George SAND – La mort de sa maman, et le voyage de Franz Liszt et Marie d’Agoult à Venise.

George SAND – La mort de sa maman, et le voyage de Franz Liszt et Marie d’Agoult à Venise.

1 200€

Lettre autographe signée à Eugène Pelletan.

Très belle lettre de Sand évoquant les derniers jours de sa maman, sa mansuétude envers Pelletan et le voyage de Franz Liszt et Marie d’Agoult à Venise.

Description

George SAND (1804.1876)

Lettre autographe signée à Eugène Pelletan.

Quatre pages in-8°. (Nohant, 11 août 1837)

Très belle lettre de Sand évoquant les derniers jours de sa maman, sa mansuétude envers Pelletan et le voyage de Franz Liszt et Marie d’Agoult à Venise.


« Je suis bien désolé, mon pauvre Pélican, de ne pas m’être trouvé à Nohant lorsque vous y êtes arrivé. Je suis retenu ici par des motifs bien graves et bien tristes. Ma mère est mourante et je ne sais quand je pourrai la quitter. Dieu veuille que ce ne soit pas pour toujours ! Le médecin m’a pourtant rendu un peu d’espérance aujourd’hui. Mais bien faible. Je vais faire venir Maurice en attendant que ma triste position se décide. Il est vrai que j’ai bien souvent des préventions contre vous. C’est la faute de votre maladresse et non celle de votre cœur. Je suis bien persuadé : car vous réparez toujours avec empressements les torts que vous semblez avoir. Ne croyez pas que je vous condamne ; bien que je vous aye beaucoup accusé. Il me serait si douloureux de vous croire mauvais, que cela me serait impossible. Et puis, je ne suis pas organisée pour la rancune et dans dix ans comme aujourd’hui une parole amie me ramènera toujours vers vous, eussiez-vous des torts bien plus graves que ceux que je vous attribue. Je suis surtout fâchée de ne vous avoir vu, parce que j’aurais aimé à détruire ce mal être que de petites choses ont mis entre nous. Mais croyez-moi bien. Je fais des vœux même pour vous et en toute occasion vous me retrouverez ainsi, sévère dans la forme gentille, mais indulgent dans le fond. Si vous allez à Venise directement, vous y trouverez Franz et Marie. Je ne vous donnerai pas plus qu’à eux de recommandations. Je n’ai gardé aucune relation avec ce doux pays de mes rêves. Rentré dans le monde réel j’ai perdu toute communication avec les spectres du passé. Pourquoi ? Cela vous semblerait tout simple si je vous l’expliquais, mais ce serait trop long, et peut être d’ailleurs, l’ai- je fait dans mes causeries d’hiver à Nohant. Adieu, donnez-moi de vos nouvelles, et si vous vous trouvez à court d’argent comme cela m’est souvent arrivée en voyage ne vous adressez qu’à moi, et comptez que je ne vous laisserai pas dans le malheur. Si vous écrivez à M. de Girardin, remerciez le pour moi de ses offres. Je me suis liée à Buloz pour longtemps encore. Adieu, bon voyage, et si ma bénédiction peut vous porter bonheur, recevez la bien sincère et de tout cœur. George »

 

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