Marcel SCHNEIDER étudie l’oeuvre de FAULKNER adaptée par Albert CAMUS.

Marcel SCHNEIDER étudie l’oeuvre de FAULKNER adaptée par Albert CAMUS.

Vendu

Manuscrit autographe signé – Requiem pour une Nonne.

Belle étude de Schneider de l’ouvrage de William Faulkner adapté au théâtre par Albert Camus, en 1956 au théâtre des Mathurins, à Paris.

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Description

Marcel SCHNEIDER (1913-2009)

Manuscrit autographe signé – Requiem pour une Nonne.

Trois pages ½ in-4°. Slnd (1956).

Belle étude de Schneider de l’ouvrage de William Faulkner adapté au théâtre par Albert Camus, en 1956 au théâtre des Mathurins, à Paris.

« Un très élisabéthain, un sujet à la Bernanos, l’atmosphère d’un roman policier, voilà ce qui constitue la tragédie moderne qui s’appelle Requiem pour une nonne, la seule pièce de l’automne 1956 qui retienne l’attention. Un tel mélange à de quoi nous déconcentrer, d’autant plus que l’obscurité lyrique et touffue de William Faulkner s’exprime dans la langue sèche, rationnelle et dépouillée d’Albert Camus. Quelle est cette femme pour qui l’on célèbre l’office des morts ? Une négresse infanticide, toxicomane et prostituée. Étrange nonne, en vérité, qui ferait d’un bordel son couvent. Et pourtant c’est elle qui dans la pièce confesse la foi, l’espérance dans le ciel et la charité. Peu s’en faut, dans la dernière scène que le prophétisme moralisant de Faulkner ne lui assigne le rôle du Christ. C’est au christianisme et non à une transcendance indéterminée que Faulkner en appelle. La lecture du roman dont la pièce est tirée n’entretient là-dessus aucune équivoque. L’adaptation de Camus, sans trahir l’auteur, m’a paru cependant estomper sa position doctrinale. Cette Nonne nous invite à méditer sur notre salut. On sait que Pascal s’en est tiré grâce à un pari : elle s’en tire au moyen d’un crime, le crime le plus révoltant, mais aussi celui qui possède, selon la tradition rituelle, la plus grande valeur sacrificielle, celui d’un jeune enfant. Nous le faire admettre semble une gageure : l’art de Faulkner, y réussit. L’assassinat devient un meurtre sacré. Comme dans Œdipe –Roi, un crime a été commis, il empoisonne la ville. Il faut que la vérité se fasse pour que la ville soit purifiée. Tout conspire pour que le secret soit gardé, d’abord la meurtrière qui plaide coupable et accepte le châtiment, ensuite, la mère de la petite victime qui ne requiert aucune peine contre l’infanticide. Face à face, mûrées dans le silence, complices peut-être, la prostituée nègre et l’aristocrate sudiste. C’est cette dernière qui finira par avouer au cours d’une scène atroce qui forme le sommet de la pièce et que le talent de Catherine Sellers rend d’une émotion profonde. Qu’est ce qui force Temple Drake à cette humiliante confession devant le gouverneur de son État ? Sa conscience sans doute, l’exigence de la vérité, et surtout la vertu communicative, contraignante que possède le sacrifice de la Nonne et qui agit ici comme le « sang des martyrs » (…) Le dogme catholique de la réversibilité des mérites ne paraît pas suffisant aux yeux de Faulkner. Aussi longtemps que Temple Drake s’opiniâtre dans le silence et dans le refus, le sacrifice de la Nonne ne sert à rien. Dès qu’elle se décide à la confession publique ce qui suppose contrition, ferme propos, volonté de salut, tout change. Le sang de l’enfant mort retrouve sa vertu. On devine que, comme dans Œdipe-Roi, ce secret si longtemps, si farouchement gardé, qui n’a exigé rien de moins que l’immolation d’un innocent pour être révélé, contient quelque chose de monstrueux (…) Pascal et Bernanos seraient sans doute allés plus loin. De toute façon, ils auraient traité ce grand sujet autrement. Faulkner l’a fait à la manière de Faulkner qui est âpre, provocante, à la fois puritaine et dévergondée, mais qui sait s’élever à la hauteur d’un pareil sujet, qui a le sens de la grandeur et de la puissance dramatique. Marcel Schneider. »

 

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