François MITTERRAND – Lettre autographe signée – « J’avoue que j’ai cru à la guerre. » 

François MITTERRAND – Lettre autographe signée – « J’avoue que j’ai cru à la guerre. » 

1 800€

Lettre autographe signée à son ami Jean Vernaison.

Belle lettre du jeune F. Mitterrand évoquant les prémices de la guerre de 1939.

« Ce septembre si secoué de rumeurs guerrières. J’avoue que j’ai cru à la guerre.La France en ces jours avait une bien curieuse physionomie. »

 

Description

François MITTERRAND (1916.1996)

Lettre autographe signée à son ami Jean Vernaison.

Quatre pages in-8°. Enveloppe autographe oblitérée. Ivry. 30 décembre 1938

« Ce septembre si secoué de rumeurs guerrières. J’avoue que j’ai cru à la guerre. La France en ces jours avait une bien curieuse physionomie. »

Belle lettre du jeune F. Mitterrand évoquant les prémices de la guerre de 1939.

« Mon cher ami, Quelle chance ! Cette fin d’année me permet de revêtir ma confusion de l’apparence éminemment sociale que confèrent les souhaits de Nouvel An à tout témoignage d’amitié. Je commençais à sentir un remords gênant d’avoir ainsi laissé traîner notre correspondance. J’espère d’ailleurs que cette lettre sera suivie d’autres nombreuses – et je m’installe dans mon impatience : réponds vite et donne-moi toutes les nouvelles qui te concernent : ce que tu fais, ce que tu penses, ce que tu veux. Il serait vraiment trop bête d’abandonner la conversation commencée rue Jacob et poursuivie dans notre cher VIème.Depuis ma dernière lettre si lointaine c’est tout un aspect de ma vie qui a fait le saut – année pleine de charme, à laquelle il n’a manqué que toi et quelques-uns de ceux que j’aimais rencontrer, j’ai vécu 1938 intensément. Des camarades filles et garçons fort sympathiques m’y ont aidé. Avril, mai quels mois délicieux. Saint Michel, le Luxembourg. Rien ne vaut ce vieux quartier. Au diplôme de Doctorat, Droit Public j’ai réalisé une bonne performance : j’ai frôlé la mention très bien – mais n’est eu que la mention bien. Le Doctorat est d’ailleurs plein d’intérêt. Le droit international public m’a passionné. (Je vais d’ailleurs faire ma thèse sur un sujet concernant la souveraineté). Les grandes vacances ont passé sans événement notable – du moins jusqu’en septembre. Ce septembre si secoué de rumeurs guerrières. J’avoue que j’ai cru à la guerre.La France en ces jours avait une bien curieuse physionomie. En octobre je suis allé à Paris. J’ai passé là un mois excellent – et le 4 novembre, j’ai été incorporé au 23ème Régiment d’Infanterie Coloniale. Maintenant je suis au Fort d’Ivry s/Seine 11 cie– à 30 minutes du Quartier Latin. J’ai refusé les E.O.R (multiples raisons, en particulier : ma thèse) – et me suis fait inscrire au peloton des E.S.O.R- je suis donc pour l’instant soldat de 2ème classe – et ne le regrette point. Avec moi beaucoup d’engagés – des « durs » qu’il est bon d’approcher. Je m’entends fort bien avec eux. Parmi mes supérieurs, toute la gamme de l’esprit.Bêtise triomphe souvent – et je t’assure que la collection des coqs à l’âne n’est pas close !Les officiers sont des personnages qu’on ose à peine regarder. Toi, Aspirant, tu dois bien en rire – si toutefois tu ne t’es pas laissé gagner par l’âme militaire. Quant à moi, mon opinion par rapport à l’armée, demeure : image de la société bâtie sur des notions faussées par les hommes qui les représentent. Enfin, il m’arrive bien souvent de m’amuser intérieurement ! Je sors très souvent et suis à Paris plusieurs fois par semaine. Je vois plusieurs de nos anciens camarades – je lis – et ne m’abrutis pas encore. La vie pourrait être plus morne et plus triste.(…)  1939 verra la fin de ton service militaire. Verra-t-il aussi des commencements ? Que te souhaiter, sinon le Bonheur ? Et cette lettre finit sur l’assurance de mon amitié, plus fidèle qu’il ne paraît. François Mitterrand »

 

 

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