CLEMENCEAU – Les torpilles de Bismarck. 1897.

CLEMENCEAU – Les torpilles de Bismarck. 1897.

Vendu

Manuscrit autographe. « Les torpilles de Bismarck »

Deux pages in-4°. Slnd (1897).

Manuscrit publié dans le journal « Le Briard » le 20 novembre 1897.

« La chambre de Félix Faure a le patriotisme aussi accommodant que le corps législatif de Napoléon III. »

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Description

Georges CLEMENCEAU (1841.1929)

Manuscrit autographe. « Les torpilles de Bismarck »

Deux pages in-4°. Slnd (1897).

Manuscrit publié dans le journal « Le Briard » le 20 novembre 1897.

« La chambre de Félix Faure a le patriotisme aussi accommodant que le corps législatif de Napoléon III. »

« On a vu, par notre note d’hier, que la marine française vient de faire une commande de deux cents torpilles à la famille de M. Bismarck. Un journal du soir qui met Fiume, port de l’Adriatique, en Angleterre, nous explique que c’est pour le bien de la France. Voyons. Il fallut l’arrivée à la rue Royale du ministre révolutionnaire Aube, pour décider la création d’un atelier de fabrication des torpilles dans un de nos ports de guerre. Cela remonte à l’année 1886. Jusque là nous nous approvisionnions à l’usine Whitehead de Fiume. Le passage de l’amiral Aube au ministère fut de courte durée et ses tristes successeurs qui le privèrent de son patriotisme en refusant de lui confier un emploi de son grade, ayant soin de faire trainer les choses en longueur. Il ne fallut pas moins de trois ou quatre ans pour faire monter les machines. Depuis ce temps, il faut bien que nous fabriquions des torpilles puisqu’il n’y a pas moyen de faire autrement. Seulement nous en fabriquons le moins possible et il faut le toupet de Dupowe (de Londres) pour oser dire qu’une commande de deux cents torpilles n’a pour but que de nous procurer des modèles. Qu’y a t-il derrière ce message ? Ceci, que l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche Hongrie fabriquent elles mêmes leurs torpilles tandis que la criminelle hâte de nos ministres nous laisse titulaires de l’étranger. Ces nations, il est vrai, achètent de temps à autre quelques torpilles à l’usine Whitehead pour se tenir au courant de son matériel. La France lui demande un approvisionnement. C’est autre chose. L’Allemagne possédant la torpille Schwargkopf – qui passe pour tout à chacun pour la meilleure – n’a garde de faire à Fiume de pareilles commandes. Ce n’est pas tout. Nous avons un contrat avec Whitehead aux termes duquel nous sommes tenu de lui communiquer tous les perfectionnements qui seraient apportés chez nous au matériel torpilles. Par cette combinaison (…) l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie profitent de tous les perfectionnements dus au génie inventif de nos officiers. Il y a quelques années, l’un de nos officiers ayant apporté une modification technique à nos torpilles, cette innovation fut évidemment communiquée par la rue Royale à Whitehead qui en fit profiter ces torpilles (…) La chambre de Félix Faure a le patriotisme aussi accommodant que le corps législatif de Napoléon III. »

 

Théophile Aube (1826.1890), officier de marine et homme politique, fut Ministre de la Marine dans le Cabinet Freycinet du 7 janvier 1886 au 29 mai 1887. Il autorisa la construction du premier sous-marin français, le Gymnote.

Robert Whitehead, inventeur de la torpille, avait avait commencé son travail de conception d’ingénierie en 1864 à Fiume (Italie), avec le commandant Giovanni Luppis et M. Giovanni de Ciotta. En 1866, Robert Whitehead renforce les premières idées de Luppis en concevant la première torpille de l’histoire des armements navals.

 

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