pas possible. Nous n’avons pu avoir le coupé que pour le 29, je l’avais demandé pour le 25. Et puis, il me faudrait revenir pour mon bail, ou y renoncer, car il a fallu faire l’expertise avant le bail et le bail ne se fera que cette semaine, encore à grand’ peine. Tu me diras que ce n’est pas une grosse affaire, puisque c’est le même bail qu’avec Polite (son demi-frère Hippolyte) (…) Tu ne peux pas te faire d’idée de ses finasseries maladroites, de ses blagues aussitôt contredites par un fond de sincérité naturelle ; du désordre de ses idées, de ses irrésolutions, de son incapacité en un mot (…)

Quant à ce que tu me demandes sur Solange, je voudrais bien la garder, si elle continuait à être aussi aimable à Paris, qu’elle l’est ici. Mais il faudra voir ! D’ailleurs il me faudrait bien un ou deux mois pour lui organiser une résidence possible auprès de nous, et pendant ces préparatifs, elle perdrait son temps. Il faudrait que tu lui cèdes tes chambres et que tu trouves un logement dans la maison. Il faudrait savoir si elle pourrait aller prendre les leçons de Mr Bascans, ou s’il pourrait les lui donner à la maison. Je tiens beaucoup à ce qu’elle les continue, elle y tient elle-même. Il faudrait peut-être prendre avec nous une personne comme Elisa Tourangin par exemple pour l’occuper et la surveiller les matins, et même toujours, car je ne peux pas la suivre de l’œil, étant si occupée moi-même. Nous y penserons.
Nous essaierons, mais pendant les irrésolutions et les arrangements il sera bon que Sol rentre en pension. Elle le fera sans humeur, elle sent la nécessité d’y être. Je t’assure qu’il se fait en elle, comme une transformation subite. Elle le sent et elle le dit elle-même. Je t’écrivais ce matin de ne plus la taquiner. Dans ta lettre de ce soir tu me dis que tu l’attends pour t’en bien donner, c’est une plaisanterie, n’est-ce pas ? Il ne faut plus la taquiner, si elle ne le mérite pas.

Il est 3 h. du matin. J’ai corrigé mes épreuves, je suis fatiguée. La drogue du Docteur Mollin m’a mis la palais à vif, je crois que c’est de la pierre infernale, et pourtant j’ai mêlé selon la prescription (…) J’ai peur pour Chop. de cette homéopathie et de ces poisons qui guérissent un mal par un autre. Ah ! qu’il me tarde d’être là ! »

 

 

Maurice avait informé sa mère, par une lettre datée du 18 novembre, des souffrances de Chopin : « Chopin a été souffrant et il l’est encore, mais il est moins malade qu’il y a trois jours. Il a eu ce qu’il a au commencement de l’hiver, de l’étouffement et des crachements, infinis (…) Ca ne m’étonne pas que Chopin soit malade, il fait si froid, si humide (…) Il n’est pas mal le jour, mais la nuit, il tousse, il étouffe, il crache, et le lendemain il n’y parait presque pas. (…) Il ne veut pas que je t’écrive qu’il est malade, mais je te l’écrit tout de même, seulement je te dis de ne pas t’inquiéter, de ne pas te presser pour revenir… »

Il convient également de noter la lettre de Solange à son frère Maurice répertoriée dans la correspondance Chopin (Sydow, tome III) : «  Toi et Chopin vous êtes deux petits égoïstes. Vous vous ennuyez à Paris et vous le dites à maman. Chopin indirectement et toi franchement. Avant-hier, elle était au moment de partir tout de suite pour Paris…»

Provenance : Vente Christie’s Paris, 29 avril 2013, lot 142

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