Camille SAINT-SAËNS critique Lully au profit de Rameau.

« Je vous demanderai de prendre pour patron de votre société Rameau plutôt que Lully. »

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Camille SAINT-SAËNS (1835.1921)

Lettre autographe signée à Henri Casadesus.

Quatre pages in-12°. Brunissures et légère insolation en marge

Sans lieu. 20 septembre 1901.

 

« Je vous demanderai de prendre pour patron de votre société Rameau plutôt que Lully. »

Superbe lettre du compositeur acceptant la présidence d’honneur de la Société des Instruments Anciens en cours de création par Henri Casadesus. Saint-Saëns émet toutefois de virulentes réserves sur le nom de Jean-Baptiste Lully dont la Société envisage le patronage symbolique et suggère celui de Rameau en remplacement.

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« Mon cher ami, C’est avec grand plaisir que j’accepte la Présidence d’honneur d’une société dont le but est tout à fait d’accord avec mes plus chers désirs. En revanche, s’il en est temps encore, je vous demanderai de prendre pour patron de votre société Rameau plutôt que Lully. Lully n’était pas d’origine française ; il a supplanté par les intrigues le français [Robert] Cambert, qui sans cela eut créé l’opéra français – il était de taille à le faire – et qui fut contraint de s’exiler en Angleterre.

Lully parut, en dehors de son talent, avoir été peu estimable. Tout autre fut Rameau, arrivant à force de temps et de génie à conquérir la grande place à laquelle il avait droit. C’est tout une restauration à faire de la musique française. Ne négligez pas [Jean-Joseph Cassanéa de] Mondonville, tout à fait oublié et qui jouissait de son vivant d’une immense réputation. Merci et mille amitiés. C. Saint-Saëns. »

 

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Créée par Henri Casadesus, en 1901, la Société des Instruments Anciens fut l’un des tout premiers ensembles spécialisés dans l’interprétation sur instruments historiques. Elle précède de plusieurs décennies le grand mouvement de la « musique ancienne » que l’on associe aujourd’hui à Nikolaus Harnoncourt, Gustav Leonhardt ou William Christie.

La Société avait pour mission de retrouver des partitions oubliées, faire redécouvrir les maîtres français et européens des XVIIe et XVIIIe siècles et remettre à l’honneur Rameau, Couperin, Mondonville, Lully, Campra, etc.

 

 

 

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