Extraordinaire lettre de George SAND à Victor HUGO à propos des Misérables.

Extraordinaire lettre de George SAND à Victor HUGO à propos des Misérables.

6 500€

Lettre autographe signée à Victor Hugo.

Extraordinaire lettre de George Sand commentant, avec passion et critique, auprès de Hugo, sa découverte des Misérables, publié quelques jours auparavant.

« Les désespérances de votre pensée à l’endroit de la pauvre race humaine me font souvent saigner le cœur. »

Description

George SAND (1804.1876)

Lettre autographe signée à Victor Hugo.

Quatre pages in-8° sur papier à son chiffre.

Nohant, 17 avril 1862.

« Les désespérances de votre pensée à l’endroit de la pauvre race humaine me font souvent saigner le cœur. »

Extraordinaire lettre de George Sand commentant, avec passion et critique, auprès de Hugo, sa découverte des Misérables, publié quelques jours auparavant.

 

«  Vous décerner des éloges, cela ne convient pas, n’est-ce pas, Monsieur ? vous êtes à une hauteur où l’on est plus discutable, où les défauts, si on en a, sont et doivent être acceptés comme la couleur des qualités. Que la griffe caresse ou déchire, c’est celle du lion, et ceux qui font la grimace n’en sont pas moins vaincus. Cette grimace de douleur et d’effroi, je la fais souvent en vous lisant ; les désespérances de votre pensée à l’endroit de la pauvre race humaine me font souvent saigner le cœur, et j’ai besoin de me rappeler que vous faites une guerre héroïque et acharnée à nos abominables institutions répressives, à nos impitoyables préjugés, pour m’abstenir de plainte et même de reproche. Mais vous nous consolerez ; vous nous montrerez dans la suite de ces terribles récits que vous n’êtes pas le méchant Dante qui invente l’enfer, mais aussi le bon Virgile qui montre le chemin du ciel. Vous nous direz qu’on peut se réhabiliter et s’apaiser avant l’autre vie, non pas seulement avec une croix sur la poitrine et la parole d’un bon prêtre, mais par la force des croyances et l’ascendant de la vertu. Vous ne maudirez pas cette pauvre terre où l’on pourrait être heureux et bon si l’on savait ! Vous ne nous laisserez pas aux prises avec cette idée qu’il n’y a de paix qu’à l’heure où l’on tombe sous la main des bourreaux pour ne plus se relever. Je plaide la cause de mon utopie : le bien, possible dès cette vie sans souffrance insupportables ; le beau certain dans l’autre vie pour qui a su se l’assurer. Vous me laisserez crier dans le désert, si votre génie a porté la sentence implacable. Je ne vous en lirai pas moins avec un religieux respect pour cette plénitude de force et cette hauteur de volonté qui vous font si grand. J’ai eu le grand plaisir de voir Madame Hugo et Monsieur votre fils, à Paris. Me voilà revenue à mon hermitage, où j’ai lu votre second volume. Je suis bien touchée d’avoir reçu l’exemplaire signé de vous, et mon cœur vous remercie vivement de ce bon souvenir si précieux pour moi. George Sand. Nohant 17 avril 1862. »

 

 

L’édition française des Misérables parut le 3 avril 1862 à Paris

Nous le voyons, Sand cache à peine ses critiques sur le chef d’œuvre d’Hugo qui lui répondra le 6 mai : « Votre lettre m’a attristé. Jugez si ma surprise a été pénible. Je m’étais figuré que ce livre nous rapprocherait encore, et voici qu’il nous éloigne, qu’il nous désunit presque. J’en voudrais à ce livre si je ne le savais pas si honnête. L’un de nous évidemment se trompe. Est-ce vous ? est-ce moi ? votre franchise provoquant la mienne, laissez-moi vous dire que je crois que c’est vous. J’avais fait ce rêve que vous, la grande George Sand, vous comprendriez mon cœur comme je comprends le vôtre. Dans tous les cas, vivant solitaire et face à face avec mon intention et tête ) tête avec ma conscience, je suis sûr, sinon de ce que je fais, du moins de ce que je veux ; je suis sûr de mon cœur qui est tout à la justice, tout à l’idéal, tout à la raison, tout à ce qui est grand, généreux, beau et vrai, tout à vous, Madame. »

Le 11 mai, Sand répond : « Oui, si quelqu’un se trompe, c’est moi …. »

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