Charles BAUDELAIRE – « Je ne peux pas comprendre l’affaire du Sonnet ; je ne vous ai jamais envoyé de vers. »

Charles BAUDELAIRE – « Je ne peux pas comprendre l’affaire du Sonnet ; je ne vous ai jamais envoyé de vers. »

5 500€

Lettre autographe signée à Louis Marcelin.

Baudelaire écrit à Louis Marcelin, directeur du magazine La Vie parisienne, au sujet d’un poème qui y avait été publié. Il évoque également ses traductions d’Edgar Poe.

« Je ne peux pas comprendre l’affaire du Sonnet ; je ne vous ai jamais envoyé de vers. »

Description

Charles BAUDELAIRE (1821.1867)

Lettre autographe signée à Louis Marcelin.

Deux pages in-8°. (Bruxelles) 9 octobre 1864.

Correspondance Pléiade, Tome II, pages 406 et 407.

« Je ne peux pas comprendre l’affaire du Sonnet ; je ne vous ai jamais envoyé de vers. »

Baudelaire écrit à Louis Marcelin, directeur du magazine La Vie parisienne, au sujet d’un poème qui y avait été publié. Il évoque également ses traductions d’Edgar Poe.

 

« Cher Monsieur, Ma dernière lettre a croisé votre paquet.  M. Lévy ou M. Parfait vous remettra dans quelques jours les épreuves corrigées d’Habitations imaginaires, et vous pourrez plus commodément juger sur un texte imprimé de la quantité de coupures nécessaires. La partie pittoresque étant appuyée sur les considérations morales, il me parait bon de supprimer moins possible de ces dernières. Mais, c’est là, direz-vous, une opinion d’auteurJe vous assure que tous les directeurs (de théâtre, de revues et de journaux) ont une malheureuse propension à supposer le public plus obtus qu’il n’est. Je ne peux pas comprendre l’affaire du Sonnet ; je ne vous ai jamais envoyé de vers.J’ignorais que des vers pussent vous faire plaisir. Si je l’avais su, il y a longtemps que je vous en aurais envoyé ! Je serai à Paris avant la fin du mois, et je vous rapporterai sans doute deux paquets, – un, de Poëmes en prose, l’autre de quelques impressions d’une tournée dans les provinces. Peut-être quand vous aurez les épreuves de Lévy, ferez-vous bien de parcourir le tout de nouveau, et, saisissant plus facilement tout ce qu’il a d’ingénieux dans la théorie, diminuerez-vous l’étendue des coupures. En tout cas, fates ce que vous voudrez ; – seulement des lignes de points, et une petite note explicative. J’ai cherché dans ma tête ce que pouvait être ce sonnet. J’ai fait un mauvais sonnet (que j’ai détruit), à propos de la Boschetti — et que je n’ai montré qu’à deux personnes. Peut-être en aura-t-on pris copie ou gardé mémoire, et vous l’a-t-on envoyé, inexact et incorrect? Je n’y comprends rien.Tout à vous. Ch. Baudelaire. »

 

 

Baudelaire avait proposé à Louis Marcelin (1825-1887) de publier dans La Vie parisienne des traductions d’Edgar Poe qui allaient paraître chez Michel Lévy dans les Histoire grotesques et sérieuses. Dans cette lettre, il évoque les épreuves des Habitations imaginaires, que Lévy doit lui transmettre. Il lui recommande de bien lire ses traductions de Poe :  Marcelin jugera finalement les textes trop longs pour être insérés dans la revue.

Baudelaire est par ailleurs très intrigué par un sonnet de lui, que vient de publier La Vie parisienne, sans son accord. Il s’agit du sonnet sur les débuts d’Amina Boschetti (qui sera recueilli dans Les épaves en 1866), à propos d’une danseuse que Baudelaire avait admirée à Bruxelles. Ce poème venait en effet de paraître, sans nom d’auteur, dans une chronique de Jules Claretie publiée dans La Vie parisienne du 1er octobre. Baudelaire ment effrontément : c’est lui-même qui en avait confié le texte à Claretie, en demandant que son nom ne fût pas cité.

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