George SAND à Victor HUGO : « Mes romans sont des pages d’herbier et s’ils vous plaisent, j’en suis heureuse et fière»

George SAND à Victor HUGO : « Mes romans sont des pages d’herbier et s’ils vous plaisent, j’en suis heureuse et fière»

3 800€

Lettre autographe signée à Victor Hugo.

Très belle lettre de George Sand à Hugo pleine de rêveries littéraires.

« J’attends avec impatience un nouveau rayon de vous.»

Description

George SAND (1804.1876)

Lettre autographe signée à Victor Hugo.

Quatre pages in-8° sur papier à son chiffre.

Nohant, 22 février 1862.

« Mes romans sont des pages d’herbier et s’ils vous plaisent, j’en suis heureuse et fière»

Très belle lettre de George Sand à Hugo pleine de rêveries littéraires.

 

« Un souvenir de vous, Monsieur, est une bonne fortune, et mieux que cela, c’est une consolation qui arrive au milieu d’un deuil. Nous venons de perdre un enfant qui, par le cœur, était de ma famille, et votre voix m’est encore plus chère dans la douleur. J’ai été inquiète de vous, on m’a dit d’abord que vous étiez très malade, ensuite très occupé, et vous ne me parlez point du tout de votre santé, ou elle est rétablie , ou vous ne daignez pas vous en occuper. Permettez-moi de vous prier de ne pas agir ainsi vis-à-vis de vous-même et de ne pas trop vous oublier pour les autres, puisque ce que les autres doivent vouloir avant tout, c’est de vous conserver longtemps. Vous me demandez où je suis. Toujours à la campagne, faisant de l’histoire naturelle et mille riens intimes avec mon fils qui a fait, l’été dernier, un grand voyage. Je cultive pour mon compte, mon petit jardin littéraire comme dit Dumas, et l’expression me plait beaucoup, à moi qui suis éprise de botanique. Mes romans sont des pages d’herbier et s’ils vous plaisent, j’en suis heureuse et fière, mais non enivrée jusqu’à me faire illusion sur l’utilité de ce qu’on est libre de publier en ce temps-ci en France. Ma tendance à la flânerie intellectuelle est une grâce d’état peut-être, puisqu’elle m’endort sur le peu que je suis. Mais pour que je me sente vivre un peu mieux, il faut que les autres fassent de grandes choses, et j’attends avec impatience un nouveau rayon de vous. A ce petit jardin, il faut de grands éclats de soleil, et ce n’est pas moi qui peut lui en donner. Travaillez donc, publiez donc, et surtout vivez longtemps en vivant beaucoup à la fois, comme ces grandes forces de la nature qui se renouvellent toujours par l’émission de leur puissance. Merci pour votre bonne lettre. Rappelez-moi à Madame Hugo, dites à votre fils que son Shakespeare me satisfait et me charme – et vous, Monsieur, croyez bien à mon dévouement aussi grand que mon admiration. George Sand. Nohant 22 février 1862. »

Sand répond ici à une lettre de Hugo du 18 février : « Où êtes-vous ? où cette lettre vous trouvera-t-elle ? Est-ce à Nohant ? est-ce à Paris ? Pensez-vous quelquefois à un ami lointain que vous n’avez jamais vu et qui vous est sérieusement et profondément acquis ?… »

Quelques jours après cette lettre, Hugo publiera son chef d’œuvre, Les Misérables.

 

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