Charles TRENET ne supporte pas les critiques du Canard enchaîné.

« Que vous écriviez « sic » après le mot chanson concernant les miennes n’est ni un trait d’esprit ni une preuve de votre sensibilité. »

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Charles TRENET (1913.2001)

Deux lettres autographes signées à Ernest Raynaud, dit Tréno.

Deux pages in-4° sur papier à son chiffre.

La Varennes St Hilaire. [5 et 12 mai 1954]

 

« Que vous écriviez « sic » après le mot chanson concernant les miennes n’est ni un trait d’esprit ni une preuve de votre sensibilité. »

Tandis qu’il vient de remonter sur la scène de l’Olympia après deux années d’absence, Charles Trenet est blessé des publications critiques du Canard enchaîné à son encontre. Tréno avait en effet signé un article acerbe intitulé Charles Trenet à l’Olympia Y a d’la noix ! dans l’édition du 5 mai 1954.

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Cher Monsieur T. Je vous serai très obligé de bien vouloir démentir formellement la lettre que vous publiez cette semaine sous ma signature. En effet, la teneur de cette épistole est de nature à faire croire aux vrais critiques que je me moque d’eux alors que c’est plutôt de vous que je permettrai de le faire car vous le méritez bien ! J’exige donc (ne m’obligez pas à avoir recours à une procédure) que vous publiez entièrement ce petit mot, précédé de la lettre apocryphe, et hypocrite, en question. Sans rancune (pour l’instant). Charles Trenet. PS. La seule phrase que vous citez et dont j’authentifie l’origine est « Je trouve votre article idiot.  

Le Canard enchaîné avait en effet « doublé la mise » dans l’édition du 12 mai en détournant la lettre initiale de protestation Trenet, que nous joignons : 

Mon cher T. Je trouve votre article idiot. Non pas que vous manquiez de franchise, certes vous avez le droit de ne pas me trouver à votre vieux goût mais que vous écriviez « sic » après le mot chanson concernant les miennes n’est ni un trait d’esprit ni une preuve de votre sensibilité. J’aime beaucoup le Canard. Demandez à René Fallet qui je suis et revenez me voir dans dix ans. J’aurai d’autres scies sans sic ! Amitiés.

 

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Ernest Raynaud, dit Tréno entre au Canard Enchaîné en 1924 comme simple correcteur avant d’en devenir rédacteur à compter de 1932. En septembre 1954, Tréno décide de se consacrer exclusivement au Canard, dont il fut l’inamovible rédacteur en chef et quasi-directeur, jusqu’à sa mort. La veuve du fondateur de l’hebdomadaire satirique, Jeanne Maréchal, lui laissa en effet les mains libres pour conduire le journal, alors en grande difficulté. Tréno fut le principal artisan du redressement de l’hebdomadaire satirique qui multiplia ses ventes par quatre entre le début des années 1950 et la fin des années 1960 (de 100 000 à 400 000 exemplaires environ) lui imprimant sa marque, et une identité proche des milieux libertaires et anarchistes.

 

 

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