BRASILLACH – L’une de ses dernières lettres avant d’être fusillé.

BRASILLACH – L’une de ses dernières lettres avant d’être fusillé.

Vendu

Lettre autographe signée à Noël et Yvonne Bayon.

(Prison de Fresnes). 29 janvier 1945.

Emouvante lettre d’adieu du condamné à mort, une semaine avant son exécution.

« Outre que cela a embelli mes semaines de prison, il reste l’avenir inconnaissable, auquel je crois. »

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Description

Robert BRASILLACH (1909.1945)

Lettre autographe signée à Noël et Yvonne Bayon.

Une page in-8°. (Prison de Fresnes). 29 janvier 1945.

« Outre que cela a embelli mes semaines de prison, il reste l’avenir inconnaissable, auquel je crois. »

Emouvante lettre d’adieu du condamné à mort, une semaine avant son exécution.

« Cher Noël, chère Yvonne, Je ne veux pas vous laisser sans vous dire tout ce que votre amitié, dans ces derniers mois, m’a apporté de chaleur et de réconfort. Elle a été affectueuse, elle a été active et ingénieuse aussi. Il n’est pas vrai que tout cela ne serve à rien, malgré l’apparence. Outre que cela a embelli mes semaines de prison, il reste l’avenir inconnaissable, auquel je crois. Je vous souhaite d’atteindre sans malheur un temps plus paisible et plus propice à l’affection. Je vous embrasse bien affectueusement. Robert. »

Poursuivi pour intelligence avec l’ennemi et emprisonné à Fresnes, Brasillach voit son procès s’ouvrir le 19 janvier 1945. Il est condamné à mort le jour même à la suite d’un procès sommaire.

Malgré la large pétition adressée au Général de Gaulle par de nombreux artistes et intellectuels, tels que Mauriac, Cocteau, Camus, Claudel, Valéry, Paulhan, Brasillach est fusillé le 6 février au Fort de Montrouge.

Noel Bayon dit Bayon de la Mort (1910.1977), ami de Brasillach, fut écrivain et journaliste à l’hebdomadaire collaborationniste Je suis partout.

LES DERNIERS INSTANTS DE BRASILLACH DÉCRITS PAR ME J. ISORNI

À 9 heures juste, nous nous rendons, suivis d’un peloton de gardes mobiles, à la division des condamnés à mort. Le commissaire du gouvernement Français ouvre la porte de la cellule de Robert Brasillach et lui annonce d’une voix sèche que son recours en grâce a été rejeté. Je pénètre à ce moment dans sa cellule avec Maître Mireille Noël et l’aumônier. Robert Brasillach nous embrasse tous les trois. Puis il demande à rester seul avec l’aumônier. Deux gardiens viennent lui retirer ses chaînes. Après sa confession et quelques minutes d’entretien avec le prêtre il me fait appeler ainsi que Mademoiselle Noël. Il me donne alors ses dernières lettres qu’il a préparées pour sa mère, pour sa famille, pour ses amis, pour Mademoiselle Noël et pour moi-même.

Il me donne également les manuscrits des poèmes écrits en prison et une feuille contenant quelques lignes avec ce titre : « La mort en face ». De temps en temps il me regarde avec un bon sourire d’enfant.  « Vous savez, me dit-il, j’ai parfaitement dormi ! » Comme il doit revêtir son costume civil à la place du costume du condamné à mort qu’il porte, Mademoiselle Noël se retire et je demeure seul avec lui. « Oui, restez près de moi », me dit-il. Il me montre la photographie de sa mère et celle de ses deux neveux.

Il les met dans son portefeuille et m’exprime le désir de mourir avec ces photographies sur son cœur. À ce moment, il a une légère défaillance, il pousse un soupir, et des larmes coulent de ses yeux. Il se tourne vers moi et dit, comme s’il voulait s’excuser : « C’est un peu naturel. Tout à l’heure je ne manquerai pas de courage. Rassurez-vous ». Il range ses affaires personnelles dans un grand sac. À ce moment, il a soif. Il boit un peu d’eau dans sa gamelle. Puis il achève sa toilette. Il a le pardessus bleu qu’il portait au procès. Autour de son cou, il a passé un foulard de laine rouge.

Il demande à s’entretenir avec Monsieur le Commissaire du Gouvernement Redoul. Celui-ci s’avance. Il est raidi par l’émotion, le visage tourmenté, d’une grande pâleur. D’une voix sourde, Brasillach lui fait alors la déclaration suivante : « Je ne vous en veux pas, Monsieur Reboul, je sais que vous croyez avoir agi selon votre devoir ; mais je tiens à vous dire que je n’ai songé, moi, qu’à servir ma patrie. Je sais que vous êtes chrétien comme moi. C’est Dieu seul qui nous jugera. Puis-je vous demander un service ? »

Monsieur Reboul s’incline. Robert Brasillach continue : « Ma famille a été très éprouvée, mon beau-frère est en prison, sans raison, depuis six mois. Ma sœur a besoin de lui. Je vous demande de faire tout ce que vous pourrez pour qu’il soit libéré. Il a été aussi le compagnon de toute ma jeunesse ». Le commissaire du Gouvernement lui répond : « Je vous le promets ».

Robert Brasillach lui dit pour terminer : « Consentirez-vous, Monsieur Reboul, à me serrer la main ? » Le commissaire du Gouvernement la lui serre longuement. Il est prêt. Il ouvre lui-même la porte de sa cellule. Il s’avance au-devant des personnalités qui attendent et leur dit : « Messieurs, je suis à vos ordres ». Deux gardes mobiles se dirigent vers lui et lui passent les menottes. Nous gagnons le grand couloir de la sortie.  Je monte avec lui dans la voiture qui va nous conduire au fort de Montrouge. Il s’est assis, impassible, en me prenant la main. À partir de ce moment, il ne parlera plus. Le poteau est dressé au pied d’une butte de gazon. Le peloton, qui comprend 12 hommes et un sous-officier, nous tourne le dos. Robert Brasillach m’embrasse en me tapotant sur l’épaule en signe d’encouragement. Un sourire pur illumine son visage et son regard n’est pas malheureux. Puis, très calme, très à l’aise, sans le moindre tressaillement, il se dirige vers le poteau. Je me suis un peu détaché du groupe officiel. Il s’est retourné, adossé au poteau. Il me regarde. Il a l’air de dire : « Voilà… c’est fini ».

Un soldat sort du peloton pour lui lier les mains. Mais le soldat s’affole et n’y parvient pas. Le maréchal des logis, sur ordre du lieutenant essaye à son tour. Les secondes passent… Robert Brasillach tourne lentement la tête de gauche à droite. Ses lèvres dessinent un sourire presque ironique. Les deux soldats rejoignent enfin le peloton. Brasillach est lié à son poteau, très droit, la tête levée et fière. Au-dessus du cache-col rouge elle apparaît toute pâle. Le greffier lit l’arrêt par lequel le pourvoi est rejeté. Puis, d’une voix forte, Robert Brasillach crie au peloton : « Courage ! » et, les yeux levés : « Vive la France ! » Le feu de salve retentit. Le haut du corps se sépare du poteau, semble se dresser vers le ciel ; la bouche se crispe. Le maréchal des logis se précipite et lui donne le coup de grâce. Le corps glisse doucement jusqu’à terre. Il est 9 heures 38. Le docteur Paul s’avance pour constater le décès. L’aumônier et moi-même le suivons et nous inclinons. Le corps est apparemment intact. Je recueille, pour ceux qui l’aiment, la grosse goutte de sang qui roule sur son front.

  

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