Claude MONET se désole de l’inexorable détérioration de ses yeux.

« J’attends anxieusement les verres promis pour vendredi. »

Vendu

Claude MONET (1840.1926)

Lettre autographe signée, probablement au Docteur Charles Coutela.

Deux pages in-8° à l’encre bleue, sur papier à en-tête de Giverny par Vernon.

Giverny. 4 juin 1924.

« J’attends anxieusement les verres promis pour vendredi. »

Émouvante lettre de fin de vie du Maître de l’Impressionnisme, à l’écriture difficile, se désolant de sa vue détériorée, à la suite de l’opération de son œil subie en janvier 1923.

____________________________________________________

 

“Mon cher ami, Je pense vous donner ce mois, touché que je suis de ce que vous faites pour moi et tous les miens vous en sont reconnaissants.  Je ne puis et ne veux vous écrire longuement, mais seulement vous dire que je souscris à tout ce que vous me proposez. J’attends anxieusement les verres promis pour vendredi – puis votre visite avec Geffroy début de la semaine prochaine et enfin la venue avec vous du docteur Maxxas [sic, le médecin Jacques Mawas spécialiste des yeux] l’oculiste de Maurice Denis. Voilà et merci de tout cœur. Claude Monet.”

 

____________________________________________________

 

Les premiers signes de détérioration visuelle chez Monet apparurent aux alentours de 1910. Gêné dans son travail et inquiet, Monet, après avoir consulté de nombreux spécialistes, ne voulut point se faire opérer, se souvenant de la cécité de Mary Cassatt et de celle d’Honoré Daumier survenue après une même intervention.

Durant près de dix années, Monet poursuivit son œuvre malgré l’inexorable détérioration de sa vue. En 1922, une brusque chute de l’acuité visuelle de son œil gauche le contraignit à l’opération ; il ne pouvait plus peindre. Encouragé par Georges Clemenceau, Monet se fit opérer (de l’œil droit), en janvier 1923, par le docteur Charles Coutela, à la clinique de Neuilly-sur-Seine.

Les suites de l’intervention furent pénibles à l’artiste, perturbé dans sa vision des couleurs : « Je vois bleu, je ne vois plus le rouge, je ne vois plus le jaune ; ça m’embête terriblement parce que je sais que ces couleurs existent. » Des verres correcteurs teintés, prescrits par le médecin Jacques Mawas, – sujet de la présente lettre – furent dès lors nécessaires à l’artiste pour rectifier sa perception des couleurs et appréhender à nouveau l’étendue de sa palette.

 

 

Formulaire de contact

Nouveautés