George SAND écrit à Victor HUGO pour le féliciter de La Légende des siècles.

George SAND écrit à Victor HUGO pour le féliciter de La Légende des siècles.

3 800€

Lettre autographe signée à Victor Hugo.

Précieuse lettre de George Sand au grand homme pour le féliciter de la publication de La Légende des siècles et de sa lettre à l’Amérique contre la peine de mort.

« Vous êtes la puissance qui s’impose. »

Description

George SAND (1804.1876)

Lettre autographe signée à Victor Hugo.

Trois pages in-8° sur papier à son chiffre.

Nohant, 10 décembre 1859.

En tête de lettre, Victor Hugo a annoté un « R » à l’encre noire pour « répondu ».

« Vous êtes la puissance qui s’impose. »

Précieuse lettre de George Sand au grand homme pour le féliciter de la publication de La Légende des siècles et de sa lettre à l’Amérique contre la peine de mort.

 

« On n’a pas le droit de vous juger, vous êtes la puissance qui s’impose et personne n’est autorisé à tenter ce qui vous réussit souverainement. Je suis souvent effrayée en vous lisant, et il m’arrive de dire : est-ce que cela se peut ? mais vous êtes là pour répondre : quelqu’un le peut, il y a ici quelqu’un, c’est moi. Que de force en vous, que d’imagination, de splendeur et de richesses qui débordent. Ce livre est l’océan rempli de perles et d’écueils, de trésors et de monstres. Il y a bien des choses qui font peur et qui vous suivent jusque dans le sommeil, mais que de rayons splendides à travers cette tempête, et comme vous imprimez à ce qui se passe dans le ciel, comme à ce que le pied heurte, la grandeur qui est en vous ! J’ai gardé votre livre un mois sans vouloir le lire. Je n’étais pas en situation de le lire bien, il y avait du bruit autour de moi et pas de recueillement. Rien de vous ne peut passer sans soulever d’orageuses discussions, c’est votre privilège, et je ne peux pas souffrir les paroles autour d’un monument qui est là comme le Moïse de Michel-Ange, silencieux et triomphant. Hier, je parcourais la presse en déjeunant et dès les premières lignes d’un article, je disais sans voir la signature : ah ça, qu’est-ce qui arrive à M. Peyrat aujourd’hui ? est-ce qu’il a mangé une étoile à son souper ? Mais deux lignes plus loin, j’étais fixée. C’est sublime, cette page de vous à l’Amérique, et si j’étais l’Amérique, je courrais vous enlever pour vous forcer à accepter la présidence. Je n’ai pas voulu vous remercier de l’envoi du livre et du mot qui illustre l’exemplaire, avant d’avoir lu ; ma reconnaissance pour le bon souvenir, vous ne pouviez pas en douter ; je ne suis pas morte. Veuillez, Monsieur, présenter tous mes dévouements à Madame Hugo, et me croire aussi glorieuse que charmée de n’être pas oubliée de vous. George Sand. »

 

Le lendemain, 11 décembre, Sand écrivit à Hetzel : « J’ai écrit à VH. Il y a bien des étrangetés dans son livre, mais il y a tant de puissance que la critique doit renfoncer ses objections. S’il était jeune et indécis, ce serait un devoir de l’avertir. Mais il ne changera pas. Ses défauts sont l’excès de ses qualités et je ne crois pas qu’il faille lui dire : vous courez sur la crête des toits. On le ferait peut-être tomber et on aurait tué un grand homme de plus ! »

Hugo répondra le 20 décembre à Sand : « Vous me parlez de la Légende des Siècles en termes qui enorgueilliraient Homère. »

Hugo publia un appel à l’Amérique, dans le journal La Presse du 8 décembre, pour sauver John Brown. Nous savons que cette protestation arriva trop tard.

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