François MITTERRAND – Lettre autographe signée de jeunesse – 1938.

François MITTERRAND – Lettre autographe signée de jeunesse – 1938.

2 200€

Lettre autographe signée à son ami Jean Vernaison.

Remarquable lettre de jeunesse au sein de laquelle F. Mitterrand, 21 ans, livre ses goûts artistiques et littéraires ; contemple avec cynisme la nature humaine ; et laisse entrevoir son désir d’étudier le Droit Public.

« Je lis et je bois – je parle et j’écris – je hais les sots sans pouvoir les supprimer. »

 

Description

François MITTERRAND (1916.1996)

Lettre autographe signée à son ami Jean Vernaison.

Quatre pages in-12° sur papier de deuil.

Paris. 9 février 1938. Enveloppe autographe timbrée et oblitérée.

« Je lis et je bois – je parle et j’écris – je hais les sots sans pouvoir les supprimer. »

Remarquable lettre de jeunesse au sein de laquelle F. Mitterrand, 21 ans, livre ses goûts artistiques et littéraires ; contemple avec cynisme la nature humaine ; et laisse entrevoir son désir d’étudier le Droit Public.

 

« Mon cher ami, si le temps n’était qu’une intention cette lettre ne serait pas tardive : elle est le fruit d’une intention perpétuelle et jamais exprimée. Et pourtant dans ton uniforme et perdu des vices que tu as certainement contractés (la discipline, l’obéissance, et quoi encore ?) tu as dû parfois rêver aux bienheureux encore purs, c’est-à-dire épargnés par la loi militaire. Tel Lazare je n’ai osé tremper mon doigt dans ma félicité pour te rafraîchir. Et chaque jour j’ai remis les lignes que chaque jour je pensais. Marot, lors de son récent voyage à Paris m’a conté les subtilités de votre vie, ses espoirs et ses certitudes, ses douleurs et ses plaisirs – (hum !) – Mais toi, tu as préféré demeurer dans ta tanière, plutôt que de partager notre repas sous l’égide de Saint Paul. Le Virus est-il tellement violent que tu n’as plus la force de bouger ? Si je te parle de mes jours, cela te semblera une rétrospective – jamais pareille – de nos jours passés ensemble. Je lis et je bois – je parle et j’écris – je hais les sots sans pouvoir les supprimer. Je me berce de musique – je mange des crêpes avec des jeunes filles (jolies) – je danse et je dors. De mes livres j’ai retiré quelques enseignements (en particulier « Le livre de San Michele » d’Axel Munthe – « Wuthering heights », d’E. Brontë » – « Les frères Kamazov »). De la musique j’ai retiré le goût de l’évasion.De la danse, le rythme, mais pas la conversation. Des jeunes filles, le plaisir d’un joli profil mais l’ennui de ce qu’il veut dire. Des sots, le désespoir de les voir victorieux.Je travaille assez sérieusement depuis deux semaines – Le Droit International me passionne. Le Droit constitutionnel m’intéresse. L’Administratif et l’Histoire du Droit m’absorbent sans me prendre. J’ai l’intention de présenter Droit Public en mai – et peut-être la Préfecture de la Seine. Chaque jour je vais au Droit ou à La Sorbonne.Je vis beaucoup au Quartier Latin où je connais les maquereaux aussi bien que les vendeuses de journaux, aussi bien que les garçons de café. Il m’arrive également de penser ou plutôt de remuer des pensées, comme des matériaux fragiles que le maniement effrite. Quelques idées d’articles – mais je t’en parlerai plus tard – dans d’autres lettres et de vive voix (car il faudra bien que je te rencontre cette année !) et toi – Entretiens moi de toi dans une missive prochaine – (très prochaine) – j’y répondrai (ce n’est pas une promesse d’ivrogne). Maintenant, je m’arrête – je ne veux pas rater le dîner : ma seule contrainte : être au 104 à l’heure des repas. Mais il faut que d’ici peu notre correspondance reprenne vie. François Mitterrand »

 

 

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